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« Ensemble » : l’alibi de gauche des intégristes

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Le courant « Ensemble » de Clémentine Autain ne comprend décidément rien à l’intégrisme. Entre les deux tours, il n’a rien trouvé de mieux que de relayer l’annonce du meeting de Tariq Ramadan et ses amis, « Ni Charlie ni Paris », à qui la mairie de Saint-Denis a prêté la salle pour dénoncer la politique antiterroriste du gouvernement.

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Et cela n’a rien d’une première.

En 2004, Clémentine Autain avait signé l’appel des Indigènes de la République, puis retiré sa signature en découvrant celle de Tariq Ramadan. Sans comprendre que l’ensemble du texte attaquait les féministes laïques !

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Elle participe d’ailleurs volontiers aux « Y a bon Awards » attaquant toute personne défendant la laïcité comme raciste…

Clémentine Autain et « Ensemble » ont également participé à la Marche de la dignité, organisée par les réseaux proches d’Indigènes de la République.

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Ensemble a également signé l’appel du meeting du 6 mars 2015 dénonçant « l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire » après les attentats de Charlie et de l’Hyper Casher. En compagnie de l’UOIF (à qui Ensemble reproche simplement d’être contre le mariage pour tous !), mais aussi de Participation et Spiritualité musulmane, du CCIF, du Parti des Indigènes de la République, les Indivisibles, Oumma.com, et la Junta islámica….

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Le communiqué d’Ensemble est alors co-signé par Laurent Lévy… L’un des animateurs d’Ensemble et l’un des plus farouches opposants à la loi de mars 2004 sur les signes religieux à l’école publique. Ses deux filles, militantes voilées, Lila et Alma Lévy, ont mené campagne contre cette loi. Elles ont écrit un livre où elles expliquent leur dégoût des homosexuels ou encore défendu que la lapidation était un « choix ».

LA LAÏCITÉ, JUSQU’OÙ ?

Dans ce numéro de Cahier de doléance, Caroline Fourest explique le contournement de la 1905 pour accompagner la création de lieux de cultes, la reconfessionnalisation de villes comme celle deSaint-Denis, la question des menus séparés ou des accompagnantes scolaires. Elle parle aussi de la question des établissements confessionnels sous influence intégriste, catholiques et musulmans, malgré leurs contrats avec l’Etat.

Rendez-vous à l’Observatoire de la laïcité avec son président Jean-Louis Bianco et l’un de ses membres, Patrick Kessel. Avec Jacqueline Costa-Lascoux, directrice de recherche au CNRS. Avec le maire de Saint-Denis et des militants laïques de la ville ayant fui l’islamisme en Algérie. Avec une déléguée de la FCPE favorable à ce que des mères puissent accompagner les sorties scolaires avec leur voile. Puis nous croisons les regards de députés : Christophe Caresche du PS et Christian Kert de l’UMP.

Un 8 mars laïque et universaliste, partout dans le monde, même dans le 20ème !

La récupération de mouvements sociaux par des forces conservatrices ou obscurantistes est une constante. En matière de féminisme, elle est parfois spectaculaire. Ce qui vient de se produire en mairie du 20eme arrondissement de Paris en est un exemple.

GARDEZ-MOI DE MES AMI-ES, MES ENNEMI-ES JE M’EN CHARGE

La maire, Frédérique Calandra, avait confié à son adjointe en charge de l’égalité Femmes/Hommes la programmation d’événements autour du 8 mars, Journée Internationale des Femmes.

Bien mal lui en a pris !

Cette élue EELV n’a pas hésité à flirter avec des idéologies éloignées de l’émancipation des femmes dont le relativisme culturel et le « féminisme dit- pro-sexe ».

Oubliant qu’elle représentait la mairie, l’élue EELV a choisi de transformer la semaine du 8 mars en semaine de promotion exclusive de thèses et personnalités particulièrement polémiques, pour la plupart engagées depuis longtemps aux côtés des Indigènes de la République (PIR), du site Les mots sont importants et dans la lutte contre la loi 2004 sur le port des signes religieux à l’école :

– Christine Delphy et Sylvie Tissot, sociologues, sont toutes deux initiatrices du premier Manifeste (2005) des Indigènes de la République ; elles sont en outre signataires du manifeste de soutien aux Y’a bon Awards décernés (pour « racisme ») à Caroline Fourest en 2012.

– Rokhaya Diallo est animatrice des Indivisibles, groupe à l’origine de ce prix.

– Ndella Paye est porte-parole d’un collectif de mères voilées militant pour l’abrogation de la circulaire Chatel.

BONJOUR LE 8 MARS !

Quelques semaines après les assassinats des journalistes de Charlie Hebdo, on peut s’étonner qu’une élue choisisse d’offrir un plateau totalement monochrome à des personnes qui ont signé un texte « contre le soutien à Charlie Hebdo » après le premier attentat de 2011.

Partout dans le monde, la Journée Internationale pour le Droit des Femmes est un moment privilégié où les féministes échangent sur leurs revendications, pratiques et stratégies d’émancipation. Militantes, chercheuses, politiques impliqué-es contre les violences sexistes et pour l’égalité entre les sexes, sont invité-es à faire le point et lancer de nouveaux programmes pour battre en brèche la domination masculine et le patriarcat.

C’est l’occasion d’une solidarité internationale avec les femmes qui se battent contre l’oppression des religions d’état ou des groupes fondamentalistes.

Aussi, détourner le 8 mars pour promouvoir des personnalités controversées parce qu’elles ne trouvent rien à redire ni aux pressions de l’arbitraire religieux imposées aux femmes, ni aux violences du système prostitutionnel, est pour le moins manipulatoire.

MÊME PAS PEUR !

Nous saluons l’annulation de cette programmation, acte lucide et courageux de la Maire du 20e arrondissement de Paris.

Nous connaissons la propension de certains groupes à confisquer la parole des féministes et des partisanes de la laïcité; et leur aptitude à se victimiser à la moindre occasion.

Nous savons la violence avec laquelle Caroline Fourest fut interdite de parole lors d’un débat sur le danger du Front National à la fête de l’Humanité.

Nous avons déjà supporté insultes et intimidations proférées par les ami-es de Rokhaya Diallo, issu-es d’un pseudo « syndicat de travailleurs du sexe » pro-système prostitutionnel.

Face à cette nouvelle tentative de récupération et de dévoiement de la Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes, nous, féministes universalistes, laïques, engagées pour l’égalité femmes/hommes, contre le racisme et l’antisémitisme, nous apportons tout notre soutien à Frédérique Calandra, maire du 20eme arrondissement de Paris.

La mise au point de la Maire du 20ème Frédérique Calandra :

https://www.facebook.com/frederique.calandra/posts/10153165530037948?fref=nf&pnref=story#

Arlette Zilberg, Christine Le Doaré

Les premières signataires, issues du Mouvement des Femmes :

Annie Sugier, Djemila Benhabib, Michèle Loup, Françoise Morvan, Monique Dental, Nadia Benmissi, Bernice Dubois, Marie-Joseph Bonnet, Jacqueline Feldman, Martine Cerf, Marieme Helie Lucas, Laure Caille, Isabelle Steyer, Nadine Bouteilly, Ana Pak, Agnès Setton, Josiane Doan, Anaïs Decans, Irène Corradin, Mair Verthuy, Sporenda…

 

 

 

Le Blasphème en danger ? Bande Annonce Cahiers de Doléances #7 réalisé par Caroline Fourest

Le blasphème en danger ? Près de 4 millions de personnes ont défilé le 11 janvier dans toute la France pour défendre la liberté d’expression. Après l’émotion vient le temps des questions. Dans ce septième numéro de « Cahier de doléances », Caroline Fourest s’intéresse à ce droit fondamental cher aux dessinateurs de Charlie Hebdo mais que certains voudraient limiter ou confondent avec l’incitation à la haine. https://carolinefourest.wordpress.com

 

Haro sur les Roms ? Bande Annonce Cahiers de Doléances #6 de Caroline Fourest

Dans Cahiers de doléances, Caroline Fourest revient sur la question Rom. Sans angélisme ni préjugés, elle invite à bien discerner les questions posées par la culture nomade des gens du voyage et celles, plus sociales, posée par les bidonvilles dans lesquels vivent des migrants de l’Est dans des conditions terribles. Entre solutions européennes et locales, elle explore le désarroi des élus et leur efforts, tout en tentant de démontrer l’impasse consistant à déplacer le problème au lieu de l’affronter par l’intégration et des aménagements adaptés.

 

Hiver turc

Malgré un score électoral confortable et le fait d’avoir conservé ses principaux fiefs lors dernières élections municipales, le parti islamiste de l’AKP, au pouvoir depuis douze ans, est de plus en plus contesté et de moins en moins présenté comme un « modèle ». Longtemps, des observateurs y ont vu un exemple, la preuve qu’un gouvernement islamiste pouvait respecter la démocratie et la laïcité. Ce printemps cachait un hiver.

L’enquête de Caroline Fourest et de Fiammetta Venner est édifiante. Loin des promesses, la politique qui est menée est bien une politique visant à utiliser la démocratie pour faire reculer la laïcité et les libertés individuelles en Turquie.

Procès arbitraires contre des laïques et des journalistes, transformation de miliers d’écoles publiques en écoles religieuses, mise au pas des minorités comme les Alevi, répression de la jeunesse contestataire lors des manifestations de la Place Taksim, et plus récemment censure de Twitter pour faire taire les révélations sur la corruption… L’illusion d’un pouvoir turc « islamiste modéré » est bel et bien en train de fissurer.

 

Derrière les corps (Gérard Biard)

Bien sûr, il y a la biographie-portrait d’Inna Shevchenko, l’étudiante brillante devenue, en quelques coups de tronçonneuse sur une croix, l’égérie-leader de Femen, et qui, depuis son refuge français du Lavoir moderne parisien, dirige ses troupes révolutionnaires avec l’intransigeance d’une commissaire politique.

Il y a aussi la chronique à la première personne d’une longue année de folie furieuse, au cours de laquelle Caroline Fourest, dans son combat politique, a dû affronter — entre autres — la haine écumante des opposants au mariage pour tous et ce mélange d’hystérisation et de confusion qui paraît désormais devoir s’emparer de tous les débats. Mais il y a surtout, au cœur de ce livre qui adopte tout naturellement la structure et les codes du roman, parce que son sujet est, de l’aveu même de l’auteure, « un personnage romanesque », une rencontre, qui fait basculer l’œuvre « journalistique » que l’on pensait tenir en mains vers un récit autre, qui donne parfois à ses deux protagonistes principales, bien réelles, des allures d’héroïnes de fiction.
Inna, c’est donc avant tout le récit de la rencontre entre une jeune activiste grandie dans une Ukraine post-soviétique gangrénée par le machisme et la « tutelle » russe, où la seule alternative qui s’offre aux jeunes filles est de devenir, au sens propre, maman ou putain, et une féministe humaniste nourrie d’esprit des Lumières — Olympe de Gouges comprise —, qui s’est construite dans une démocratie. Entre une « guerrière » de 23 ans qui s’interdit toute faiblesse et repousse tout ce qui pourrait la détourner de son combat, et une journaliste, séduite mais méfiante, qui exècre tout radicalisme, qu’il soit politique ou amoureux, et qui se retrouve confrontée à ce grand chaos comportemental qu’on appelle « l’âme slave »… Cette rencontre, au flou intime savamment entretenu, entre deux femmes militantes, produit logiquement quelques étincelles, courant tantôt positif, tantôt négatif.

Et ce sont ces étincelles qui permettent à Caroline Fourest de signer, in fine, le livre qu’aucun autre journaliste n’aurait pu — ou voulu — écrire : celui qui ouvre d’autres portes, plus « humaines », sur Femen, ce mouvement à la fois radical et pacifiste devenu le symbole d’un « nouveau féminisme » de combat, et sur la plus iconique de ses figures de proue. Il lui a certes fallu pour cela se transformer en quelque sorte, elle aussi, en personnage romanesque, ce qui n’est pas sans risque quand on est journaliste, essayiste et chroniqueuse en vue. Mais l’exercice l’autorise à ajouter une ligne supplémentaire, non usurpée, à son CV : écrivaine.

Gérard Biard Charlie Hebdo

« Inna », Caroline Fourest. Ed. Grasset

jeudi 13 février 2014

Manifeste des douze contre le nouveau totalitarisme

Puisqu’il est toujours valable, voici le « manifeste contre le nouveau totalitarisme » co-rédigé par Caroline Fourest et Mehdi Mozaffari après l’affaire des caricatures, signé par Salman Rushdie ou Taslima Nasreen, et publié dans Charlie Hebdo en 2006.

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Après avoir vaincu le fascisme, le nazisme, et le stalinisme, le monde fait face à une nouvelle menace globale de type totalitaire : l’islamisme.

Nous, écrivains, journalistes, intellectuels, appelons à la résistance au totalitarisme religieux et à la promotion de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité pour tous.

Les évènements récents, survenus suite à la publication de dessins sur Mahomet dans des journaux européens, ont mis en évidence la nécessité de la lutte pour ces valeurs universelles. Cette lutte ne se gagnera pas par les armes, mais sur le terrain des idées. Il ne s’agit pas d’un choc des civilisations ou d’un antagonisme Occident – Orient, mais d’une lutte globale qui oppose les démocrates aux théocrates.

Comme tous les totalitarismes, l’islamisme se nourrit de la peur et de la frustration. Les prédicateurs de haine misent sur ces sentiments pour former les bataillons grâce auxquels ils imposeront un monde liberticide et inégalitaire. Mais nous le disons haut et fort : rien, pas même le désespoir, ne justifie de choisir l’obscurantisme, le totalitarisme et la haine.

L’islamisme est une idéologie réactionnaire qui tue l’égalité, la liberté et la laïcité partout où il passe. Son succès ne peut aboutir qu’à un monde d’injustices et de domination : celle des hommes sur les femmes et celles des intégristes sur les autres. Nous devons au contraire assurer l’accès aux droits universels aux populations opprimées ou discriminées.

Nous refusons le « relativisme culturel » consistant à accepter que les hommes et les femmes de culture musulmane soient privés du droit à l’égalité, à la liberté et à la laïcité au nom du respect des cultures et des traditions.

Nous refusons de renoncer à l’esprit critique par peur d’encourager l’ « islamophobie », concept malheureux qui confond critique de l’islam en tant que religion et stigmatisation des croyants.

Nous plaidons pour l’universalisation de la liberté d’expression, afin que l’esprit critique puisse s’exercer sur tous les continents, envers tous les abus et tous les dogmes.

Nous lançons un appel aux démocrates et aux esprits libres de tous les pays pour que notre siècle soit celui de la lumière et non de l’obscurantisme.

Signatures

Ayaan Hirsi Ali

Chahla Chafiq

Caroline Fourest

Bernard-Henri Lévy

Irshad Manji

Mehdi Mozaffari

Maryam Namazie

Taslima Nasreen

Salman Rushdie

Antoine Sfeir

Philippe Val

Ibn Warraq

Date : 2006