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L’imposture de Jacques Testart

Jacques Testart, la caution des anti-choix qui parle de « dérives » de l’avortement et du rôle précurseur de l’évangélisation chrétienne. Article de 1998 dans Prochoix avec, déjà, un petit mot affectueux de Christine Boutin. 

 

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La ‘mode pudique’ des nouvelles bigotes

Nous sommes en 2017 et la « mode pudique » is the new « mode islamique », qui devenait trop marquée religieusement. Pour certains, la « mode pudique » est désormais également un nouveau féminisme, complètement dépolitisé, mais surtout sharia-compatible.

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En 2016, l’expression « mode pudique » est apparue progressivement dans les médias après que plusieurs grandes marques telles que H&M, Zara, Dolce & Gabbana ou encore Uniqlo aient sorti une ligne de vêtements à destination des femmes voilées. Le marché est en plein essor : les prévisions envisagent un marché à 327 milliards de dollars en 2020. La ministre des Droits des Femmes, Laurence Rossignol s’en était émue, jugeant ces marques « irresponsables ». Rokhaya Diallo s’était alors indignée des propos de la ministre dans Jeune Afrique :

« Et pour moi, la première victoire des femmes est de pouvoir disposer de leur corps librement. Et je trouve ça scandaleux qu’une ministre du Droit des femmes considère qu’elle doive protéger une partie des femmes seulement. Elle manque de respect à ces femmes qui font le choix de porter le foulard : elle ne considère pas que leur droit à s’habiller comme elles le souhaitent soit un droit ».

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Ce qui était précédemment considéré comme « mode islamique » devient « mode pudique ». Citons également les Hijab Day, organisés notamment à Sciences Po, promus de la même manière. La « mode pudique » est alors plutôt défendue au nom du libre choix de se vêtir, puisque le voile et les vêtements amples et longs seraient des « vêtements comme les autres ». La dépolitisation du religieux est alors en route. Dans la présentation du Hijab Day à Sciences Po on peut lire :

« Si toi aussi tu trouves que ce serait sympa d’essayer la décence, le respect de l’autre, l’échange et la compréhension mutuelle, tout ça, tout ça… dans notre société tristounette»

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Récemment, lorsque la polémique autour de Lallab a éclaté, il est apparu que cette association promouvait elle aussi la « mode pudique », ou « modest fashion » en anglais, tout en se revendiquant ouvertement féministe. Il n’est plus seulement question de revendiquer le droit de se vêtir de façon « pudique » au nom des libertés individuelles, mais également de considérer que la « mode pudique », c’est féministe.

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Il est nécessaire de lever les ambiguïtés volontairement introduites dans le débat par les militant(e)s de la « mode pudique ». Les féministes universalistes ne remettent pas en question le droit des femmes de se vêtir selon leurs goûts, ne militent pas pour que les vêtements « pudiques » soient interdits. Pourtant, elles sont taxées d’ « islamophobes » et de mauvaises féministes car en critiquant la « mode pudique », elles s’attaqueraient aux femmes musulmanes. Si tout féminisme est critiquable, y compris le féminisme universaliste et matérialiste, ce dont ne se privent pas ces militantes, la « mode pudique » l’est aussi. Les universalistes exercent un de leur droit, à la liberté d’expression, pour rappeler plusieurs points essentiels.

Tout d’abord, la pudeur, comme le fait de couvrir les femmes, n’a rien de subversif. Le Larousse désigne la pudeur comme une « Disposition à éprouver de la gêne devant ce qui peut blesser la décence, devant l’évocation de choses très personnelles et, en particulier, l’évocation de choses sexuelles ». Faut-il préciser que gêne, décence, et timidité sexuelle font partie des stéréotypes associés et demandés au genre féminin ? Être féministe, n’est-ce pas revendiquer le droit de ne pas vivre sous les complexes et les tabous, d’assumer son corps, d’occuper l’espace public, de façon égale aux hommes ?

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Les prescriptions religieuses n’ont jamais été sources de féminisme. L’escroquerie du « féminisme chrétien » n’a pas eu de mal à être démasquée lorsqu’il s’agissait de femmes chrétiennes revendiquant en leur nom le droit de rester au foyer, et d’être anti-avortement. Personne n’a songé à affirmer qu’il s’agissait de l’avant-garde des féministes car c’était des femmes qui s’exprimaient. Il existe bien évidemment des féministes musulmanes, plus ou moins croyantes, qui ambitionnent d’élargir les droits des femmes dans un contexte précis, et sans intrusion du religieux. Le « féminisme islamique », qui englobe la « mode pudique », fait plutôt l’effet inverse : il emmène plus de religion dans les droits des femmes de par ses références littéraires et politiques ou de par la promotion du voile, qui est par essence sexiste car ne s’appliquant pas aux hommes.

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Enfin, la « mode pudique » n’est pas une « mode comme les autres ». Cette façon de décontextualiser et dépolitiser la mode islamique permet de la relativiser pour la confondre avec les autres vêtements. Comme nous l’avons vu, elle s’inscrit dans un cadre religieux et dans un contexte général où la pression religieuse au niveau français comme international devient de plus en plus présente. Vouloir faire passer la promotion du voile ou des tenues « pudiques » comme similaire aux autres tenues est habile… si l’on masque les références religieuses et politiques, il n’y a plus de « problème », et les féministes universalistes sont tout simplement racistes. Seul ennui pour les partisans de la « mode pudique » : user de cet argument pour dépolitiser et « dé-religioser » cette mode rentre en contradiction avec l’argument précédent comme quoi le « féminisme islamique », ou issu des prescriptions islamiques, existerait…

La boussole féministe des partisans de la « mode pudique » est comme déréglée. L’aiguille n’indique plus l’égalité femme-homme, mais vacille dans tous les sens, puisque tout n’est qu’affaire de choix pour que ce soit considéré comme « féministe ». Ainsi, Lila et Alma Lévy, les deux lycéennes qui avaient fait les gros titres en 2003 en refusant d’enlever leur voile pendant les cours, avaient par la suite ensuite également évoqué sur le plateau de l’émission Campus le « libre choix »… de se faire lapider pour adultère.

Il est ainsi plus que nécessaire de combattre l’analogisme ambiant qui voudrait que toute critique de la « mode pudique » = « islamophobie ». Tous les féminismes sont susceptibles de faire l’objet de critiques, du féminisme le plus ambitieux au féminisme le plus religieux. Y compris donc celui qui voudrait imposer un panneau STOP aux féministes universalistes, de toutes nationalités, qui tentent depuis tant d’années de repousser petit à petit les limites des inégalités sexuelles, le puritanisme et les interprétations sexistes des textes religieux.

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La subversion et l’émancipation féministes s’inscrivent-elle contre la nudité féminine, qui est pourtant non acquise, considérée comme vulgaire, sexuelle, menaçante et provocante, à la différence de celle des hommes ? Cette nudité est pourtant dénoncée comme « dominante » aussi bien par les promoteurs de la « mode pudique » que par des militants de l’islam politique. Ou la subversion et l’émancipation féministes s’inscrivent-elle contre la maîtrise du corps des femmes par quelque institution que ce soit, contre le puritanisme et les tabous sexuels, dans un objectif d’ égalité femme/homme ?

Il semblerait que répéter en boucle que la «mode pudique » est un « choix » féministe in-jugeable ne résiste pas à l’épreuve du temps, de la critique et de la contextualisation. Certaines associations féministes, comme certaines qui se sont précipitées pour signer dans Libération une pétition de soutien à Lallab, ou pour apporter leur soutien sur les réseaux sociaux, trouveraient une idée salutaire en clarifiant leur position et ligne directrice vis-à-vis de ce concept qui mute petit à petit du domaine religieux au féminisme.

   Catherine Hervé

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Service Civique détourné par des associations confessionnelles ?

Le Service civique a été créé par une loi du 10 mars 2010 sous l’impulsion de Martin Hirsh. Il s’agit alors d’un dispositif visant à encourager l’engagement. Il donne la possibilitéaux jeunes de 16 à 25 ans de s’engager pour une durée de 6 à 12 mois dans une mission d’intérêt général dans 9 domaines différents, reconnus prioritaires pour la Nation : éducation, solidarité, santé, culture et loisirs, environnement, développement international et humanitaire, mémoire et citoyenneté, sports, intervention d’urgence en cas de crise.

Les structures accueillant les jeunes de Service civique sont clairement définies.

« La personne morale agréée est un organisme sans but lucratif de droit français ou une personne morale de droit public. Une association cultuelle, politique, une congrégation, une fondation d’entreprise ou un comité d’entreprise ne peuvent recevoir d’agrément pour organiser le service civique. » ( Loi no 2010-241 du 10 mars 2010 relative au service civique. Article 8)

En août 2017, Lallab, une association de femmes qui a pour but de lutter contre « les préjugés et discriminations subies par les femmes musulmanes », annonce qu’elle va bénéficier de Service civique. Une polémique démarre alors. En effet l’association est très marquée politiquement. Elle diffuse ainsi la pensée d’Asma Lamrabet, comme le modèle à suivre. Auteure d’un livre sur les femmes, l’auteur explique que les intellectuels musulmans qui critiquent l’islam politique « font serment d’allégeance aux médias occidentaux« . Ou encore : « Il est à noter ici que nombreuses sont les femmes qui finissent, lors d’une scène conjugale, par sombrer dans l’hystérie. » L’association Lallab n’a pas hésité à mettre en valeur une député du mouvement Ennahda. Par ailleurs, Lallab lutte contre la loi de 2004. (Voir ici)

Suite à la polémique, Service civique retire l’annonce.  (17 aout 2017). Il explique : « La mission proposée ne correspond pas aux principes fondamentaux du@ServiceCivique, elle n’est plus en ligne sur notre site. »

Le Service Civique est clair :

« La mission proposée doit répondre à l’exigence de neutralité et de laïcité que doit revêtir toute mission confiée au titre d’une politique publique et dans un objectif d’intérêt général. Ainsi la participation à un mouvement ou à une manifestation politique, à un enseignement religieux ou à la pratique d’un culte sont autant d’activités qui ne peuvent pas être intégrées dans une mission de Service Civique » (Voir ici)

 Cette affaire a permis, entre autre, de mettre en lumière de nombreuses autres associations bénéficiant de services civiques malgré leur caractère religieux.

Voici quelques exemples d’annonces en ligne sur le site web du Service Civique :

– une annonce pour « participer aux séjours des activités paroissiales ou séjours à thèmes avec l’aumônerie catholique ».

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- une annonce pour organiser « un travail relationnel avec la paroisse catholique pourra aussi être fait pour faire vivre le lien chrétien ».
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- une annonce « participer à l’élaboration d’outils papier et numériques pour accompagner les projets de développent international des établissements du réseau catholique » avec le Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique.
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- une annonce pour « participer à la réalisation de projets éducatifs en milieux défavorisés » avec « l’aumônerie catholique des collèges et lycée Claudel, Fauré, Gallois ».
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- une annonce pour « en lien avec l’équipe de la Pastorale jeunes, relayer par différents moyens de communication, notamment vidéo, les temps forts vécus par les jeunes dans le diocèse », et « en lien avec l’équipe du Service diocésain de Communication, contribuer à l’activité en en découvrant divers aspects ».
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On peut s’interroger quant au non-respect possible de l’exigence de neutralité et de laïcité dans les missions de Service Civique. Que des associations à but confessionnel investissent le terrain social pour remplacer des services parfois défaillants n’est pas un mystère. Il serait dommageable que l’État ne respecte pas la loi en matière de laïcité d’une part, et fournisse à ces associations religieuses une aide budgétaire en leur finançant des postes de service civique d’autre part.

Une Marche pour la vie bénie par le Pape

Alors que Donald Trump s’apprête à signer un décret pour dé-subventionner le planning familial, la Marche pour la vie s’élance dans les rues de Paris, ravie de cette nouvelle.

 

La Marche pour la vie est un moment clef de la mobilisation des association anti-IVG. Pour ces militants, il s’agit de « promouvoir un modèle de société qui ne banalisera plus l’IVG »

Le Pape François, a salué dans une lettre aux organisateurs, le 18 janvier « cordialement les participants (…) à cette légitime manifestation en faveur de la défense de la vie humaine ». 

La Marche a les moyens, puisque des pages de publicité ont été achetée dans le Figaro et Valeurs actuelles.

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Au premier rang, derrière une bannière géante « IVG tous concernés », Christine Boutin, Philippe de Villiers, Jean-Marie Le Méné et quelques élus mènent la Marche.

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Le char derrière diffuse de la musique branchée. Des ballons de toutes les couleurs sont accrochés dessus. Un organisateur y inscrit des expressions (plus ou moins encore à la mode) telles que « swag », « frère ». Les organisateurs essaient au maximum de faire jeune. Ils invitent les participants à revêtir des vêtements de couleurs, et distribuent d’innombrables pancartes jaunes bleues ou rose fluos.

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Deux jeunes femmes venus pacifiquement sur le trottoir avec un drapeau LGBT, un t-shirt « We can do it » et un papier crayonné « mon corps mes droits » sont prises à partie, leur papier aussitôt déchiré.

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À la Tribune, un discours victimaire et apocalyptique est délivré : on y parle d' »enjeu de civilisation », de « privation grave du droit de parler d’avortement en France ». Les intervenants finissent tous leurs discours par une référence à Dieu : « que Dieu bénisse cette Marche », « que Dieu vous bénisse ». Des hommages au professeur Lejeune et à Jean-Paul II se succèdent. Un prêtre américain a même été dépêché pour l’occasion. Parmi les slogans on entend :

« La France catholique va disparaître »

« On va abolir la loi Veil avec l’aide de Dieu ».

Dans la Marche, un monsieur distribue une lettre ouverte au Président de la République. Il voit derrière l’avortement le « plus grand complot du gigantesque système de corruption de Bruxelles » et de « la superclasse mondiale ». Il dénonce la « république laïciste », la « lesbian and gay association, d’une puissance insoupçonnée et dont le siège est à Bruxelles », Manuel Valls qui « est influencé par les sionistes », « les francs-maçons », « la religion satanique de l’Islam gauchiste qui enlève et viole les femmes », « les illuminatifs ».

En fin de cortège, statique sur la place Denfert-Rochereau, Xavier Dor dirige une prière de rue, face aux militants de son association SOS tout petits. On y prie Marie et le Seigneur pour venir en aide.

 

Alain Escada arrive ensuite aux côtés de Xavier Dor, avec un prêtre en soutane pour conduire la prière.

On aperçoit dans le cortège quelques drapeaux royalistes, ou faisant référence aux rois de France. Les militants de l’Action française étaient très présents.

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Parmi les personnalités présentes on a pu voir :

Phillipe de Villiers qui a longtemps fait subventionner une structure anti-IVG.

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Mais aussi Émile Duport, leader des « Survivants ».

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Tugdual Derville d’Alliance Vita, souvent présent dans les médias

 

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Grégor Puppinck, directeur de l’European Centre for Law and Justice (ECJL) est aussi annoncé. Lobbyiste européen, il a, à plusieurs reprises tenté de bloquer les droits des femmes.

 

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Jean-Marie Le Mené de la Fondation Jerôme Lejeune fait lui aussi partie des organisateurs.

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Jean-Frédéric Poisson a, lui,  annoncé sa participation sur twitter.

Madeleine Bazin de Jessey, soutien de François Fillon et responsable durant la campagne de la « France périphérique », a elle aussi annoncé sa participation. Elle avait confondé les Veilleurs et elle est porte-parole de Sens Commun.

On notera par ailleurs l’absence regrettée mais excusée d’Hugues Foucault qui se présente comme Maire de Bretagne et incidemment royaliste et favorable à Trump pour qui  « Une société qui tue ses enfants perd son âme. »

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Catherine Hervé

Les laïcophobes à l’assaut de l’antiracisme

Le 18 décembre à la Bourse du travail de Saint-Denis, une myriade d’organisations souvent groupusculaires et quelques personnalités au service de l’extrême-droite islamiste vont se réunir en meeting et inverseront les rôles de l’Histoire antiraciste.

La Mairie de cette importante ville de Seine-Saint-Denis a donné quitus à l’occupation gratuite d’une salle pour ce rassemblement « contre l’islamophobie et la xénophobie à l’heure de la présidentielle ».

A première vue, il serait louable qu’une interpellation des candidat-es à des élections politiques, à fortiori l’élection présidentielle, permette toute leur attention aux revendications et aux attentes pour faire reculer le racisme et l’antisémitisme. Que des associations dites antiracistes tiennent un meeting en période pré-électorale sur ces fondements, rien de plus normal. Mais l’enjeu des acteurs en question n’est pas celui-là.

Apprêtez-vous les laïques ! Ce jour-là vous serez insultés de racistes sous l’appellation d’« islamophobes ».

Vous les féministes et vous aussi les progressistes ne manquerez pas non plus d’être accusés de lutter contre le droit des femmes, contre ce « droit » à considérer impudiques toutes femmes qui ne se drapent pas. Bref, sous couvert de la critique d’un féminisme « occidental » ou « colonial » et dans une spectaculaire perversion du langage, on vous reprochera de lutter contre le « droit » à l’oppression et à l’enfermement des femmes.

Les acteurs de ce meeting seront sur le terrain de Madjid Messaoudène, élu municipal dyonisien délégué à « la lutte contre les discriminations » qui ne rate jamais une occasion de pourfendre la douleur des Français. Comme ce jour du meurtre des enfants juifs de Toulouse par le terroriste Merah quand cet élu qui porte à l’occasion l’écharpe tricolore déclarait sur son compte Twitter : « Une tuerie ? Un deuil ? Attendez la période électorale pour mourir et Hollande et Sarkozy se rendront à votre chevet ». Depuis, il ne s’est jamais ravisé et en a toujours rajouté y compris pour s’en prendre aux policiers qui ont neutralisé les terroristes du « 13 novembre » logés dans sa ville.

Plus consistants, le CCIF (Collectif Contre l’islamophobie en France), le PIR (Parti des Indigènes de la République), le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) et leurs acolytes élaborent donc une approche islamiste pour la campagne présidentielle. Des meetings antiracistes, j’en ai organisés des dizaines avec d’autres militants sincères qui portaient une idée ouverte et fraternelle de la France. Un mouvement antiraciste qui ne trie, ni ne se désintéresse des droits des femmes et du combat si permanent contre l’antisémitisme, ici occulté dira-t-on par un doux euphémisme.

D’ailleurs, pour ce qui est de leur « féminisme », il se résume uniquement à ce « droit » d’adopter les variantes des uniformes islamistes qui leur sont assignées par des prédicateurs proches de plusieurs associations organisatrices. D’après leurs « imams » intégristes,  si elles ne veulent pas « être responsables de leur viol, elles doivent porter le Hijab car le Hijab c’est la pudeur de la femme ». La femme non-voilée n’est-elle d’ailleurs pas « comme une pièce de deux euros qui passe de mains en mains » ?

Pas étonnant que, en ce début de mois, le CCIF et d’autres signataires tenaient meeting commun avec  des islamistes turcs dans des locaux consulaires situés en banlieue de Lyon.

Dans leur Appel actuel, nos drôles d’antiracistes critiquent avec véhémence notre état d’urgence mais n’ont rien dit aux amis du président Erdogan concernant celui qui s’abat en Turquie et qui est là-bas prétexte à purger la société civile et à emprisonner par paquets toute tête récalcitrante à la dérive islamiste et dictatoriale du régime turc. Ni sur sa loi qui a failli amnistier les  violeurs de fillettes mineures s’ils épousaient leurs victimes pour réparer « leur faute ».

Au contraire de l’objectif de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, cet « antiracisme », puisqu’il ose se nommer ainsi, va accroître différentes formes de racisme dans notre pays. C’est d’ailleurs son but ou le sous-produit collatéral accepté par cynisme.

Faire reculer le racisme avec des groupes racialistes qui  interdisent leurs réunions aux blancs et aux Juifs, c’est se soumettre aux mêmes règles « raciales » que celles du Front National. Bref, dire que ces individus et ces organisations sont antiracistes, c’est un peu comme affirmer que Donald Trump est féministe.

Responsables politiques, élus locaux, journalistes, enseignants qui vous associez à ces sinistres islamistes, vous vous rendez complices. Mais nous ne nous tairons pas.

Vous ne pouvez pas ignorer ces vidéos de Marwan Muhammad, porte-parole du CCIF,  dans lesquelles il affirme que la France de 2010 est pire que l’Allemagne des années 30.

Puisqu’il faut vous le rappeler : les lois nazies ont éliminé les Juifs de toutes responsabilités civiles, politiques et militaires, interdit aux Allemands de commercer avec eux, encouragé le saccage et le pillage de leurs biens avant de les conduire à la mort par millions.

Nos lois laïques et sur la sécurité intérieure qui interdisent tous les signes religieux à l’école et la possibilité de circuler le visage caché que vous fustigez vous sont-elles comparables ?  Vous avez bien sûr le droit d’y être opposés mais n’êtes-vous pas des criminels de la pensée antiraciste quand vous vous acoquinez au personnage mentionné plus haut et qui déclare dans cette même vidéo pour illustrer la dureté d’être musulman en France que « les femmes musulmanes se font violer le jour de l’Aïd » ?

Ce ne sont pas « des croisés » qui ont égorgé ce prêtre, assassiné ces enfants juifs dans leur école, exécuté ces journalistes et caricaturistes, mitraillé ces terrasses de cafés et de restaurants, massacré des jeunes dans une salle de spectacle… mais des terroristes islamistes qui contraignent notre pays à se protéger davantage et met tous nos concitoyens à rude épreuve.

L’Appel farfelu de ces faussaires de l’antiracisme prophétise même « la cooptation de l’extrême droite au sein du gouvernement » socialiste. La présence parmi eux de Tariq Ramadan, le prédicateur préféré des « Frères musulmans », leur donne décidément les ailes de l’outrance.

Mais comme on est toujours le traitre de quelqu’un, nos faussaires de l’antiracisme ont exclu la C.R.I (Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie) qui considère dans un communiqué fleuve que les organisateurs sont « des paternalistes blancs ». Selon la C.R.I, les « basanés » que soutiennent les organisateurs du meeting ne sont que « des indigènes bien notés par l’extrême-gauche qui a disparu des quartiers » et que lesdits organisateurs portent la responsabilité « de dégâts irréversibles puisque les réseaux soraliens et autres intégristes catholiques viennent recruter jusque dans nos mosquées ».

Ces batailles de chiffonniers de l’outrance sont dignes de celles des chapelles de l’extrême-droite, dont on ne sait jamais très bien s’il faut en rire, en pleurer ou en référer à des spécialistes de la santé mentale. L’« antiracisme islamiste » serait la nouveauté vendue par quelques responsables politiques, journalistes et intellectuels ? Non, il n’est pas une nouveauté. Il est un oxymore.

Nasser Ramdane Ferradj porte-parole du collectif TCIF « Tous Contre l’Islamisme en France – Ils n’auront pas notre silence complice »

 

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sources :

http://contre-attaques.org/l-oeil-de/article/islamophobie-357

http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/10845

https://www.facebook.com/CRIslamophobie/posts/1499708340043576

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Êtes-vous plutôt pro ou anti-Pikachu ?

Depuis leur happening autour du centre Pompidou le 4 juin 2016, (Ici), les «Survivants » sont de retour. Enfin, surtout leur leader, Emile Duport, ancien communicant de la Manif pour Tous. Il est à l’origine de 3 nouveaux sites web : Afterbaiz.com, Testpositif.com, et le dernier… Sauvezpikachu.com. Sous une apparence très, très « jeune », ces sites mènent tous au site web des survivants et à ses arguments anti-IVG (Ici).

Sauvezpikachu.com est de loin le plus comique. La publicité pour le site web est assurée par des tags réalisés à l’aide de pochoirs de pikachu sur certains trottoirs. Surfant sur la vague Pokemon Go, il met en scène un œuf de pikachu que l’internaute doit choisir de laisser éclore ou non.

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Les arguments pro-IVG sont symbolisés par divers personnages du jeu. Sacha considère avoir assez de pikachu, le Professeur Chen conseille de déjà bien s’occuper de son pikachu existant, Jessie dit que ce n’est qu’un amas de cellules, et Leveinard qu’il existe un danger pour sa santé.

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Comprenez : une femme qui considère ne pas avoir les moyens d’avoir un autre enfant, qui fait le choix de ne pas en avoir ou simplement d’en avoir un nombre précis, ou une femme qui souhaiterait avorter pour des raisons médicales… est une tueuse de mignons pikachus :

 

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L’argumentaire se base à la fois sur l’émotionnel de l’adolescent et sur un mode de pensée manichéen : « Pikachu est né, il est devenu le personnage exceptionnel qu’on connaît tous ! » , versus « Pikachu n’a jamais vu le jour, il n’a jamais eu l’occasion de devenir le personnage fabuleux qu’on a tous aimé ». Quel fan de Pokemon voudrait que Pikachu n’ait jamais existé ?

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Ce qui est pratique avec les Pokémon, c’est que la mère n’existe pas, et que le but est d’en collectionner un maximum. Que vient donc faire le droit à l’IVG dans ce jeu Nintendo ?

 

NB : Prochoix recherche activement des internautes convaincus par cette expérience.

 

Carla Parisi 

Iconoclaste (Jusqu’au 19 juin)

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La Galerie Mansart est heureuse d’accueillir la première exposition personnelle en France d’Oksana Shachko.
Passionnée depuis son plus jeune âge par les icônes religieuses, ses études de philosophie et son engagement dans la fondation du groupe ukrainien des FEMEN ont subverti sa peinture en arme activiste.

Les références esthétiques des icônes d’Oksana Shachko puisent dans une ironie révolutionnaire, et la force de la dénonciation sociale et religieuse révèle les grandes qualités techniques et artistiques de son travail, dans une dialectique puissante entre réflexion et action.

En savoir plus : www.galerie-mansart.fr

Curateur : Azad Asifovich

La grande voix de Maya Surduts s’est éteinte

© Catherine Deudon

Une belle voix, rauque et forte, du féminisme vient de s’éteindre.

Maya Surduts, qui incarnait la CADAC (Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception), depuis plus de vingt ans,  et le Collectif national des droits des femmes,  vient de nous quitter.

Née à Riga, d’un père physicien et communiste, elle faisait partie de ces émigrés arrivés en France en 1938.

En 1948, après avoir vécu au Cap en Afrique du Sud, comme beaucoup de Juifs baltes, elle se lance dans le militantisme au sein d’une organisation sioniste, revient en France, étudie le russe et prend fait et cause pour le FLN.

En 1962, elle part aux États-Unis pour soutenir les victimes de discriminations, dans le sillage du mouvement contre la ségrégation, puis rejoint Cuba.

Elle est expulsée en septembre 1971 par le régime castriste, après y avoir vécu huit ans comme interprète et militante.

De retour en France, elle rejoint le groupe « Révolution » qui l’envoie « infiltrer » le MLAC, le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception.

C’est l’inverse qui se produit. Le féminisme devient sa révolution, son inspiration contre toutes les dominations, et ne la quittera plus. Au point de devenir l’une des figures incontournable du féminisme « lutte des classes » et institutionnel. Aucun nouveau groupe militant, parti ou ministère ne pouvait ignorer ses coups de gueule, légendaires.

À Prochoix, nous avions avec Maya une longue histoire de camaraderie, entrecoupée d’engueulades épiques. Maya pouvait être une marraine intraitable. Passé le bizutage, elle savait être une alliée et une camarade à toute épreuve. Elle forçait le respect.

Nous n’oublierons jamais qu’elle a tenu bon lorsque des groupes se disant féministes mais intégristes ont tenté d’infiltrer les organisations de gauche,  le 8 mars et le mouvement des femmes, pour mieux traiter le féminisme universaliste critique envers le voile de raciste. Maya connaissait trop bien ces ficelles pour ne pas les reconnaître et leur tenir tête.

En 2005, Maya Surduts rappelait avec  Suzy Rotman que le Mouvement  se battait « depuis la nuit des temps » contre TOUS les intégrismes. (Le Monde, 9/3/2005)

Il y a trois ans, elle avait accepté de rencontrer les féministes marxistes FEMEN, tout juste arrivées d’Ukraine, de leur parler un peu en russe et de dire ce qu’elle pensait de ce jeune mouvement pour le film « Nos seins, nos armes ».  Avec une patience et une tendresse que beaucoup de jeunes féministes élevées à la dure par Maya auraient enviées ! La sagesse guettait. Son regard, tendre, riait encore des tours que sa grosse voix pouvait jouer.

Elle nous manquera dans la lutte, toujours féroce, jamais gagnée, contre le patriarcat marié à l’obscurantisme. Pour résister aux intégristes rivalisant d’ingéniosité pour nous faire payer notre liberté ou à l’Église polonaise qui menace une fois encore le droit d’avorter.

Elle nous manquera mais nous ne manquerons pas de continuer à nous battre sur ses pas.

 

 

Une drôle de Fraternité au Barreau de Paris

Plusieurs avocats ont  créé la Fraternité du Barreau de Paris.

Ils déclarent se reconnaître ‘dans les trois grandes religions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam et qui se réclament explicitement du même patriarche Abraham. « .

Ils ont « convenu ensemble de se concerter à l’effet d’oeuvrer, dans le cadre de leur profession et de la vie civile, à la lutte contre toute forme de stigmatisation ou de discrimination liées à la religion ». Comme le Blasphème par exemple ? Qu’est ce qui distinguera ce groupe des différents organismes qui luttent pour que leur religion, ou du moins leur vision du religieux soit préservée. Comme l’Agrif, la Ligue des Musulmans de France, Croyances et libertés ?

Le groupe  d’avocats est composé de Bernard CAHEN, Philippe LUCET, Carbon de SEZE et Chems-Eddine HAFIZ.

Soutien aux femmes polonaises

RASSEMBLEMENT DIMANCHE 10 AVRIL 15 HEURES, près de l’Ambassade de Pologne, sur l’esplanade des Invalides, entre la rue Talleyrand et la rue Saint Dominique.

Amenez un cintre, symbole des avortements clandestins, en signe de solidarité.

Toutes les villes peuvent organiser elles aussi un rassemblement le 10 avril en soutien aux polonaises.