2003

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• Les NEWS 2002 ; 2001 ; 2000

du 3 /01/03

BONNE ANNÉE A TOUS !

Toute l'équipe de ProChoix vous souhaite une année 2003 pleine d'énergie pour combattre le fanatisme (toutes religions confondues), les abus de pouvoir liberticides pris au nom de la lutte contre l'insécurité, les guerres d'intérêt menées au nom de la lutte contre le terrorisme, les discriminations perdurant au nom de la république et de l'universel et bien sûr les anti-choix de tout ordre.

 

du 3 /01/03

CLONAGE : GARE AUX CONFUSIONS !

Depuis sa création, en 1997, ProChoix n'a cessé de mettre en garde les pouvoirs publics contre toute tentation judéo-chrétienne de bloquer le débat public sur le clonage au nom de la "bioéthique".
Ce concept inventé pour habiller une vision particulièrement moraliste et religieuse de la science a surtout eu pour effet de privilégier le fantasme à la raison. Résultat : à force de brider la recherche publique, encadrée et qui aurait pu être soumise à l'approbation des citoyens, ce sont des laboratoires privés et même sectaires (comme la secte Raël) qui ont avancé à grand pas vers la maîtrise de cette technique, aussi révolutionnaire que potentiellement dangereuse.


Aujourd'hui, nous sommes placés devant l'obligation de réfléchir dans l'urgence si nous ne voulons pas que ces mouvements sectaires aient une emprise sur nos choix de société.
Chaque fois que la loi du marché l'emporte sur l'intérêt commun, nous encourons un risque totalitaire et anti-démocratique. C'est pourquoi nous devons au plus vite nous emparer de ce débat. Mais attention : en nous posons les bonnes questions et non en déléguant aux Eglises (à d'autres sectes) et aux moralistes le soin de s'opposer purement et simplement au clonage.


Attention aux confusions !
1) Le clonage n'est pas une technique diabolique en soi, à moins de considérer que toute technique par laquelle l'homme maîtrise son destin biologique est contre-nature
(dans ce cas l'avortement ou l'homosexualité peuvent être considérés comme contre-nature ! Ce n'est pas un hasard si des provie comme Christine Boutin sont en première ligne pour la défense de la bioéthique !)

2) Il existe une différence énorme entre le clonage reproductif (qui consiste à reproduire l'ensemble de l'ADN d'un individu) et le clonage thérapeuthique (qui permettra de sauver des vies et de soigner des cancers par la régénération d'organes atteints)

3) La secte Raël a annoncé la naissance d'un bébé par clonage de deux lesbiennes. Dans ce cas, il ne s'agit pas d'une duplication d'un individu mais bien du mélange de deux ADN (celles de ces deux femmes). Contrairement au clonage mono-ADN, ici, le clonage ne fait que se substituer à un mélange de gamètes mâles et femelles mais aboutira, comme toute reproduction naturelle, à la création d'un individu nouveau et unique.
* Ceux qui sont choqués par cette méthode devrait peut-être réfléchir au fait que si les moralistes n'avaient pas interdit aux couples homosexuels d'adopter ou d'avoir recours à la procréation médicalement assistée, il n'y aurait pas besoin de recourir au clonage !

4) D'une façon générale, la question centrale que nous devons nous poser n'est pas : est-ce mal de recourir au clonage ? Mais pour quoi faire ? Il ne faut pas confondre le moyen (le clonage) et son usage (créer une armée de clones ou soigner un cancer du foi !), si nous voulons contribuer à des lois qui légifèrent dans l'intérêt de tous et non sous le coup de la panique et de la peur (voire pour satisfaire le lobby provie).
Le débat est ouvert. Il continuera bien sûr dans les pages de notre revue (numéro 24 à paraître en mars 2003). Nous vous donnerons également prochainement rendez-vous pour un débat public.

 

du 30 /03/03 : Réaction à la guerre en Irak

Ni Jihad, Ni Croisade !

Refusons l'assignation à un camp. Refusons que la guerre en Irak et le 11 septembre nous enferment dans des identités d'appartenance et non plus de convictions. Nous nous élevons contre les manifestants anti-guerre qui saisissent l'opportunité de ce conflit pour libérer leur antisémitisme,
comme nous refusons de voire les Arabes et les musulmans assimilés à des terroristes.

La frontière ne se situe pas entre les Juifs et les Arabes, entre l'Orient et l'Occident, et les croyants et les non-croyants. La seule frontière, c'est celle qui sépare les partisans du dialogue et de la laïcité des
va-t-en-guerre fanatiques. Car ce sont bien des fanatiques (juifs, chrétiens et musulmans) qui sont à l'origine de la tension actuelle. Nos seules armes sont l'information et le dialogue. C'est pourquoi nou
avons décidé de lancer une campagne d'information "Ni Jihad, ni Croisade" sur le rôle joué par le fanatisme dans cette sale guerre.

Retrouver la campagne sur :
http://www.prochoix.org/pages.action/nicroisade/menunini.html

 

du 30 /03/03

Bush et la droite religieuse

Du temps de Reagan, les leaders protestants intégristes ont largement financé certaines opérations hasardeuses menées au nom de l'anticommunisme. Aujorud'hui, ces intégristes chrétiens n'hésitent pas à faire référence à la nécessité d'une croisade contre l'Islam et leur fanatisme alimente l'univers
sémantique des faucons du Pentagone.

Pour en savoir + sur l'histoire de cette droite religieuse (comment elle est née, à la fin des années 70, pour devenir l'un des lobbys les plus incontournables de la vie politique américaine), nous vous conseillons de lire les travaux de Caroline Fourest, auteur de Foi contre choix (http://www.foicontrechoix.freeservers.com/) et qui signe un article ("Comment est-née la droite religieuse américaine ?) dans le dernier ProChoix (n°21).


du 3 /03/03

En attendant le prochain numéro de ProChoix (à paraître mi-mars), vous pourrez nous retrouver à 2 occasions :

1) Du 7 au 9 mars, place de l'hôtel de Ville : Comme l'an passé, ProChoix tient un stand sur la parvis de l'hôtel de Ville plaçé sous le signe de la Journée internationale des femmes.

2) Le 11 mars, à 20h, ProChoix participe à un débat sur le clonage ("ne laissons pas le débat aux sectes et aux Eglises") dans le cadre du cycle "Revue dans la cité" organisé par Ent'REVUES.

La Maroquinerie : 23 rue Boyer 75020 Paris.

 

du 17/06/03

COMMENT SARKOZY A VENDU L'ISLAM DE FRANCE AUX RADICAUX

Le récentes élections des présidents des conseils régionaux du CFCM (le Conseil français du culte musulman) viennent de confirmer le succès des candidats de l'UOIF, une organisation de musulmans radicaux inspirée par les Frères musulmans.

Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il pris le risque de cautionner cette organisation intégriste en l'associant à la naissance du CFCM ? La question reste posée lorsqu'on sait à quel point la présence du ministre de l'intérieur au Congrès de l'UOIF a permis à l'organisation de se faire
connaître, entendre, et surtout de relancer le débat sur le voile. Sa montée en puissance va être incontestablement un test pour la laïcité française.

Attaché au principe de la séparation de l'Église et de l'Etat, ProChoix enquête depuis des années sur les mouvements intégristes chrétiens. Sortie ce matin des presses, sa revue publie aujourd'hui une enquête extrêmement complète sur l'UOIF : quels sont ses liens exacts avec les Frères musulmans, l'organisation tient-elle un double langage, quels sont ses ramifications à l'étrangers et surtout quels sont ses objectifs stratégiques et politiques...


POUR LE SAVOIR, nous vous invitons à lire cet article, "L’UOIF : Des Frères musulmans au Conseil français du culte musulman" signé Fiammetta Venner (chercheuse en Science politique et auteure de nombreux livres sur l'extrême droite et l'intégrisme). Il vient de paraître dans ProChoix n°25.

 

du 17/06/03

VOILE : 14 ANS APRÈS, LE DÉBAT EST RELANCÉ

Pourquoi reparler du voile islamique aujourd'hui ? Il n'existe que 150 cas conflictuels en France liés au port du voile et pourtant, quatorze ans après la première affaire dite du "voile", le débat semble devoir reprendre de plus belle. Pourquoi ? Pour quels risques et quels enjeux ? C'est ce que nous tentons de comprendre dans un dossier consacré au sujet
dans ProChoix n°25.

Il est intéressant de noter que, comme à propos de la prostitution, notre rédaction est très divisée sur le sujet. Un certain nombre de membres de notre comité de rédaction ont signé un appel destiné à ne pas stigmatiser les femmes portant le voile. Il est paru dans Libération sous le titre "Oui au foulard dans l'école laïque" (le titre choisi par les auteurs était : "Oui à la laïcité, non aux lois d'exception").

Au même moment, d'autres membres de ProChoix ont décidé de faire de la défense de la laïcité la priorité des priorités. Cette divergence d'appréciation doit-elle nécessairement aboutir à des points de vue opposés ou existe-t-il une voie médiane capable de les réconcilier ? Il nous faudra sans doute plusieurs numéros pour le savoir. Comme toujours, c'est un travail de longue haleine que nous entamons dans ses pages. Il ne nous mettra pas nécessairement d'accord mais il aura le mérite de clarifier les enjeux politiques sous-tendus par la réactivation de ce débat. Si possible, il nous permettra d'anticiper ses effets. Pour cela, nous choisirons — comme à chaque fois — de nous concentrer sur l'étude des prises de positions intellectuelles ayant potentiellement un impact sur les politiques publiques.

 

de octobre 2003

ISLAMOPHOBES ?!

Dans un article intitulé "l'exclusion de deux lycéennes voilées divise l'extrême gauche", Xavier Ternisien et Caroline Monnot attribuent à l'association Femmes publiques des propos qu'elle nie avoir tenus contre ProChoix (voir le rectificatif à paraître dans Le Monde). Selon ces journalistes, une militante de Femmes publiques s'inquiéterait de la "dérive islamophobe" de la revue ProChoix suite à notre dernier numéro sur le voile à l'école, lequel comprenait plusieurs positions — allant d'une pétition en faveur de son acceptation jusqu'à des positions revendiquant le refus d'admettre à l'école les symboles intégristes et sexistes de toutes les religions. Même si cette citation est fausse, l'accusation demeure et elle nous fait froid dans le dos.


L'accusation d'"islamophobie" a une histoire. Elle a été utilisée la première fois en 1979, pour faire taire les femmes qui osaient se révolter contre le régime des mollahs ayant décrété l'obligation de porter le voile. Depuis l'affaire Rushdie, les intégristes londoniens accusent également d'"islamophobie" tous les musulmans libéraux osant demander une interprétation plus moderne de l'islam, notamment concernant l'imposition du voile, la lapidation pour adultère et la peine de mort pour les homosexuels. Bien sûr, cette accusation est aussi utilisée à gauche pour dénoncer le racisme qui s'abrite parfois derrière la critique de l'islam mais ce racisme est bien loin de ProChoix !

Pensé comme un outil de déconstruction des discours essentialistes, racistes et dogmatiques, ProChoix lutte depuis sa création pour la défense des libertés individuelles, notamment des droits des femmes, contre tous les intégrismes (juif, chrétien et musulman). Nous militons depuis six ans pour que l'on ôte les crucifix des salles de classes en Alsace-Moselle et pour que l'on cesse de promouvoir la religion catholique par le biais des aumôneries, encore présentes dans de nombreux lycées publics. La critique de toutes les religions, de leur message homophobe et sexiste en particulier, a toujours fait partie de nos sujets d'enquête et d'analyse. Il est donc bien logique que la question du voile à l'école nous intéresse. Même si, à l'évidence, ce combat est plus difficile à mener. Nous comprenons que l'esprit critique envers la religion musulmane puisse être suspect dans un pays comme la France, où nous devons tous rester vigilants face au racisme, conscient et parfois inconscient. Mais nous regrettons que la peur d'apparaître comme raciste fragilise celles et ceux, musulmans et non musulmans, qui souhaitent résister aux interprétations intégristes et sexistes de l'islam.

Toujours dans cet article, Le Monde écrit que notre dossier avait suscité le mécontentement de Françoise Gaspard et d'Éric Fassin, membres du comité de rédaction de la revue. Si Xavier Ternisien et Caroline Monnot avaient pris la peine de nous interroger, ils auraient pu apprendre qu'Éric et Françoise, comme tous les membres de la revue, sont justement en train de réfléchir à un numéro double (à paraître en novembre) qui puisse nous permettre d'approfondir nos différents points de vue dans la sérénité et sans procès d'intention inutiles. Ce qui ne semble visiblement pas possible dans certaines pages du Monde.

Le comité éditorial de ProChoix

En réaction au MONDE du 08.10.03
Pour lire l'article en entier :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-337137,0.html

POUR en SAVOIR +, nous vous invitons à lire le numéro 25 de ProChoix

- Voir le sommaire détaillé du numéro 25 sur la laïcité-

 

COMMUNIQUE DE ERIC FASSIN ET FRANCOISE GASPARD

Dans un article sur "L'exclusion de deux lycéennes voilées", Le Monde paru le 8 octobre 2003 évoque "l'association féministe Pro-Choix, qui vient de publier un numéro de sa revue sur le thème "Voile, la laïcité en danger ?", suscitant le mécontentement de Françoise Gaspard et d'Eric Fassin, membres du comité de lecture." Les journalistes qui signent l'article n'ont pas pris la peine de nous contacter. S'ils voulaient simplement faire état de désaccords internes à ProChoix, il suffisait de citer l'éditorial du dernier numéro : "notre rédaction est divisée sur le sujet". En revanche, non seulement nous n'avons jamais parlé de "dérive islamophobe", mais nous nous opposons à l'usage de pareilles accusations. Il serait regrettable que les journalistes parviennent à susciter les querelles dont ils prétendent rendre compte.

Eric Fassin (ENS) et Françoise Gaspard (EHESS)

 

TIRS CROISÉS

Nous vous signalons la parution demain de "TIRS CROISÉS", un livre de Caroline FOUREST et Fiammetta VENNER, le premier à comparer les intégrismes juif, chrétien et musulman sur toutes les questions qui nous intéressent: les femmes, la sexualité, la culture, l'emprise politique et le terrorisme.

A NOTER : Ce livre apporte un éclairage unique, terriblement précieux, sur les débats qui nous agitent en ce moment même. Il a surtout l'avantage de faire voler en éclats les idées reçues et de sortir de la "logique des camps" (pour ou contre le Choc des civilisations !) qui nous engluent depuis des mois en proposant une approche transversale mais sans concession vis-à-vis de tous les intégrismes.

ProChoix-Paris

PRÉSENTATION DE L'ÉDITEUR

Depuis le 11 septembre 2001, le monde vit dans la hantise du terrorisme musulman. Mais ce traumatisme n'a pas permis une réflexion en profondeur sur la source à l'origine de ce terrorisme : l'intégrisme. Quand il l'a fait, le monde occidental a voulu se persuader que seul l'islam pouvait susciter la barbarie. Ce qui a le mérite de rassurer et d'accréditer la thèse du "Choc des civilisations".

Caroline Fourest et Fiammetta Venner se sont plongées dans les documents, les témoignages, les interviews et les textes sacrés. Elles apportent un cinglant démenti à cette illusion en démontrant que sur bien des points (comme les droits des femmes, la sexualité, l'intolérance culturelle ou la violence), le monde dont rêvent les intégristes musulmans ressemble à s'y méprendre à celui dont rêvent les intégristes juifs et chrétiens. Mieux, malgré les apparences d'un choc des religions, leurs actions convergent vers un monde toujours plus instable et de moins en moins sécularisé dont tous profitent.

La véritable ligne de fracture, loin de séparer l’Islam du « reste du monde», pourrait surtout séparer partout dans le monde les démocrates des théocrates — autrement dit les partisans d’une cité ouverte, tolérante et protectrice des libertés individuelles, des fanatiques — fondamentalement d’accord pour prendre la laïcité sous les tirs croisés de leurs fanatismes. Ce livre analytique par son ton et sa méthode, mais explosif par les questions qu’il soulève et les réponses qu’il apporte, est un signal d’alarme pour tous les défenseurs des libertés et de la laïcité.

PARMI LES SUJETS ABORDÉS

- L'islam est-il plus sexiste que le judaïsme ou le christianisme ?
- Loin des fantasmes, quels sont les facteurs géopolitiques pouvant expliquer en quoi l'Islamisme présente une menace autrement plus globale
malgré les ressemblances existant entre les trois intégrismes ?
- Le voile est-il une prescription religieuse ou une obligation intégriste ?
- Quel rôle joue l'"accusation d'islamophobie" dans le débat public ?
Comment ce concept, pensé par des intégristes contre des féministes, a-t-il atteri à gauche — quitte à censurer toute critique laïque de l'Islam ?
- Qui est TARIQ RAMADAN ? Pourquoi séduit-il autant ?
- Que veut l'UOIF et son Conseil européen de la Fatwa, présenté comme modéré mais qui approuve les attentats kamikazes !?
- Les islamistes ont-ils le monopole de la violence et des attentats- suicides ? Quels sont leurs atouts et pourquoi bénéficient-ils d'alliés à l'extrême droite comme à l'extrême gauche ?
- Les intégristes des trois religions sont-ils en guerre ou convergent-ils vers un monde toujours plus fanatique ?
- La laïcité est-elle réellement en danger ? Comment résister ?

COMMENT SE PROCURER LE LIVRE


Toutes les réponses à ces questions sont dans TIRS CROISÉS (Ed.
Calmann-Lévy, 426 pages), disponible dans toutes les bonnes librairies à
partir du 21 octobre ou sur amazon.

Format 150x230 / Codification : 5174941
ISBN : 2702133045 EAN : 9782702133040

du 1 er novembre 2003

UNE ALTERMONDIALISATION LAÏQUE EST-ELLE POSSIBLE AVEC TARIQ RAMADAN ?

Pour Télécharger le PDF

Tariq Ramadan n'est pas dangereux parce qu'il est le petit fils d'Hassan al-Banna, fondateur des Frères musulmans à l'origine d'un islam politique qui a fait des ravages aux quatre coins du monde, mais parce qu'il n'a jamais pris ses distances avec l'héritage idéologique de cet homme. Il continue de le présenter comme le “plus influent des réformistes musulmans de ce siècle ” , alors que ce réformisme consiste à vouloir revenir aux fondements de la charia.

Tariq Ramadan n'est pas inquiétant parce qu'il est le frère d'Hani Ramadan, théoricien islamiste qui approuve la lapidation pour adultère et considère le Sida comme un châtiment divin, mais parce qu'il juge lui même qu'on ne peut être musulman et homosexuel, même s'il ne recommande pas de punir les homosexuels par des châtiments physiques. "Dieu a voulu un ordre. Et cet ordre, c'est l''homme pour la femme' et la 'femme pour l'homme'" explique-t-il lors de ses conférences devant des jeunes musulmans . En reprenant le Coran de façon littéraliste, il approuve la doctrine de l'ordre naturel et divin que nous n'accepterions pas de la part d'un intégriste chrétien.

Incité à se distinguer de son frère, Tariq Ramadan ne le fait qu'avec de lourdes ambiguïtés. Au lieu de condamner les châtiments corporels et d'exiger leur abolition, il se contente de proposer un "moratoire total et absolu, pour nous donner le temps de revenir à nos textes fondamentaux (…) et de déterminer strictement les conditions requises". Il ne remet pas non plus en cause le droit d'un homme à user de la violence conjugale, même s'il souligne que le Coran l'envisage en "dernier recours" .

Tariq Ramadan reconnaît bien l'égalité des hommes et des femmes devant Dieu mais croit en une complémentarité — et donc en une différence — des sexes sur le plan social et familial : “ L’islam offre un cadre de référence dans lequel se dessine une conception globale de l’être humain, de l’homme, de la femme, et de la famille. Deux principes sont essentiels : le premier fonde l’idée d’une égalité entre l’homme et la femme devant Dieu, le second celui de leur complémentarité sur le plan social. Selon cette conception, c’est l’homme qui est responsable de la gestion de l’espace familial mais le rôle de la mère y est central . ”

Tariq Ramadan est un leader fondamentaliste, qui souhaite revenir aux fondements du Coran. Ses prises de position sont certes préférables aux recommandations clairement fanatiques de certains islamistes. Mais il se situe cependant dans une perspective en soi réactionnaire, incompatible avec une altermondialisation progressiste, car il s’agit de vouloir faire vivre les hommes et les femmes en fonction d'un livre sacralisé et jugé intemporel alors qu'il a été écrit il y a plus de 14 siècles. Il existe des courants musulmans laïques et progressistes, alors pourquoi offrir à Tariq Ramadan un statut de représentant de l’islam et des musulmans européens ?

Tariq Ramadan se dit laïque, mais il définit la laïcité comme un espace neutre, devant accueillir toutes les confessions et tous les cultes. C'est aussi la définition de Christine Boutin. Mais ce ne peut-être celle de militant/es luttant pour un monde émancipé du fanatisme et donc pour une laïcité assumée en tant que valeur positive.

Tariq Ramadan ne cache pas son dégoût pour le rationalisme et la modernité, même s'il prend soin de le déguiser en discours anticapitaliste : “ À force de privilégier la rationalité, l’efficacité et le rendement pour plus de progrès, nos sociétés sont au bord du gouffre ” explique-t-il dans son livre sur Le Face-à-face des civilisations : quel projet pour quelle modernité ? Il faut bien comprendre que sa hantise de la modernité ne concerne pas seulement la marchandisation mais aussi l'évolution des mentalités sur la famille, à propos de laquelle il explique : “ Si la modernité est à ce prix, on comprendra que tant le Coran que la Sunna affichent une fin de non recevoir à l’actualisation de cette modernisation. ”

Tariq Ramadan n'est pas antisémite mais il donne des listes d'intellectuels juifs (ou supposés tels) qu'il accuse d'être fanatiquement pro-Israël en raison de leur identité juive… Que penserait-on de quelqu'un qui souhaiterait disqualifier les défenseurs des Palestiniens au motif qu'ils sont "arabes" ou "musulmans" ?

Nous luttons contre le racisme et nous refusons le terme d’“ islamophobie ” introduit en France par Tariq Ramadan. Il s'agit d'un concept inventé par les islamistes pour disqualifier les féministes, les musulmans libéraux et tous ceux qui tentent de laïciser l'Islam en les faisant passer pour des racistes alors qu'ils sont simplement laïques et/ou critiques vis-à-vis des dogmes religieux. Nous revendiquons le droit d'être antiracistes et critiques vis-à-vis des religions. Les religions sont des idéologies humaines. La plupart du temps, elles ont servi à légitimer l’inégalité sociale et à opprimer les humains, tout particulièrement les femmes. Pour toutes ces raisons, nous refusons de considérer Tariq Ramadan comme un allié et nous continuerons à défendre une altermondialisation égalitaire, féministe, rationnelle, moderne et laïque.

Collectif féministe pour une altermondialisation laïque
Contact : altermondialisationlaique@yahoo.fr

À lire :
Caroline Fourest, Fiammetta Venner, Tirs croisés. La laïcité à l'épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman, Paris, Calmann-Lévy, 2003
Leila Babès, “L’identité islamique européenne d’après Tariq Ramadan”, Islam de France, n°8.

 

du 12 novembre 2003

ISLAMOPHOBIE ?!

Le mot "islamophobie" est aujourd'hui très largement repris, du MRAP à Jean-Pierre Raffarin, et plus maladroitement encore par Claude Imbert du Point. Il est dans l'air d'un temps où l'on s'obstine à vouloir réduire la question du racisme et de l'intégration à une question confessionnelle, comme si tous français originaires du Maghreb étaient tous musulmans pratiquants et comme si l'enclavement des banlieues n'était plus qu'une question de choc des religions. En cela, le remplacement du mot "racisme" par "islamophobie" correspond bien à la politique menée par Nicolas Sarkozy. La création artificielle d'un Conseil français du culte musulman n'a pas eu seulement pour effet désastreux d'amalgamer les musulmans libéraux et les musulmans extrémistes de l'UOIF, elle donne surtout le sentiment de vouloir traiter le dossier de l'exclusion sociale uniquement par le biais de l'intégration religieuse : les banlieusards révoltés par les bavures n'ont qu'à adresser leurs réclamations à des imams puisque le retour à la religion semble être la seule médiation possible proposée par le ministère de l'intérieur…

Plus inquiétant, de plus en plus de militants de gauche, y compris antiracistes, participent à cet amalgame en faisant de la question du foulard islamique une question de "racisme" et non plus une question d'"intégrisme". Comme s'il n'était plus possible d'être à la fois antiraciste et opposé aux interprétations sexistes du Coran sous peine de se voir traités d'"islamophobes". Les militants laïques, ceux qui ne souhaitent pas voir de signes religieux ostentatoires et prosélytes entrer à l'école, ceux qui s'opposent aux diktats de la religion des extrémistes, sont aussitôt soupçonnés de racisme. Comment en est-on arrivé là ? Par quel retournement de situation hallucinant, le débat public français a-t-il pu être piégé et verrouillé à ce point ? La réponse tient en un seul mot : "ISLAMOPHOBIE".

Ce mot a une histoire, qu'il vaut mieux connaître avant de l'utiliser à la légère. Il a pour la première fois été utilisé en 1979, par les mollahs iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de "mauvaises musulmanes" en les accusant d'être "islamophobes". Il a été réactivité au lendemain de l'affaire Rushdie, par des associations islamistes londoniennes comme Al Muhajiroun ou la Islamic Human Rights Commission dont les statuts prévoient de « recueillir les informations sur les abus des droits de Dieu ». De fait, la lutte contre l'islamophobie rentre bien dans cette catégorie puisqu'elle englobe tous les atteintes à la morale intégriste (homosexualité, adultère, blasphème etc). Les premières victimes de l'islamophobie sont à leurs yeux les Talibans, tandis que les "islamophobes" les plus souvent cités par ces groupes s'appellent Salman Rushdie ou Taslima Nasreen ! En réalité, loin de désigner un quelconque racisme, le mot islamophobie est clairement pensé pour disqualifier ceux qui résistent aux intégristes : à commencer par les féministes et les musulmans libéraux.

Au même moment, en France, les intégristes chrétiens ont d'ailleurs entamé très exactement la même démarche. L'AGRIF, l'association de Bernard Antony (FN) qui s'est beaucoup impliqué dans les campagnes contre Scorsese, ont imaginé un moyen beaucoup plus efficace de lutter contre le blasphème : faire des procès pour "racisme anti-chrétien". La seule différence entre les deux démarches tient aux contre-feux qu'ils rencontrent. En effet, personne n'est dupe lorsque l'Agrif fait des procès pour "racisme anti-chrétien". Tout le monde sait qu'il s'agit en réalité de lutter contre toute critique de la religion. En revanche, tout le monde est tombé dans le panneau de l'"islamophobie". Après avoir gagné les associations antiracistes anglaises, le mot a été intronisé en France par Tariq Ramadan, dont la double casquette de musulman réformiste fondamentaliste et de militant tiersmondiste a permis sa diffusion rapide vers l'extrême gauche. Depuis, il piège nos débats ne mettant systématiquement en situation d'accusés, mieux que ne l'aurait fait une fatwa, toutes celles et tous ceux qui osent résister aux interprétations politiques et radicales de l'Islam… Un livre sur La nouvelle islamophobie, de Vincent Geisser, ne vient-il pas de qualifier de "facilitateurs d'islamophobie" pêle-mêle les associations comme SOS racisme, les recteurs et les imams libéraux proches de la Mosquée de Paris et les journalistes d'investigation enquêtant sur le terrorisme islamiste ? La boucle est bouclée. Qui osera encore s'opposer au voile ou aux autres interprétations archaïques de l'Islam sans avoir peur d'être traités d'"islamophobes" ?

Hier encore, à l'occasion de l'affaire Rushdie ou Scorsese, la presse et les associations de droits de l'homme se soudaient pour dire non aux "croisés de l'ordre moral" que sont les intégristes… Aujourd'hui, c'est tout le contraire. Les opposants au voile sont traités de "croisés de la laïcité" voire "d'ayatollahs de la laïcité" dans les pages du Monde (sic). Tandis que les militants et les militantes intégristes de l'UOIF (une organisation dont le Conseil européen de la Fatwa approuve les attentats kamikazes) sont invités sur tous les plateaux télé pour y jouer les victimes… Preuve que le mot a tenu toutes ses promesses.

Non seulement, il sert merveilleusement la lutte contre le blasphème mais il évacue totalement la question du racisme. Car c'est de "brulôt islamophobe" et non de "brulôt raciste" que le MRAP a traité le livre d'Oriana Fallacci. Au lieu de poursuivre les passage clairement racistes (et il y en avait), l'association a préféré poursuivre également les passages simplement critiques envers l'islam. Résultat, le MRAP a été débouté et l'auteure peut parader. Pire, La Ligue des droits de l'homme, qui jadis soutenait Salman Rusdhie, s'est récemment jointe aux associations musulmanes qui avaient attaqué les Versets Satanniques. Leur cible commune ? Une phrase de Houellebecq disant "quand on lit le Coran, on est effondré". Rien de très alarmant, du moins si l'on considère que l'on peut toujours critiquer la religion et surtout que Houellebecq n'est pas tendre avec les autres religions. Voilà bien la situation intenable dans laquelle nous a conduit le concept d'"islamophobie". Plus personne ne parle de racisme (le seul vrai fléau qu'il faut combattre) mais si Salman Rushdie sortait aujoud'hui ses Versets satanniques, certaine associations antiracistes seraient aux côtés des islamistes pour le traiter d''"islamophobe" !

Caroline Fourest et Fiammetta Venner,
Fondatrices de la revue ProChoix et auteures de Tirs Croisés, la laïcité à l'épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman (éd. Calmann-Lévy).

 

du 21/11/03

TARIQ RAMADAN ET NICOLAS SARKOZY SUR FRANCE 2 HIER SOIR


Juste un commentaire sur l'émission "100 minutes pour convaincre", diffusée hier soir sur France 2. Nicolas Sarkozy a reconnu qu'il avait été "naïf" sur la Corse... il aurait pu en dire autant à propos du Conseil français du culte musulman. Au lieu de cela, il nous a prouvé qu'il confondait toujours "intégration" avec "religion", "musulman avec arabe", comme lorsqu'il a lâché ce très joli "Étre musulman ça se voit sur la figure !".
Après quoi, il pouvait toujours tenter d'extirper des excuses ou une parole claire à Tariq Ramadan, on restait sur notre faim. Ramadan a reconnu une maladresse à propos de sa tribune sur les intellectuels juifs mais il n'a pas présenté d'excuses. Remarquez c'est peut-être un vrai mea culpa quand on sait qu'il qualifie également de "maladresse" l'action du FIS en Algérie (sic) dans son livre "Etre musulman européen".
Pour le reste, il considère qu'on ne peut s'opposer clairement à la lapidation pour adutère sous peine de froisser la communauté musulmane (drôle de caricature des musulmas européens). Il propose donc un moratoire.
Il ne souhaite pas non plus encourager les jeunes filles à se dévoiler pour aller à l'école. Logique puisque, contrairement aux musulmans libéraux, il estime que le "voile est une obligation". En revanche, nous avons très bien compris qu'il entendait faire tout son possible que la loi de 1905 soit interprétée de façon à s'adapter à l'islam tel qu'il entend. C'est à dire un islam réformé sur certains points mais fondamentaliste et donc archaïque sur tout le reste. En effet, le réformisme salafiste (signifiant "retour aux fondements") souhaite faire table rase des 13 siècles de jurisprudence islamique permettant à l'islam de s'adapter à la modernité et aux besoins contemporains de ses fidèles au profit d'une lecture quasi littérale du
Coran. De beaux abus de pouvoir en perspective...
Caroline Fourest,
co-auteure avec Fiammetta Venner de TIRS CROISÉS, la laïcité à l'épreuve des
intégrismes juif, chrétien et musulman (ED. Calmann-Lévy)
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2702133045/tirscroises-21

du 28/11/03

Garaud veut créér un délit d'interruption involontaire de grossesse

L'Assemblée nationale a créé jeudi 27 novembre un délit d'interruption involontaire de grossesse, au terme d'un débat qui a vivement opposé la droite à la gauche, lors de l'examen en deuxième lecture du projet de loi sur la grande criminalité.
Présenté par Jean-Paul Garraud (UMP, Gironde), cet amendement punit d'un an de prison et 15.000 euros d'amende une interruption de grossesse provoquée par une maladresse, une imprudence, une inattention, une négligence ou un manquement à une obligation de sécurité. Ces peines sont doublées en cas de "violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement".

Cet amendement a donné lieu à un débat passionné, la gauche accusant M. Garraud de remettre ainsi en cause le droit à l'avortement. M. Garraud a déclaré qu'il existait un "vide juridique constaté par la Cour de cassation" qui "crée une véritable injustice". Evoquant les multiples critiques soulevées par son initiative, M. Garraud a affirmé n'être "téléguidé par personne", ajoutant qu'il agissait "par conviction". Démentant l'existence d'un vide juridique, Jean-Yves Le Bouillonnec (PS, Val-de-Marne) a déclaré que la création de ce délit "remet en cause le droit à l'avortement des femmes" car "il sous-tend l'attribution d'une affectation juridique au foetus".Comparant la "tactique" de M. Garraud à celle des "groupes pro-life
(anti-avortement)", Jean-Marie Le Guen (PS, Paris) a accusé la majorité de vouloir "faire plaisir à la frange intégriste" de son électorat.
Jacqueline Fraysse (PCF, Hauts-de-Seine) a souligné pour sa part que cet amendement "extrêmement dangereux" était vivement combattu par les associations de défense des droits des femmes. Affirmant que l'objet de l'amendement "n'est en aucun cas de débattre d'un statut du foetus", le rapporteur du texte, Jean-Luc Warsmann (UMP, Ardennes) a fait adopter un sous-amendement qui stipule que cette disposition ne peut "en aucun cas faire obstacle au droit de la femme
enceinte de recourir" à une IVG.
Le président de la commission des Lois, Pascal Clément (UMP, Loire) a également affirmé qu'il s'agissait de "la protection de la femme enceinte, pas de l'enfant qu'elle attend".
Le ministre de la Justice Dominique Perben s'est également déclaré favorable à l'amendement de M. Garraud que dans la mesure où "il ne remet en rien en cause la législation sur l'avortement".
M. Garraud avait déjà présenté cet amendement au cours de l'examen du projet de loi contre la violence routière, lors de la précédente session. Adopté par les députés en première lecture, il avait été supprimé au Sénat et retiré en deuxième lecture à l'Assemblée, M. Perben ayant alors déclaré que cette mesure devait faire l'objet d'un texte législatif distinct.


COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU MFPF

Non au délit d'interruption involontaire de grossesse

Un nouvel amendement déposé hier mardi 25 novembre 2003 par M. Garraud sera discuté à l'Assemblée nationale dans la nuit du 27 au 28 novembre 2003, dans le cadre du projet de loi de l'Adaptation de la Justice aux Évolutions de la Criminalité. Ainsi cet amendement crée un délit d'interruption involontaire de grossesse, « par imprudence, inattention, négligence, ou
manquement à une obligation de sécurité ou de prudence » en affichant la protection de la femme enceinte.

Ce nouvel amendement prévoit d'insérer deux articles supplémentaires : un au code pénal et l'autre au code de la santé publique.
Il s'agit en fait d‚un deuxième essai pour M. Garraud de mettre en échec le droit à l‚IVG et par ce même biais, de donner un statut au f„tus et à l‚embryon. Le 27 mai 2003 le Sénat s‚était courageusement opposé à un amendement similaire déposé par M. Garraud dans le cadre de la loi sur la sécurité routière.

Ne s'agit-il pas, par le biais d‚un amendement « sauvage » au projet de loi sur l'Adaptation de la Justice aux Évolutions de la Criminalité, de "sanctionner la mort d'un foetus", en le caractérisant d'"homicide involontaire" et en donnant insidieusement au foetus le statut juridique de "personne" ?
Or, donner à l'embryon le statut juridique de „ personne ‰ est un acte juridique et politique qui pourrait, demain, remettre en question le droit à l'avortement.
Alors que les différentes instances de la société civile et des institutions de la République ont toujours eu la sagesse de refuser ce piège, une large droite réactionnaire cherche par tous les moyens à faire reconnaître l'embryon comme "personne", ce qui lui confèrera des droits juridiques venant s'opposer à l'IVG et aux droits des femmes.
Par le biais très détourné d'un projet de loi renforçant la lutte contre la criminalité, nous voyons donc s'afficher la disparition programmée du droit à l'avortement.
Nous sommes déterminées à lutter contre toute tentative de remise en question de ce droit fondamental pour toutes les femmes.
Paris, le 26 novembre 2003

Mouvement Français pour le Planning Familial
Contact : maite.albagly@planning-familial.org
Tél : 01 48 07 29 10

 

du 29/12/2003

SARKO SUR LE NIL : LA LAICITE EXPLIQUEE AUX FONDAMENTALISTES

Devinez où Nicolas Sarkozy a décidé de passer ses fêtes de Noël, en plein débat sur le voile ? En Égypte, magnifique lieu de villégiature accesoirement berceau des Frères musulmans. En effet, il semble que Nicolas Sarkozy vienne de trouver une nouvelle mission, à sa mesure évidemment : expliquer la laïcité aux fondamentalistes égyptiens. Il remettra dès le 29 décembre son costume de ministre de l’Intérieur, chargé des Cultes. Au programme de sa visite officielle : un entretien avec
le ministre égyptien des Affaires étrangères et avec l’imam de la mosquée Al Azhar au Caire, cheikh TANTAOUI.

Le cheik TANTAOUI n'est pas n'importe qui. Il a notamment approuvé une fatwa du Centre de recherche islamique de l'université Al-Azhar appelant au Jihad. Celle-ci stipulait notamment que «conformément à la raison et à la loi musulmane, si l'ennemi attaque la terre des musulmans, le djihad devient un impératif religieux individuel pour tous les musulmans, hommes et femmes, car notre nation musulmane serait alors sujette à une nouvelle invasion de croisade visant sa terre, son honneur, sa foi et sa patrie.» Sa thèse rend hommage à Adolphe Hitler et lorsqu'il accorde un entretien à un site français c'est à Radio islam, le site qui appelait à voter Le Pen aux dernières élections et qui diffuse les Protocoles des Sages de Sion, pour les enjoindre à lutter contre le sionisme en France.

En pleine polémique sur le voile islamique, alors que de Beyrouth à Téhéran, les fondamentalistes musulmans dénoncent la loi sur la laïcité, manifestent devant les ambassades et les consulats de France et demandent à Jacques Chirac de faire marche arrière, cette visite est lourde de signification. Le ministère de l’Intérieur s’attache à dédramatiser. « Il est naturel que le ministre des Cultes rencontre son homologue ». Curieuse explication que celle qui consiste à faire d’un dignitaire religieux étranger l’équivalent d’un ministre chargé des Cultes, même si nous n'avons jamais douté que, dans son empressement habituel, Nicolas Sarkozy soit capable de se prendre pour
un gourou...

La visite de Nicolas Sarkozy a été préparée au plus haut niveau : le ministre de l’Intérieur et le Président de la République se sont vus à ce sujet il y a quelques jours. Mieux : Cheikh Tantaoui a reçu l’ambassadeur de France en Egypte. Il lui aurait assuré que la loi sur la laïcité est « une affaire française ». Pourquoi alors le gouvernement français éprouve-t-il le besoin d’aller d'une loi française avec les représentants et les dignitaires religieux égyptiens ?

Selon le ministère de l’Intérieur, l’entretien devrait porter sur la loi sur l’interdiction des signes religieux et… sur la composition du Conseil français du Culte musulman ! On avait pourtant cru comprendre que l’objectif de Nicolas Sarkozy était d’aider à l’émergence d’un islam de France, coupé de toute influence étrangère. Ce qui était déjà mal engagé avec en son sein une organisation islamiste liée aux Frères musulmans comme l'UOIF. Décidémment, le ministre ne sembler jamais prendre le temps de tirer les leçons de ses erreurs.

 

JEB BUSH INAUGURE LA PREMIER PRISON RELIGIEUSE AUX USA

Jeb Bush, frère de George W. Bush et gouverneur républicain de l'Etat de Floride, a inauguré mercredi la première prison religieuse aux Etats-Unis, en déclarant à quelque 800 prisonniers de l'établissement que la religion pouvait les aider à ne pas récidiver. En plus des habituelles sessions de prières, l'institution correctionnel de la ville de Lawtey (Floride) va ainsi proposer à ses détenus des études religieuses, une chorale, du conseil offert par des religieux et d'autres activités spirituelles sept jours sur sept.
La participation à ce programme religieux est volontaire et les prisonniers ont la possibilité de demander à être transférés ailleurs. Mercredi, Jeb Bush a salué les prisonniers -représentant 26 religions et croyances diverses- pour s'être engagés face à "une autorité supérieure". "Ce n'est pas simplement une politique douce, c'est une politique sérieuse", a-t-il déclaré à la foule, faisant référence à ceux qui "sont sceptiques face à cette initiative". "Je suis fier que la Floride accueille la première prison religieuse des Etats-Unis."
Durant la cérémonie d'inauguration, certains prisonniers ont applaudi en rythme un chant de gospel tandis que d'autres criaient "Amen".
Les détenus de cet établissement carcéral du nord de Floride ont été informés il y a un mois que la prison allait être transformé en une institution fondée sur la religion. C'est alors que 111 prisonniers ont demandé à être transférés dans d'autres établissements, mais des prisonniers volontaires venus d'autres prisons ont rapidement pris leurs places.
Jeb Bush et les responsables de la Floride espèrent que ce programme religieux permettra aux détenus de ne pas récidiver après leur libération de prison.
Le gouverneur de la Floride a noté mercredi qu'environ 38% des prisonniers libérés dans cet Etat retournaient en prison. "Ne serait-il pas mieux si l'on trouvait une façon de faire baisser ces 38% vers 0%, pour votre famille et votre communauté?", a demandé Jeb Bush sous les applaudissements.
Howard Simon, le directeur de l'Union des libertés civiles (ACLU) de Floride a qualifié la création de cette prison d'"épreuve de force constitutionnelle de taille", notamment du point de vue du financement par le gouvernement des programmes religieux.

Source AP


du 22/12/03

MANIFS PRO-VOILE : ce que nous avons vu...

Plusieurs manifestations pro-voile ont eu lieu depuis le discours de Chirac. Si le président de la République avait eu le courage d'annoncer une loi rétablissant réellement la laïcité (interdisant les signes religieux mais aussi l'enseignement de la religion catholique et protestante pendant les heures de cours dans certains départements) au lieu de donner le sentiment d'une loi uniquement anti-voile, nous aurions sans aucun doute assisté à des manifestations co-organisées par des intégristes chrétiens et musulmans (ce qui aurait le mérite d'être clair), tandis que les rassemblements pro-voile peuvent donner le sentiment de réagir à une forme de racisme. En apparence en tout cas, car il suffit de les observer de près pour ne pas douter de leur inspiration intégriste. Comme les manifestations anti-PaCS, les efforts pour apparaître de façon festive (comme les voiles tricolores) ne doivent pas nous tromper sur les intentions réelles des organisateurs...

A Strasbourg, samedi 20, on a pu voir 800 personnes défiler à l'appel le Parti musulman de France de Latrèche. Ce chiffre est impressionnant pour qui ne connaît pas les méthodes de cette organisation islamiste, habituée à faire venir des cars de militants depuis l'Allemagne pour gonfler les rangs de ses manifestants. En réalité, le PMF basé à Strasbourg est un groupuscule - dont les listes aux élections locales n'ont jamais dépassé les 0,5%. A l'occasion de la manifestation, le PMF a expliqué qu'une loi risquait de "légitimer et banaliser l'islamophobie" au nom d'un "laïcisme brutal et violent".

A Paris, ce sont près de 3000 personnes qui ont manifesté le dimanche 21 de République à Bastille. Très fortement encadrées par des militants barbus de l'UOIF (qui n'appelait pas officiellement à la manif mais dont le site a servi de relais pour l'appel), les femmes voilées ont eu du mal au départ à se faire entendre. Il a fallu plusieurs rappel à l'ordre des organisatrices officielles (un groupe d'appoint de jeunes filles) pour les voir en tête du cortège. Elles ont en effet plusieurs fois exigé que "les frères laissent passer les soeurs". En dehors de quoi, chaque fois qu'une femme voilée prenait la pose devant les photographes avec une pancarte, un groupe d'hommes barbus se mettaient entre elle et les journalistes pour la masquer... Il a fallu à chaque fois que des filles interviennent et leur demande de se pousser.

Les manifestants se sont dirigés vers la place de la Bastille en chantant "La Marseillaise", ou en criant de nombreux slogans tels que "France bien-aimée, où est ma liberté?", "Mon voile, ma voix", "Le voile, mon choix", "Ni frère ni père: le foulard, on l'a choisi", ou encore "Chirac, Sarkozy : le voile, on l'a choisi". Parmi les slogans on pouvait lire : "Française, musulmane et fière de l'être", "Touche pas à mon voile", pouvait-on lire sur des banderoles, ou encore: "J'aurais voté Le Pen, je ne serais pas surprise aujourd'hui". Des slogans plutôt bien pensés, portés par des jeunes femmes visiblement heureuses de pouvoir s'exprimer. Comment s'en étonner ? Le militantisme antiféministe a toujours été une formidable voie d'émancipation pour certaines femmes puisqu'il permet d'exprimer sa révolte sans fâcher les hommes, au contraire. Mais cette révolte a ses limites et elle contraste terriblement avec la réalité de certains voiles. En effet, comment croire que le "voile est un choix" en voyant plusieurs petites filles de moins de cinq ans voilées participaient à cette manifestation !

De quoi méditer cet avertissement lancé par le plus célèbre des poètes arabes, Adonis, dans un article paru il y a quelques mois dans "Al Hayat" : "Certains prétendent que la femme musulmane en Occident choisit le voile, et qu'elle est seule à décider de le porter, en toute liberté. C'est là un argument qui demanderait à être longuement discuté. Mais lorsqu'on voit à Paris, par exemple, des
petites filles voilées qui n'ont pas plus de quatre ans, peut-on vraiment prétendre qu'elles portent le voile par leur seule volonté ? "

L'une d'elle, assise sur une voiture à pédales, tirée par son père (habillé à l'afghane), était un peu la mascotte de la manifestation. Une forme de rappel à l'ordre pour ceux qui se laisseraient troubler par les deux ou trois voiles bleu-blanc-rouge. D'autant que certaines femmes portaient le niqab saoudien (un voile intégrale ne laissant voir que les yeux). On pouvait aussi voir beaucoup de voiles prolongés par des gants noirs en cuir. Côté hommes, ce fût plutôt des jellabas classiques, quelques turbans talibans et surtout beaucoup de barbes. Vers 15h30, un groupe d'une dizaine de ces hommes ont quitté la manifestation pour s'installer sur la terrasse d'un restaurant fermé, boulevard des Filles du Calvaire, afin d'improviser une prière (qui aurait du avoir lieu a 14h40 !).

Parmi les femmes non voilées soutenant la manifestation, notons la participation de Ginette Skandrani. Elle préside l'association de la Pierre et l'Olivier qui, sous prétexte de solidarité avec la cause palestinienne, ne montre aucune gène à participer aux rassemblements du parti des musulmans de France pro-Le Pen ni à ceux du révisionnistes Serge Thion. On pouvait aussi voir quelques membres du Collectif des musulmans de France (la nouvelle association qui promeut Tariq Ramadan), ainsi que Tarek Kawtari, dirigeant du MIB (Mouvement de l'immigration et des banlieues).

Pierre Tévanian ou la gauche pro-voile

On savait déjà Pierre Tévanian suffisamment peu féministe pour avoir rédigé un texte odieux sur le "féminisme à visage inhumain" (parce qu'anti-voile !) ayant trôné tout l'été à la une du site de l'UOIF. On le savait suffisamment proche du MIB (Mouvement de l'Immigration et des Banlieues de plus en plus séduit par Tariq Ramadan) pour avoir initié la pétition "Oui au foulard dans l'école laïque" parue sous ce titre dans Libération avant l'été, pour avoir organisé une manifestation de soutien aux soeurs Lévy, et pour avoir déclaré la guerre à ce qu'il appelle l'"islamophobie" des "croisés d'une laïcité qui exclut" (sic).

Après Ni putes ni soumises, Sami Naïr, Malek Boutih, Elisabeth Roudinesco ou encore Patrick Weil (tous pris pour cibles sur son site "Les Mots sont importants"), ProChoix figurait visiblement sur son agenda... A croire que tous les enemis de Tariq Ramadan ou de l'UOIF sont aussi les siens, il nous a harcellé pendant des mois afin que nous publions un texte de son cru (d'une cinquantaine de pages), un interminable procès d'intention en"islamophobie" de la revue sous prétexte de refuser une loi contre le voile.

Peu méfiantes au début, nous lui avons proposé un entretien croisé avecCaroline Fourest. Après avoir fait mine d'accepter, il a ensuite prétendu que nous n'avions rien compris et exigé que Prochoix publie son texte in extenso (30 pages !), sans les réponses de Caroline Fourest. Naïves, nous étions prêtes à accepter à la condition que son texte soit réduit à 10 pages mais devant l'obstination de Pierre Tévanian à vouloir faire paraître un texte utilisant les mêmes procédés et les mêmes termes que les islamistes contre les militants laïques, nous avons préféré publier d'autres textes, reflétant eux aussi une position hostile à une loi contre le voile mais de façon plus constructive (comme un entretien avec Farhad Khosrokhavar ou un texte d'Alain Lipietz).

Furieux, Pierre Tévanian nous fustige désormais sur son site web, où pas un jour ne passe sans qu'il ponde un article injurieux et souvent mensonger à l'égard de ProChoix ou de Caroline Fourest, à qui il reproche surtout d'avoir destabilisé Tariq Ramadan sur le plateau de Campus. Ce qui en fait à ses yeux, l'une des "bourgeoi-se-s blanc-he-s" représentante "la fraction blanche" du plateau (sic). En effet, aux yeux de Tévanian, la laïcité exigente est une valeur occidentale qu'il n'est jamais loin de considérer comme une valeur coloniale et les militants laïques n'ont en réalité qu'un seul objectif : "la défense de l'Occident" et le choc des civilisations, même lorsqu'il dénoncent justement ce Choc des civilisation et la stigmatisation imbécile de l'islam au profit d'une critique de toutes les religions et de tous les intégrismes (comme l'a fait Caroline Fourest sur le plateau de Campus).

A noter, Pierre Tévanian passe aussi une grande partie de son temps à tanner les militants de l'Émancipation, une organisation laïque essentielle, pour qu'ils fléchissent sur la question du voile ou qu'au mieux ils se taisent. Encore un contre-pouvoir en moins face aux islamistes. Heureusement, il existe des militants de l'Émancipation suffisamment aguerris pour lui résister mais comme à ProChoix (où Tévanian a fait exploser le comité de rédaction depuis l'extérieur), il risque de les épuiser un moment...

 

du 10/12/03

Sortie du n°26/27 : "Islamophobes ... ou simplement LAÏQUES ?"

Le prochoix n°26/27 vient de sortir sous le titre : "Islamophobes ... ou simplement laiques ?". C'est un numéro double de 296 pages. Vous pouvez le trouver dans les bonnes librairies ou sur abonnement (45 euros par an par cheque à Prochoix, 177 av Ledru rollin 75011 paris)

ISLAMOPHOBES ou simplement LAIQUES ?

- Comité éditorial : Nos divergences ne sont pas des dérives
- Caroline Fourest & Fiammetta Venner : Islamophobie ?
- Pascal Hilout : Islamophobie ou peur des islamistes ?
- Anakin : Gay et musulman... donc islamophobe ?
- Irshad Manji : Mon problème avec l’islam
- Samia Labidi : Parole d’athée. Halte à la discrimination !
- Goli Afshar : L’”Islamophobie” vue d’Iran
- Caroline Fourest : "Le Monde" à l’envers. À propos des convictions
anti-laïques diffusées par H. Tincq et X. Ternisien

L'AGENDA DE TARIQ RAMADAN

- Bernard Cassen : Islam et alter-mondialisme
- Pierre Khalfa Le défi de l’universel
- Farouk Mansouri & H. Michelini-Beldjoudi Tariq Ramadan ou la guerre des
mondes
- CFAl : Une altermondialisation féministe et laïque est-elle possible avec
T. Ramadan
- F. Lalem, C. Chafiq et M. Surduts : Ramadan : antiféministe !

L'ENJEU DU DÉBAT SUR LA LAICITÉ A L'ÉCOLE

- Aline Baïf : Deux commissions : pour quel projet ?
- Philippe Darriulat : Voile : nos raisons
- Mrap Marseille : La base du Mrap résiste
- Alain Lipietz : Le débat sur le foulard ...
- Cécile Daumas : Entretien avec Farhad Khosrokhavar
- Catherine Deudon : Voile sur le dos des femmes
- Collectif national de Femmes solidaires Non au voile et à son projet de
société
- AIME : Aujourd’hui le voile. Et demain ?
- Lola Devolder : Pour que tous les chemins ne mènent plus à Rome (ni
ailleurs)
- Jeanne Favret-Saada : 2000 : du cathé au Capes
- Anne Marquis : Impossible de décrocher le crucifix de ma classe
- Hervé Pritrsky : En tant que directeur...
- Hakima Laala-Hafdane : Ce signe distinctif religieux dans le travail
social
- Anne Hermanus : Europe. Ta constitution fout le camp !

ENQUETES ET DÉCRYPTAGES

- Daniel Borrillo : La théologie de l’intolérance
- Vanessa Flahault : Homosexualité : la nouvelle croisade du Vatican
- Leïla Benyassine : Chronique d’une réforme annoncée
- Femmes du Maroc : Les innovations introduites par la réforme de la
Moudawana
- N. Une vie entre parenthèses (à propos des mariages forcés)
- Anne-Laure Vernet : Le corps en otage
- Flora Bolter : Le retour de la contestation
- Vanessa Flahault : L’affaire Humbert va-t-elle enfin relancer le débat sur
l’euthanasie ?

ON A VU / ON A LU / ON EN PARLE

- L’enquête Enveff (sur les violences faites aux femmes)
- Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes - Le rapport de Sos
Homophobie - Liberté, égalité, sexualité - Karim, mon frère ex-intégriste et
terroriste - Qu’est-ce que la laïcité ?

NEWS


Mort d’un travesti à Nancy - La clémence US pour le terrorisme prolife -
Rentrée scolaire anti-laïque - Russie : restriction au droit à l’avortement
- Ramadan vs Sarkozy ?...

 

ANTOINE SFEIR RÉPOND AUX MENSONGES DE TARIQ RAMADAN

Dans l’émission CAMPUS du jeudi 4 décembre 2003, Monsieur Tariq Ramadan a affirmé avoir gagné tous ses procès, y compris celui intenté contre Antoine SFEIR .


IL S’AGIT D’UNE CONTRE VÉRITÉ ÉVIDENTE.

En date du 22 mai 2003 la 7è chambre de la Cour d‘Appel de Lyon jugeant correctionnellement a débouté Monsieur Tariq Ramadan de son appel contre le jugement qui avait relaxé Monsieur Antoine SFEIR de l’infraction de diffamation publique par les motifs qui méritent d’être soulig nés ;
Monsieur SFEIR avait dans un entretien accordé au mensuel Lyon Mag‘ déclaré que : Monsieur Tariq Ramadan « est un orateur habile (…) un fondamentaliste charmeur qui est un spécialiste du double langage ».
Monsieur SFEIR avait également soutenu : « (…) Tous ces islamistes qui militent contre l’intégration, c’est une véritable "bombe à retardement" ».
S’estimant lésé dans son honneur et sa considération, Monsieur Ramadan a porté l’affaire devant la Justice lyonnaise. Par jugement en date du 19 décembre 2002, le TGI de Lyon a prononcé la relaxe de Monsieur SFEIR. Cette décision a été confirmée en appel par des motifs péremptoires.

La Cour d’appel a estimé de façon catégorique, après avoir procédé à une analyse judicieuse des circonstances, de fait en l’espèce, « qu’il ressort seulement des propos d’Antoine SFEIR que les discours de la partie civile peuvent exercer une influence sur les jeunes islamistes et constituer un facteur incitatif pouvant les conduire à rejoindre des partisans d’actions violentes ;(…) que laisser entendre que, par ses discours Tariq RAMADAN peut porter une responsabilité, peut-être morale, en faisant naître dans certains esprits une vocation terroriste ou en confortant d’autres dans leur résolution à suivre une telle ligne de conduite, correspond à l’expression, naturelle et admissible dans une démocratie, d’une critique des prises de position publiques de la partie civile sur des sujets et des faits de société ; (…) que l’interview donnée par Antoine SFEIR (…) ne comporte pas d’allégation ni d’imputation de faits mais exprime en réalité une opinion critique qui, formulée dans un contexte marqué par de graves attentats terroristes, n’apparaît pas disproportionnée eu égard au but d’information poursuivi et à l’effet recherché de susciter les interrogations et la réflexion qu’appelait le sujet traité » .

…/…

Par sa décision, la Cour d’appel ne fait que rappeler le libre droit de critique et la liberté d’opinion et d’expression, rejoignant ainsi la position de la Cour Européenne des Droits de l’homme, principe qui demeure un des piliers fondamentaux de notre société démocratique.

Cette décision qui donne pleine et entière satisfaction à Monsieur Antoine SFEIR, dont la crédibilité est ainsi totalement réhabilitée, concerne, au-delà du cas d’espèce, tous les journalistes, auteurs et écrivains. Elle ne doit pas, à ce titre, passer inaperçue.

du 8/12/03

Régularisons les sans-papiers et expulsons les intégristes !


Un groupe de Sans Papiers vient d'investir l'église de St Nicolas du Chardonnet, elle même occupée illégalement depuis 25 ans par les intégristes catholiques.
Au fil des ans, l'Église est devenue le symbole de la résistance à Vatican II. Les militants lefevristes s'y réunissent pour écouter la messe en latin. Les femmes sont même priées de s'y rendre voilées, en "signe de sujétion".
Le curé de St Nicolas ne manquant jamais de rappeler ce fameux épitre de St-Paul : "Dieu est le chef de l'homme et l'homme est le chef de la femme". La question qui se pose est de savoir qui la préfecture va-t-elle expulser ? Les intégristes lefèvristes ou les sans papiers ? ProChoix a choisi : régularisons les sans-papiers et expulsons les
intégristes !

Pour info voici l'article que nous avions publié en décembre 1999, dans ProChoix n°12, concernant le squatt illégal de cette église par les intégristes catholiques.


>>> Le squatt de Saint-Nicolas du Chardonnet

Tous les antifascistes connaissent Saint-Nicolas du Chardonnet, cette Eglise parisienne à deux pas de la Mutualité où les catholiques traditionnalistes se donnent rendez-vous pour résister à Vatican II, écouter des messes en latin devant un parterre de femmes voilées. Ce que tout le monde a oublié, c’est que cette Eglise est occupée à la suite d’un coup de force parfaitement illégal et que seul le laissez-faire de l’Etat permet aux intégristes catholiques de conserver leur quartier général. Tout le monde sauf un sénateur, monsieur Dreyfus-Schmidt, bien décidé à dénoncer le caractère parfaitement illégal de cette occupation.. Dans une question écrite adressée au ministre de l’intérieur le 24 juin dernier, il rappelle comment, le 24 février 1977, un groupuscule d’intégristes catholiques s’était introduit dans l’édifice pour en expulser manu militari l’occupant d’alors, l’abbé Pierre Bellego. A l’époque, l’instance judiciaire saisie avait constaté que “la situation de fait qui lui était soumise révélait l’existence d’un trouble manifestement illicite et constitutive d’une voie de fait à laquelle il était urgent de mettre fin” (CA, Paris, 13 juillet 1977). Or, fait remarquer le sénateur Dreyfus-Schmidt, “à ce jour, la décision reste lettre morte”. Le 8 juillet 1978, un parlementaire s’était déjà interrogé sur la non-exécution du jugement. Le ministre de l’intérieur d’alors, monsieur Christian Bonnet avait fait cette réponse : “L’évacuation de l’Eglise (...) a été différée en raison des troubles à l’ordre public que risquerait d’entraîner cette opération”. Une évaluation de la situation avait en effet été confiée à un médiateur désigné par le Tribunal de grande instance le 1er avril 1977. Or devinez qui a été chargé d’élaborer les modalités d’évacuation des lieux ? Jean Guitton en personne. Membre de l’Académie française mais aussi admirateur du Maréchal Pétain et proche des catholiques lefévristes (voir ProChoix N°10) ! Surprise, dans son rapport, Jean Guitton avait mis en avant que “la mesure d’expulsion présenterait des difficultés particulières tenant au fait que l’Eglise est un lieu public qui doit rester accessible à tous, prêtres ou laïcs, paroissiens ou non, pour la pratique de leur religion, aux heures normales d’ouverture”. Comme si les troupes de l’ordre s’étaient embarrassées de pareilles considérations lorsqu’ils ont attaqué à la hache la porte de l’Eglise Saint-Bernard pour embarquer des sans-papiers !
Refusant obstinément d’évacuer Saint-Nicolas du Chardonnet, l’Etat s’est vu condamné le 12 octobre 1982 à verser une indemnité de 15 000 F à l’abbé illégalement dépossédé de son Eglise. Autrement dit, l’Etat a fait supporter aux contribuables les conséquences de sa volonté de désobéir à la loi en protégeant les intégristes catholiques d’une quelconque expulsion. On rêve ! Le Pape, qui n’a pas la même patience, a lui excommunié les occupants de Saint-Nicolas le 2 juillet 1988. Plus que jamais, l’Etat s’est donc retrouvé hors la loi en laissant des intégristes squatter un lieu de culte devant être “exclusivement réservé aux prêtres et aux fidèles qui veulent y pratiquer leur religion en se soumettant aux préceptes de l’Eglise catholique” (ce qui n’est plus le cas depuis leur excommunication), comme le précise l’article 5, paragraphe 1er de la loi du 2 janvier 1907.

On comprend que le sénateur Dreyfus-Schmidt ait trouvé matière à s’interroger : “Dans un Etat de droit, ce qui trouble l’ordre public, n’est-ce pas l’inexécution d’un ordre de justice et non son exécution? N’y a-t-il pas lieu en conséquence pour l’Etat de faire en sorte que force reste à la loi et que le contribuable ne soit pas exposé à payer une nouvelle fois des impôts correspondant au dédommagement du légitime occupant ?” La question semble tellement avoir embarrassé en haut lieu qu’il a fallu une seconde question écrite, le 21 octobre, pour obtenir une réponse de Jean-Pierre Chevénement. Elle est parue au Journal officiel le 4 novembre.
Après avoir confirmé les faits, Jean-Pierre Chevénement s’est contenté de reprendre l’argument du ministre Bonnet, à savoir que “la permanence des risques de troubles pour l’ordre public que pourrait susciter une expulsion avec le concours de la force publique justifie encore à ce jour l’inexécution de l’arrêt”. Et le ministre de l’intérieur d’ajouter : “il convient de rappeler que l’administration, sauf à méconnaître le principe de la laïcité de l’Etat, ne saurait s’immiscer dans des litiges opposant des tendances ou des mouvements religieux, en vertu de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, en dehors du cas, qui n’est pas ici en cause, où il s’agit de déterminer quel est l’affectataire légitime de l’édifice du culte”.

POUR EN SAVOIR + SUR ST NICOLAS DU CHARDONNET, lire :
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du 6/12/03

La mission Debré sur les signes religieux veut légiférer sur tout.. sauf sur l'Alsace-Moselle !

La mission parlementaire conduite par Jean-Louis Debré sur les signes religieux à l'école, dont l'avis devrait être plus suivi que celui de la Commission Stasi (davantage chargée d'organiser le débat public) vient de rendre son rapport, approuvé "à la quasi unanimité" de ses membres.

PARMI LES BONS POINTS, elle propose une "disposition législative", comprenant un article unique à introduire dans le code de l'Education, visant &agr