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| Enquête Après deux mois de vérifications, après sêtre assurés de lexistence ou non des noms de chaque ville et de chaque signataire en les recoupant avec le Bottin des communes, après avoir calculé le nombre dhabitants correspondant (à partir du recensement INSEE 1990) et retrouvé lensemble des codes postaux, voici ce que lon retiendra de cette pétition menée dans le but dempêcher que des couples de même sexe signent leur contrat dunion en mairie. |
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Sur le nombre exact
Avant même de connaître les noms des signataires, la question de leur chiffre exact a fait couler beaucoup dencre. Devant la circonspection des observateurs, le Collectif des maires de France pour le mariage républicain a décidé dengager un huissier de justice pour établir, sous serment, leur nombre exact. Le 17 avril 1998, moins dune semaine après le début du tri, Marie-Joseph Bouvet, confirmait lexistence de 12 162 lettres formulaires retournées exclusivement par des Maires. Les réponses nominatives délus non maires, les déclarations non signées, ou encore celles ne souscrivant que partiellement au texte nayant pas été collationnées, tous se disent soucieux de préserver la famille comme élément naturel et fondamental de toute société et déclarent sopposer à la mise en place dun contrat dunion pour les personnes du même sexe, ainsi qu à limplication du maire, en tant quofficier dEtat civil, dans la célébration dun contrat de ce genre. Sur 36 700 maires en fonction, le chiffre impressionne. Les semaines suivantes, la médiatisation de lopération a visiblement décidé certains maires à prendre le train en route en envoyant à leur tour une déclaration dintention. Cette fois, aucune vérification officielle. Michel Pinton sest contenté de déclarer que le nombre de signatures sélevait à 19 000. Après plusieurs semaines de vérifications effectuées à partir de la liste diffusée sur internet, nous nen avons pourtant trouvé et retenu que 15032. Certains noms ne figuraient pas dans le Bottin des communes, dautres étaient seulement conseillers municipaux. C'est le cas par exemple de Pierre Lellouche, prétendant au siège de maire du 9ème arrondissement... mais qui n'a jamais été élu maire ! Dautres, enfin, avaient la particularité dêtre des maires fantômes. Exemple de Pierre Libert. Selon le dernier recensement, celui-ci est maire d'une ville de 0 habitants (Beaumont en Verdenois-Meuse). Il ne figure dailleurs pas dans le Bottin. Même sort pour Marcel Collin, lui aussi maire dune commune de 0 habitant (Bezonvaux-Meuse). Sans compter que si lon en croit les semaines de vérifications téléphoniques effectuées en septembre 1998 par lEvénement du Jeudi auprès dun échantillon pioché parmi la liste des 12162 maires de la première vague : 52% des signataires ne se déclarent plus contre le PaCS. |
| Le profil des signataires Limmense majorité des mairies signataires est composée de toutes petites communes. Sur 15032 mairies, les deux tiers, 10 213, sont des villes de moins de 1000 habitants. Enormément de petits bourgs, isolés en rase campagne. Pour le reste, on dénombre 3680 communes de moins de 200 habitants. Celles de moins de 80 habitants sont tout de même au nombre de 1351. Seules 150 villes de plus de 10 000 habitants sont représentées. Quand à celles de plus de 100 000, elles se comptent tout simplement sur les doigts dune main. En fait, ce sont surtout les arrondissements de droite de Paris dont les maires ont presque tous signé : Benoite Taffin (Paris 2); Jean-Pierre Lecoq (Paris 6); Martine Aurillac (Paris 7); François Lebel (Paris 8); Gabriel Kaspereit (Paris 9); Lionel Assouad (Paris14); René Galy-Dejean (Paris 15); Pierre Rémond (Paris 17). Au final, les 15 032 maires signataires représentent 10.976.634 habitants. Dans la mesure où le recensement de 1999 nest pas à lheure actuelle publié, ce chiffre a bien entendu été établi grâce aux calculs de lINSEE suivant les résultats du recensement mené en 1990. Plus important que le nombre de signatures, ce chiffre signifie quen fait de moitié des maires, la pétition des maires de Michel Pinton ne représente quun sixième des français soit 18% de la population française. Moins que les scores obtenus par Le Pen et Villiers réunis aux dernières présidentielles (Le Pen 15,27%, Villiers 4,8%). Une fois le choc des noms passé, ce qui demeure finalement le plus surprenant, cest quun nombre incroyable de tout petits villages nait pas signé contre la tenue dun mariage homosexuel en mairie ! |
| Quelles étiquettes politiques ? Invité à donner une estimation au moment où la pétition ne comptait que 12162 signataires, Michel Pinton explique à vue de nez : lappel a touché tous les partis. Aproximativement, il doit y avoir 3 réponses émanant de maires Front national, 1000 RPR, 800 UDF, 300 socialistes et 200 communistes En réalité, daprès nos estimations, les proportions sétablissent plutôt autour de 715 RPR, 546 UDF, 1359 divers droite, 657 PS et apparentés et 62 PC et apparentés. Seuls 3339 maires ont une étiquette contre 11705 maires sans étiquette. |
| La répartition par département La répartition par département sur laquelle nous nous basons est celle donnée par lhuissier engagé par Artéa. Il nous paraît en effet plus intéressant de voir le nombre de maires par département au moment de la médiatisation de laffaire et non pas la répartition de ceux qui ont signé après, pour faire partie du mouvement. Il sagissait alors de 12 162 maires. Les pourcentages ont été calculés par rapport au nombre de maires total. Se dessine alors une carte des départements anti-PaCS qui correspond grosso modo à celle de la France rurale et catholique. Dans 12 départements, plus de 40 % des maires ont signé la pétition du CMFMR. Le plus important dentre eux est lAude, qui a signé à 51% (224 communes sur 438). Département en partie montagneux, lAude sétend sur lextrémité méridionale du Massif central et lavant-pays pyrénéen, il est surtout viticole. Suit le Maine et Loire et ses maires anti-PaCS à 50% (182 communes sur 364). Un département dominé par lélevage bovin et le textile. Un bon point pour le Maine et Loire cependant, sa représentante nationale nest autre que la députée Roselyne Bachelot. Avec 46% de signataires, on trouve ensuite lYonne, un département de la Bourgogne vouée aux cultures céréalières et à la viticulture. Noublions pas la Vendée dont 43% des maires ont signé. Fief de Philippe de Villiers, historiquement toujours du côté de lopposition au progrès, le bocage vendéen est une zone de forte pratique religieuse. En revanche, contrairement à ce que lon pouvait supposer les quatres départements de Bretagne, une région fort empreinte de pratique religieuse, nont pas eu de forts taux de signature. Les maires de Côtes dArmor nont adhéré à la pétition quà 21%, du Finistère quà 22%, du Morbihan à qu'26% et de lIlle-et-Vilaine à 30%. Enfin, 19 départements ont vu moins de 25% de leurs maires signer ce texte. Le Val de Marne, un département de la région parisienne plutôt de gauche, ne signe quà 10%. Suit ensuite la Meurthe-et-Moselle, département de gauche avec une forte présence frontiste, dont les maires ne signent quà 13%. Plus surprenant, le faible chiffre du Var, pourtant fortement acquis aux thèses frontistes et homophobes, dont les maires nont signé quà 24% (37 communes sur 153). Même Thierry Mariani, lun des députés les plus actifs lors des débats sur le PaCS, a oublié de signer la pétition en tant que maire.. |
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