COMMENT SARKOZY A VENDU L'ISLAM DE FRANCE AUX RADICAUX
Le récentes élections des présidents des conseils
régionaux du CFCM (le Conseil français du culte musulman)
viennent de confirmer le succès des candidats de l'UOIF, une organisation
de musulmans radicaux inspirée par les Frères musulmans.
Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il pris le risque de cautionner cette organisation
intégriste en l'associant à la naissance du CFCM ? La question
reste posée lorsqu'on sait à quel point la présence
du ministre de l'intérieur au Congrès de l'UOIF a permis
à l'organisation de se faire
connaître, entendre, et surtout de relancer le débat sur
le voile. Sa montée en puissance va être incontestablement
un test pour la laïcité française.
Attaché au principe de la séparation de l'Église
et de l'Etat, ProChoix enquête depuis des années sur les
mouvements intégristes chrétiens. Sortie ce matin des presses,
sa revue publie aujourd'hui une enquête extrêmement complète
sur l'UOIF : quels sont ses liens exacts avec les Frères musulmans,
l'organisation tient-elle un double langage, quels sont ses ramifications
à l'étrangers et surtout quels sont ses objectifs stratégiques
et politiques...
POUR LE SAVOIR, nous vous invitons à lire cet article, "LUOIF
: Des Frères musulmans au Conseil français du culte musulman"
signé Fiammetta Venner (chercheuse en Science politique et auteure
de nombreux livres sur l'extrême droite et l'intégrisme).
Il vient de paraître dans ProChoix n°25.
du 17/06/03
VOILE : 14 ANS APRÈS, LE DÉBAT EST RELANCÉ
Pourquoi reparler du voile islamique aujourd'hui ? Il n'existe que 150
cas conflictuels en France liés au port du voile et pourtant, quatorze
ans après la première affaire dite du "voile",
le débat semble devoir reprendre de plus belle. Pourquoi ? Pour
quels risques et quels enjeux ? C'est ce que nous tentons de comprendre
dans un dossier consacré au sujet
dans ProChoix n°25.
Il est intéressant de noter que, comme à propos de la
prostitution, notre rédaction est très divisée sur
le sujet. Un certain nombre de membres de notre comité de rédaction
ont signé un appel destiné à ne pas stigmatiser les
femmes portant le voile. Il est paru dans Libération sous le titre
"Oui au foulard dans l'école laïque" (le titre choisi
par les auteurs était : "Oui à la laïcité,
non aux lois d'exception").
Au même moment, d'autres membres de ProChoix ont décidé
de faire de la défense de la laïcité la priorité
des priorités. Cette divergence d'appréciation doit-elle
nécessairement aboutir à des points de vue opposés
ou existe-t-il une voie médiane capable de les réconcilier
? Il nous faudra sans doute plusieurs numéros pour le savoir. Comme
toujours, c'est un travail de longue haleine que nous entamons dans ses
pages. Il ne nous mettra pas nécessairement d'accord mais il aura
le mérite de clarifier les enjeux politiques sous-tendus par la
réactivation de ce débat. Si possible, il nous permettra
d'anticiper ses effets. Pour cela, nous choisirons comme à
chaque fois de nous concentrer sur l'étude des prises de
positions intellectuelles ayant potentiellement un impact sur les politiques
publiques.