P
résenté comme à l’initiative du projet, le sans relief Michel Pinton resurgit donc du néant politique où l’avait enterré son mandat de maire de Felletin dans la Creuse.

Celui à qui l’on attribue l’invention de l’UDF ne faisait plus guère parler de lui. Tour à tour gauchiste, gaulliste, centriste, barriste et finalement très à droite, ce polytechnicien de 62 ans terminait tranquillement sa carrière là où il est né, le 23 décembre 1937, jusqu’au jour du grand réveil anti “mariage homosexuel”. Cette ultime campagne marquant le point culminant de son échappée vers la droite. L’homme était pourtant parti de loin.

Dans une interview accordée au très droitier Valeurs actuelles en août 1983, il se souvient de ses années passées à l’Ecole Polytechnique. A l’époque, explique-t-il : “J’étais un étudiant d’extrême gauche”. Le jeune gauchiste fera même partie d’une délégation pour Moscou. Vient ensuite la guerre d’Algérie où il sert comme lieutenant, et sa rencontre décisive avec Valéry Giscard d’Estaing en 1968. Les deux polytechniciens ont le coup de foudre. Michel Pinton devient rapidement le “monsieur sondage” du ministère de l’économie et des finances. Sa connaissance des chiffres et des ordinateurs, son expérience des campagnes électorales américaines en font l’un des artisans de la campagne présidentielle de 1974. En 1978 enfin, il participe à l’Union des giscardiens, centristes et des radicaux au sein de l’Union pour la démocratie Française : l’UDF. On le reconnaît d’ailleurs fort bien dans cette famille politique qui a l’avantage de défendre des valeurs de droite sans pour autant être gaulliste et qui abrite très vite autant de vrais centristes que de vagues nostalgiques de Vichy.

Secrétaire général du parti, il se consacre dès lors à marcher sur les plates-bandes du RPR. Aux élections européennes de 1979, la liste anti-europénne de Jacques Chirac se fait battre à plate couture par celle de l’UDF conduite par Simone Veil. Mais l’ascension s’arrête là. Après l’échec aux présidentielles de 1981 de VGE, Michel tombe en disgrâce. Totalement à contre-courant, sa prise de position en faveur de l’abandon de la dissuasion stratégique française en 1983 le contraint à démissionner de la délégation générale de l’UDF. Après avoir échoué dans sa tentative électorale dans le Val d’Oise et tenté de rallier Raymond Barre, il doit se contenter d’un siège au Parlement européen de 1989 à 1994. Sa traversée du désert est dès lors ponctuée par des coups de sang anti-américains (il s’oppose violemment à la guerre du Golfe et même à l’implantation de Disneyland Paris) et anti-maastrichtiens.

Marginalisé à cause de certaines prises de positions plutôt libérales, Pinton semble s’être peu à peu rapproché des autres marginaux laissés pour compte à droite de la droite. Pas étonnant donc de le voir se lancer à corps perdu dans une croisade anti “mariage homo” avec l’appui du lobby familialiste le plus réactionnaire.



























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