SARKO SUR LE NIL : LA
LAICITE EXPLIQUEE AUX FONDAMENTALISTES
Devinez où Nicolas Sarkozy a décidé de passer ses
fêtes de Noël, en plein débat sur le voile ? En Égypte,
magnifique lieu de villégiature accesoirement berceau des Frères
musulmans. En effet, il semble que Nicolas Sarkozy vienne de trouver une
nouvelle mission, à sa mesure évidemment : expliquer la
laïcité aux fondamentalistes égyptiens. Il remettra
dès le 29 décembre son costume de ministre de lIntérieur,
chargé des Cultes. Au programme de sa visite officielle : un entretien
avec
le ministre égyptien des Affaires étrangères et avec
limam de la mosquée Al Azhar au Caire, cheikh TANTAOUI.
Le cheik TANTAOUI n'est pas n'importe qui.
Il a notamment approuvé une fatwa du Centre de recherche islamique
de l'université Al-Azhar appelant au Jihad. Celle-ci stipulait
notamment que «conformément à la raison et à
la loi musulmane, si l'ennemi attaque la terre des musulmans, le djihad
devient un impératif religieux individuel pour tous les musulmans,
hommes et femmes, car notre nation musulmane serait alors sujette à
une nouvelle invasion de croisade visant sa terre, son honneur, sa foi
et sa patrie.» Sa thèse rend hommage à Adolphe Hitler
et lorsqu'il accorde un entretien à un site français c'est
à Radio islam, le site qui appelait à voter Le Pen aux dernières
élections et qui diffuse les Protocoles des Sages de Sion, pour
les enjoindre à lutter contre le sionisme en France.
En pleine polémique sur le voile
islamique, alors que de Beyrouth à Téhéran, les fondamentalistes
musulmans dénoncent la loi sur la laïcité, manifestent
devant les ambassades et les consulats de France et demandent à
Jacques Chirac de faire marche arrière, cette visite est lourde
de signification. Le ministère de lIntérieur sattache
à dédramatiser. « Il est naturel que le ministre des
Cultes rencontre son homologue ». Curieuse explication que celle
qui consiste à faire dun dignitaire religieux étranger
léquivalent dun ministre chargé des Cultes,
même si nous n'avons jamais douté que, dans son empressement
habituel, Nicolas Sarkozy soit capable de se prendre pour
un gourou...
La visite de Nicolas Sarkozy a été
préparée au plus haut niveau : le ministre de lIntérieur
et le Président de la République se sont vus à ce
sujet il y a quelques jours. Mieux : Cheikh Tantaoui a reçu lambassadeur
de France en Egypte. Il lui aurait assuré que la loi sur la laïcité
est « une affaire française ». Pourquoi alors le gouvernement
français éprouve-t-il le besoin daller d'une loi française
avec les représentants et les dignitaires religieux égyptiens
?
Selon le ministère de lIntérieur,
lentretien devrait porter sur la loi sur linterdiction des
signes religieux et sur la composition du Conseil français
du Culte musulman ! On avait pourtant cru comprendre que lobjectif
de Nicolas Sarkozy était daider à lémergence
dun islam de France, coupé de toute influence étrangère.
Ce qui était déjà mal engagé avec en son sein
une organisation islamiste liée aux Frères musulmans comme
l'UOIF. Décidémment, le ministre ne sembler jamais prendre
le temps de tirer les leçons de ses erreurs.
JEB BUSH
INAUGURE LA PREMIER PRISON RELIGIEUSE AUX USA
Jeb Bush, frère de George W. Bush et gouverneur républicain
de l'Etat de Floride, a inauguré mercredi la première prison
religieuse aux Etats-Unis, en déclarant à quelque 800 prisonniers
de l'établissement que la religion pouvait les aider à ne
pas récidiver. En plus des habituelles sessions de prières,
l'institution correctionnel de la ville de Lawtey (Floride) va ainsi proposer
à ses détenus des études religieuses, une chorale,
du conseil offert par des religieux et d'autres activités spirituelles
sept jours sur sept.
La participation à ce programme religieux est volontaire et les
prisonniers ont la possibilité de demander à être
transférés ailleurs. Mercredi, Jeb Bush a salué les
prisonniers -représentant 26 religions et croyances diverses- pour
s'être engagés face à "une autorité supérieure".
"Ce n'est pas simplement une politique douce, c'est une politique
sérieuse", a-t-il déclaré à la foule,
faisant référence à ceux qui "sont sceptiques
face à cette initiative". "Je suis fier que la Floride
accueille la première prison religieuse des Etats-Unis."
Durant la cérémonie d'inauguration, certains prisonniers
ont applaudi en rythme un chant de gospel tandis que d'autres criaient
"Amen".
Les détenus de cet établissement carcéral du nord
de Floride ont été informés il y a un mois que la
prison allait être transformé en une institution fondée
sur la religion. C'est alors que 111 prisonniers ont demandé à
être transférés dans d'autres établissements,
mais des prisonniers volontaires venus d'autres prisons ont rapidement
pris leurs places.
Jeb Bush et les responsables de la Floride espèrent que ce programme
religieux permettra aux détenus de ne pas récidiver après
leur libération de prison.
Le gouverneur de la Floride a noté mercredi qu'environ 38% des
prisonniers libérés dans cet Etat retournaient en prison.
"Ne serait-il pas mieux si l'on trouvait une façon de faire
baisser ces 38% vers 0%, pour votre famille et votre communauté?",
a demandé Jeb Bush sous les applaudissements.
Howard Simon, le directeur de l'Union des libertés civiles (ACLU)
de Floride a qualifié la création de cette prison d'"épreuve
de force constitutionnelle de taille", notamment du point de vue
du financement par le gouvernement des programmes religieux.
Source
AP
du 22/12/03
MANIFS PRO-VOILE : ce
que nous avons vu... Plusieurs manifestations pro-voile ont eu lieu depuis le discours
de Chirac. Si le président de la République avait eu le
courage d'annoncer une loi rétablissant réellement la laïcité
(interdisant les signes religieux mais aussi l'enseignement de la religion
catholique et protestante pendant les heures de cours dans certains départements)
au lieu de donner le sentiment d'une loi uniquement anti-voile, nous aurions
sans aucun doute assisté à des manifestations co-organisées
par des intégristes chrétiens et musulmans (ce qui aurait
le mérite d'être clair), tandis que les rassemblements pro-voile
peuvent donner le sentiment de réagir à une forme de racisme.
En apparence en tout cas, car il suffit de les observer de près
pour ne pas douter de leur inspiration intégriste. Comme les manifestations
anti-PaCS, les efforts pour apparaître de façon festive (comme
les voiles tricolores) ne doivent pas nous tromper sur les intentions
réelles des organisateurs...
A Strasbourg, samedi 20, on a pu voir 800
personnes défiler à l'appel le Parti musulman de France
de Latrèche. Ce chiffre est impressionnant pour qui ne connaît
pas les méthodes de cette organisation islamiste, habituée
à faire venir des cars de militants depuis l'Allemagne pour gonfler
les rangs de ses manifestants. En réalité, le PMF basé
à Strasbourg est un groupuscule - dont les listes aux élections
locales n'ont jamais dépassé les 0,5%. A l'occasion de la
manifestation, le PMF a expliqué qu'une loi risquait de "légitimer
et banaliser l'islamophobie" au nom d'un "laïcisme brutal
et violent".
A Paris, ce sont près de 3000 personnes
qui ont manifesté le dimanche 21 de République à
Bastille. Très fortement encadrées par des militants barbus
de l'UOIF (qui n'appelait pas officiellement à la manif mais dont
le site a servi de relais pour l'appel), les femmes voilées ont
eu du mal au départ à se faire entendre. Il a fallu plusieurs
rappel à l'ordre des organisatrices officielles (un groupe d'appoint
de jeunes filles) pour les voir en tête du cortège. Elles
ont en effet plusieurs fois exigé que "les frères laissent
passer les soeurs". En dehors de quoi, chaque fois qu'une femme voilée
prenait la pose devant les photographes avec une pancarte, un groupe d'hommes
barbus se mettaient entre elle et les journalistes pour la masquer...
Il a fallu à chaque fois que des filles interviennent et leur demande
de se pousser.
Les manifestants se sont dirigés
vers la place de la Bastille en chantant "La Marseillaise",
ou en criant de nombreux slogans tels que "France bien-aimée,
où est ma liberté?", "Mon voile, ma voix",
"Le voile, mon choix", "Ni frère ni père:
le foulard, on l'a choisi", ou encore "Chirac, Sarkozy : le
voile, on l'a choisi". Parmi les slogans on pouvait lire : "Française,
musulmane et fière de l'être", "Touche pas à
mon voile", pouvait-on lire sur des banderoles, ou encore: "J'aurais
voté Le Pen, je ne serais pas surprise aujourd'hui". Des
slogans plutôt bien pensés, portés par des jeunes
femmes visiblement heureuses de pouvoir s'exprimer. Comment s'en étonner
? Le militantisme antiféministe a toujours été une
formidable voie d'émancipation pour certaines femmes puisqu'il
permet d'exprimer sa révolte sans fâcher les hommes, au contraire.
Mais cette révolte a ses limites et elle contraste terriblement
avec la réalité de certains voiles. En effet, comment croire
que le "voile est un choix" en voyant plusieurs petites filles
de moins de cinq ans voilées participaient à cette manifestation
!
De quoi méditer cet avertissement
lancé par le plus célèbre des poètes arabes,
Adonis, dans un article paru il y a quelques mois dans "Al Hayat"
: "Certains prétendent que la femme musulmane en Occident
choisit le voile, et qu'elle est seule à décider de le porter,
en toute liberté. C'est là un argument qui demanderait à
être longuement discuté. Mais lorsqu'on voit à Paris,
par exemple, des
petites filles voilées qui n'ont pas plus de quatre ans, peut-on
vraiment prétendre qu'elles portent le voile par leur seule volonté
? "
L'une d'elle, assise sur une voiture à
pédales, tirée par son père (habillé à
l'afghane), était un peu la mascotte de la manifestation. Une forme
de rappel à l'ordre pour ceux qui se laisseraient troubler par
les deux ou trois voiles bleu-blanc-rouge. D'autant que certaines femmes
portaient le niqab saoudien (un voile intégrale ne laissant voir
que les yeux). On pouvait aussi voir beaucoup de voiles prolongés
par des gants noirs en cuir. Côté hommes, ce fût plutôt
des jellabas classiques, quelques turbans talibans et surtout beaucoup
de barbes. Vers 15h30, un groupe d'une dizaine de ces hommes ont quitté
la manifestation pour s'installer sur la terrasse d'un restaurant fermé,
boulevard des Filles du Calvaire, afin d'improviser une prière
(qui aurait du avoir lieu a 14h40 !).
Parmi les femmes non voilées soutenant
la manifestation, notons la participation de Ginette Skandrani. Elle préside
l'association de la Pierre et l'Olivier qui, sous prétexte de solidarité
avec la cause palestinienne, ne montre aucune gène à participer
aux rassemblements du parti des musulmans de France pro-Le Pen ni à
ceux du révisionnistes Serge Thion. On pouvait aussi voir quelques
membres du Collectif des musulmans de France (la nouvelle association
qui promeut Tariq Ramadan), ainsi que Tarek Kawtari, dirigeant du MIB
(Mouvement de l'immigration et des banlieues).
Pierre
Tévanian ou la gauche pro-voile
On savait déjà Pierre Tévanian suffisamment peu féministe
pour avoir rédigé un texte odieux sur le "féminisme
à visage inhumain" (parce qu'anti-voile !) ayant trôné
tout l'été à la une du site de l'UOIF. On le savait
suffisamment proche du MIB (Mouvement de l'Immigration et des Banlieues
de plus en plus séduit par Tariq Ramadan) pour avoir initié
la pétition "Oui au foulard dans l'école laïque"
parue sous ce titre dans Libération avant l'été,
pour avoir organisé une manifestation de soutien aux soeurs Lévy,
et pour avoir déclaré la guerre à ce qu'il appelle
l'"islamophobie" des "croisés d'une laïcité
qui exclut" (sic).
Après Ni putes ni soumises, Sami
Naïr, Malek Boutih, Elisabeth Roudinesco ou encore Patrick Weil (tous
pris pour cibles sur son site "Les Mots sont importants"), ProChoix
figurait visiblement sur son agenda... A croire que tous les enemis de
Tariq Ramadan ou de l'UOIF sont aussi les siens, il nous a harcellé
pendant des mois afin que nous publions un texte de son cru (d'une cinquantaine
de pages), un interminable procès d'intention en"islamophobie"
de la revue sous prétexte de refuser une loi contre le voile.
Peu méfiantes au début, nous
lui avons proposé un entretien croisé avecCaroline Fourest.
Après avoir fait mine d'accepter, il a ensuite prétendu
que nous n'avions rien compris et exigé que Prochoix publie son
texte in extenso (30 pages !), sans les réponses de Caroline Fourest.
Naïves, nous étions prêtes à accepter à
la condition que son texte soit réduit à 10 pages mais devant
l'obstination de Pierre Tévanian à vouloir faire paraître
un texte utilisant les mêmes procédés et les mêmes
termes que les islamistes contre les militants laïques, nous avons
préféré publier d'autres textes, reflétant
eux aussi une position hostile à une loi contre le voile mais de
façon plus constructive (comme un entretien avec Farhad Khosrokhavar
ou un texte d'Alain Lipietz).
Furieux, Pierre Tévanian nous fustige
désormais sur son site web, où pas un jour ne passe sans
qu'il ponde un article injurieux et souvent mensonger à l'égard
de ProChoix ou de Caroline Fourest, à qui il reproche surtout d'avoir
destabilisé Tariq Ramadan sur le plateau de Campus. Ce qui en fait
à ses yeux, l'une des "bourgeoi-se-s blanc-he-s" représentante
"la fraction blanche" du plateau (sic). En effet, aux yeux de
Tévanian, la laïcité exigente est une valeur occidentale
qu'il n'est jamais loin de considérer comme une valeur coloniale
et les militants laïques n'ont en réalité qu'un seul
objectif : "la défense de l'Occident" et le choc des
civilisations, même lorsqu'il dénoncent justement ce Choc
des civilisation et la stigmatisation imbécile de l'islam au profit
d'une critique de toutes les religions et de tous les intégrismes
(comme l'a fait Caroline Fourest sur le plateau de Campus).
A noter, Pierre Tévanian passe aussi
une grande partie de son temps à tanner les militants de l'Émancipation,
une organisation laïque essentielle, pour qu'ils fléchissent
sur la question du voile ou qu'au mieux ils se taisent. Encore un contre-pouvoir
en moins face aux islamistes. Heureusement, il existe des militants de
l'Émancipation suffisamment aguerris pour lui résister mais
comme à ProChoix (où Tévanian a fait exploser le
comité de rédaction depuis l'extérieur), il risque
de les épuiser un moment...
du 10/12/03
Sortie du n°26/27 : "Islamophobes
... ou simplement LAÏQUES ?"
Le prochoix n°26/27 vient de sortir
sous le titre : "Islamophobes ... ou simplement laiques ?".
C'est un numéro double de 296 pages. Vous pouvez le trouver dans
les bonnes librairies ou sur abonnement (45 euros par an par cheque à
Prochoix, 177 av Ledru rollin 75011 paris)
ISLAMOPHOBES ou simplement LAIQUES ?
- Comité éditorial : Nos divergences ne sont pas des dérives
- Caroline Fourest & Fiammetta Venner : Islamophobie ?
- Pascal Hilout : Islamophobie ou peur des islamistes ?
- Anakin : Gay et musulman... donc islamophobe ?
- Irshad Manji : Mon problème avec lislam
- Samia Labidi : Parole dathée. Halte à la discrimination
!
- Goli Afshar : LIslamophobie vue dIran
- Caroline Fourest : "Le Monde" à lenvers. À
propos des convictions
anti-laïques diffusées par H. Tincq et X. Ternisien
L'AGENDA DE TARIQ RAMADAN
- Bernard Cassen : Islam et alter-mondialisme
- Pierre Khalfa Le défi de luniversel
- Farouk Mansouri & H. Michelini-Beldjoudi Tariq Ramadan ou la guerre
des
mondes
- CFAl : Une altermondialisation féministe et laïque est-elle
possible avec
T. Ramadan
- F. Lalem, C. Chafiq et M. Surduts : Ramadan : antiféministe !
L'ENJEU DU DÉBAT SUR LA LAICITÉ A L'ÉCOLE
- Aline Baïf : Deux commissions : pour quel projet ?
- Philippe Darriulat : Voile : nos raisons
- Mrap Marseille : La base du Mrap résiste
- Alain Lipietz : Le débat sur le foulard ...
- Cécile Daumas : Entretien avec Farhad Khosrokhavar
- Catherine Deudon : Voile sur le dos des femmes
- Collectif national de Femmes solidaires Non au voile et à son
projet de
société
- AIME : Aujourdhui le voile. Et demain ?
- Lola Devolder : Pour que tous les chemins ne mènent plus à
Rome (ni
ailleurs)
- Jeanne Favret-Saada : 2000 : du cathé au Capes
- Anne Marquis : Impossible de décrocher le crucifix de ma classe
- Hervé Pritrsky : En tant que directeur...
- Hakima Laala-Hafdane : Ce signe distinctif religieux dans le travail
social
- Anne Hermanus : Europe. Ta constitution fout le camp !
ENQUETES ET DÉCRYPTAGES
- Daniel Borrillo : La théologie de lintolérance
- Vanessa Flahault : Homosexualité : la nouvelle croisade du Vatican
- Leïla Benyassine : Chronique dune réforme annoncée
- Femmes du Maroc : Les innovations introduites par la réforme
de la
Moudawana
- N. Une vie entre parenthèses (à propos des mariages forcés)
- Anne-Laure Vernet : Le corps en otage
- Flora Bolter : Le retour de la contestation
- Vanessa Flahault : Laffaire Humbert va-t-elle enfin relancer le
débat sur
leuthanasie ?
ON A VU / ON A LU / ON EN PARLE
- Lenquête Enveff (sur les violences faites aux femmes)
- Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes - Le rapport de Sos
Homophobie - Liberté, égalité, sexualité -
Karim, mon frère ex-intégriste et
terroriste - Quest-ce que la laïcité ?
NEWS
Mort dun travesti à Nancy - La clémence US pour le
terrorisme prolife -
Rentrée scolaire anti-laïque - Russie : restriction au droit
à lavortement
- Ramadan vs Sarkozy ?...
ANTOINE SFEIR RÉPOND AUX MENSONGES
DE TARIQ RAMADAN
Dans lémission CAMPUS du jeudi 4 décembre
2003, Monsieur Tariq Ramadan a affirmé avoir gagné tous
ses procès, y compris celui intenté contre Antoine SFEIR
.
IL SAGIT DUNE CONTRE VÉRITÉ ÉVIDENTE.
En date du 22 mai 2003 la 7è chambre
de la Cour dAppel de Lyon jugeant correctionnellement a débouté
Monsieur Tariq Ramadan de son appel contre le jugement qui avait relaxé
Monsieur Antoine SFEIR de linfraction de diffamation publique par
les motifs qui méritent dêtre soulig nés ;
Monsieur SFEIR avait dans un entretien accordé au mensuel Lyon
Mag déclaré que : Monsieur Tariq Ramadan « est
un orateur habile ( ) un fondamentaliste charmeur qui est un spécialiste
du double langage ».
Monsieur SFEIR avait également soutenu : « ( ) Tous
ces islamistes qui militent contre lintégration, cest
une véritable "bombe à retardement" ».
Sestimant lésé dans son honneur et sa considération,
Monsieur Ramadan a porté laffaire devant la Justice lyonnaise.
Par jugement en date du 19 décembre 2002, le TGI de Lyon a prononcé
la relaxe de Monsieur SFEIR. Cette décision a été
confirmée en appel par des motifs péremptoires.
La Cour dappel a estimé de
façon catégorique, après avoir procédé
à une analyse judicieuse des circonstances, de fait en lespèce,
« quil ressort seulement des propos dAntoine SFEIR que
les discours de la partie civile peuvent exercer une influence sur les
jeunes islamistes et constituer un facteur incitatif pouvant les conduire
à rejoindre des partisans dactions violentes ;( ) que
laisser entendre que, par ses discours Tariq RAMADAN peut porter une responsabilité,
peut-être morale, en faisant naître dans certains esprits
une vocation terroriste ou en confortant dautres dans leur résolution
à suivre une telle ligne de conduite, correspond à lexpression,
naturelle et admissible dans une démocratie, dune critique
des prises de position publiques de la partie civile sur des sujets et
des faits de société ; ( ) que linterview donnée
par Antoine SFEIR ( ) ne comporte pas dallégation ni
dimputation de faits mais exprime en réalité une opinion
critique qui, formulée dans un contexte marqué par de graves
attentats terroristes, napparaît pas disproportionnée
eu égard au but dinformation poursuivi et à leffet
recherché de susciter les interrogations et la réflexion
quappelait le sujet traité » .
/
Par sa décision, la Cour dappel
ne fait que rappeler le libre droit de critique et la liberté dopinion
et dexpression, rejoignant ainsi la position de la Cour Européenne
des Droits de lhomme, principe qui demeure un des piliers fondamentaux
de notre société démocratique.
Cette décision qui donne pleine et entière satisfaction
à Monsieur Antoine SFEIR, dont la crédibilité est
ainsi totalement réhabilitée, concerne, au-delà du
cas despèce, tous les journalistes, auteurs et écrivains.
Elle ne doit pas, à ce titre, passer inaperçue.
du 8/12/03
Régularisons les sans-papiers et expulsons
les intégristes !
Un groupe de Sans Papiers vient d'investir l'église de St Nicolas
du Chardonnet, elle même occupée illégalement depuis
25 ans par les intégristes catholiques.
Au fil des ans, l'Église est devenue le symbole de la résistance
à Vatican II. Les militants lefevristes s'y réunissent pour
écouter la messe en latin. Les femmes sont même priées
de s'y rendre voilées, en "signe de sujétion".
Le curé de St Nicolas ne manquant jamais de rappeler ce fameux
épitre de St-Paul : "Dieu est le chef de l'homme et l'homme
est le chef de la femme". La question qui se pose est de savoir qui
la préfecture va-t-elle expulser ? Les intégristes lefèvristes
ou les sans papiers ? ProChoix a choisi : régularisons les sans-papiers
et expulsons les
intégristes !
Pour info voici l'article que nous avions publié en décembre
1999, dans ProChoix n°12, concernant le squatt illégal de cette
église par les intégristes catholiques.
>>> Le squatt de Saint-Nicolas du Chardonnet
Tous les antifascistes connaissent Saint-Nicolas
du Chardonnet, cette Eglise parisienne à deux pas de la Mutualité
où les catholiques traditionnalistes se donnent rendez-vous pour
résister à Vatican II, écouter des messes en latin
devant un parterre de femmes voilées. Ce que tout le monde a oublié,
cest que cette Eglise est occupée à la suite dun
coup de force parfaitement illégal et que seul le laissez-faire
de lEtat permet aux intégristes catholiques de conserver
leur quartier général. Tout le monde sauf un sénateur,
monsieur Dreyfus-Schmidt, bien décidé à dénoncer
le caractère parfaitement illégal de cette occupation..
Dans une question écrite adressée au ministre de lintérieur
le 24 juin dernier, il rappelle comment, le 24 février 1977, un
groupuscule dintégristes catholiques sétait
introduit dans lédifice pour en expulser manu militari loccupant
dalors, labbé Pierre Bellego. A lépoque,
linstance judiciaire saisie avait constaté que la situation
de fait qui lui était soumise révélait lexistence
dun trouble manifestement illicite et constitutive dune voie
de fait à laquelle il était urgent de mettre fin (CA,
Paris, 13 juillet 1977). Or, fait remarquer le sénateur Dreyfus-Schmidt,
à ce jour, la décision reste lettre morte. Le
8 juillet 1978, un parlementaire sétait déjà
interrogé sur la non-exécution du jugement. Le ministre
de lintérieur dalors, monsieur Christian Bonnet avait
fait cette réponse : Lévacuation de lEglise
(...) a été différée en raison des troubles
à lordre public que risquerait dentraîner cette
opération. Une évaluation de la situation avait en
effet été confiée à un médiateur désigné
par le Tribunal de grande instance le 1er avril 1977. Or devinez qui a
été chargé délaborer les modalités
dévacuation des lieux ? Jean Guitton en personne. Membre
de lAcadémie française mais aussi admirateur du Maréchal
Pétain et proche des catholiques lefévristes (voir ProChoix
N°10) ! Surprise, dans son rapport, Jean Guitton avait mis en avant
que la mesure dexpulsion présenterait des difficultés
particulières tenant au fait que lEglise est un lieu public
qui doit rester accessible à tous, prêtres ou laïcs,
paroissiens ou non, pour la pratique de leur religion, aux heures normales
douverture. Comme si les troupes de lordre sétaient
embarrassées de pareilles considérations lorsquils
ont attaqué à la hache la porte de lEglise Saint-Bernard
pour embarquer des sans-papiers !
Refusant obstinément dévacuer Saint-Nicolas du Chardonnet,
lEtat sest vu condamné le 12 octobre 1982 à
verser une indemnité de 15 000 F à labbé illégalement
dépossédé de son Eglise. Autrement dit, lEtat
a fait supporter aux contribuables les conséquences de sa volonté
de désobéir à la loi en protégeant les intégristes
catholiques dune quelconque expulsion. On rêve ! Le Pape,
qui na pas la même patience, a lui excommunié les occupants
de Saint-Nicolas le 2 juillet 1988. Plus que jamais, lEtat sest
donc retrouvé hors la loi en laissant des intégristes squatter
un lieu de culte devant être exclusivement réservé
aux prêtres et aux fidèles qui veulent y pratiquer leur religion
en se soumettant aux préceptes de lEglise catholique
(ce qui nest plus le cas depuis leur excommunication), comme le
précise larticle 5, paragraphe 1er de la loi du 2 janvier
1907.
On comprend que le sénateur Dreyfus-Schmidt
ait trouvé matière à sinterroger : Dans
un Etat de droit, ce qui trouble lordre public, nest-ce pas
linexécution dun ordre de justice et non son exécution?
Ny a-t-il pas lieu en conséquence pour lEtat de faire
en sorte que force reste à la loi et que le contribuable ne soit
pas exposé à payer une nouvelle fois des impôts correspondant
au dédommagement du légitime occupant ? La question
semble tellement avoir embarrassé en haut lieu quil a fallu
une seconde question écrite, le 21 octobre, pour obtenir une réponse
de Jean-Pierre Chevénement. Elle est parue au Journal officiel
le 4 novembre.
Après avoir confirmé les faits, Jean-Pierre Chevénement
sest contenté de reprendre largument du ministre Bonnet,
à savoir que la permanence des risques de troubles pour lordre
public que pourrait susciter une expulsion avec le concours de la force
publique justifie encore à ce jour linexécution de
larrêt. Et le ministre de lintérieur dajouter
: il convient de rappeler que ladministration, sauf à
méconnaître le principe de la laïcité de lEtat,
ne saurait simmiscer dans des litiges opposant des tendances ou
des mouvements religieux, en vertu de la loi du 9 décembre 1905
sur la séparation de lEglise et de lEtat, en dehors
du cas, qui nest pas ici en cause, où il sagit de déterminer
quel est laffectataire légitime de lédifice
du culte.
La mission Debré sur les signes
religieux veut légiférer sur tout..sauf sur l'Alsace-Moselle !
La mission parlementaire conduite par Jean-Louis
Debré sur les signes religieux à l'école, dont l'avis
devrait être plus suivi que celui de la Commission Stasi (davantage
chargée d'organiser le débat public) vient de rendre son
rapport, approuvé "à la quasi unanimité"
de ses membres.
PARMI LES BONS POINTS, elle propose une
"disposition législative", comprenant un article unique
à introduire dans le code de l'Education, visant à interdire
"le port de tout signe visible d'appartenance religieuse ou politique
dans les établissements scolaires" du public.
En revanche, les établissements privés sous contrat ne seraient
pas concernés et cette interdiction.
MAUVAIS POINT, le communiqué de la présidence de l'Assemblée
précise que cette disposition "ne remettrait pas en cause
les régimes spécifiques qui prévalent actuellement
en Alsace-Moselle et dans certaines collectivités d'outre-mer",
où la laïcité est pourtant quoitidiennement bafouée
sous
prétexte d'accords franco-allemand archaïques et caduques
qui ne demandent qu'à être toilettés.
Le statut scolaire en Alsace-Moselle, où
l'état salarie des catéchèses pour donner des cours
d'"enseignements catholique et protestant" pendant les heures
de cours, est tout particulièrement contraire à l'article
2 de la loi de 1905, selon lequel l'"État ne reconnaît,
ne salarie ni ne subventionne aucun culte". Rien, ni le Concordat
ni la loi Falloux, ne peut justifier que trois départements français
ne soient toujours pas soumis au régime laïque, comme nous
l'avons montré dès le prochoix n°13 et redéveloppé
dans le prochoix n°26/27 qui vient d'arriver chez nos abonnés
(en librairies dès lundi).
De même, au nom de la tradition, un
grand nombre de lycées publics, danciens internats devenus
externats, disposent toujours daumôneries catholiques. Ce
sont toutes ces anomalies, contraires à la loi de 1905, quune
loi devrait mettre à plat si elle veut sincèrement réaffirmer
le principe de laïcité et rétablir la paix scolaire.
Encore faut-il une réelle volonté publique de rétablir
la laïcité partout en France et vis-à-vis de toutes
les religions. Ce qui ne semble pas la priorité de la Mission Debré.
Elle se ridiculise en montrant qu'elle est incapable de ne pas céder
au clientélisme chrétien. ProChoix demande que le débat
sur le voile à l'école débouche sur une réaffirmation
du principe de laïcité vis-à-vis de toutes les religions
et dans tous les départements de France.
Attali pense que les féministes
pro-IMG sont des "intégristes"
Dans sa chronique paru dans l'Express du 04/12/2003, sous prétexte
de protester contre la stratégie des anti-choix français
cherchant à faire de l'embryon un individu par le biais de l'amendement
Garaud, Jacques Attali à renvoyé dos à dos les intégristes
anti-avortement et les "intégristes inverses" que seraient
les partisans de l'IMG (l'Interruption médicale de grossesse).
EXTRAIT : "Les intégristes inverses
profitent de cette occasion de crier au scandale pour soutenir que la
femme enceinte a droit de vie et de mort sur son enfant jusqu'au jour
de sa naissance, tentant ainsi, au passage, d'enlever aux médecins
des centres de diagnostic prénatal tout rôle dans l'IVG,
ainsi que le contrôle, que leur donne aujourd'hui la loi, de l'interruption
médicale de grossesse (IMG), limitée, selon le texte, aux
foetus atteints d' «une affection d'une particulière gravité,
reconnue comme incurable au moment du diagnostic» (ce qui est, en
fait, une assez jolie définition de la vie...). Dangereuse dérive:
la France est déjà le seul pays au monde où l'on
peut pratiquer une IMG jusqu'au terme d'une grossesse, alors que les embryons
sont aujourd'hui viables à 24 semaines, date à laquelle
l'IVG et l'IMG sont illégales aux Etats-Unis, en Espagne, aux Pays-Bas
et en Grande-Bretagne. La France est aussi le pays où l'on pratique
le plus d'IMG: 7 000 par an, surtout entre le sixième et le
septième mois. Et certains centres la pratiquent même pour
des risques esthétiques, ouvrant la voie à l'eugénisme.
Face à ces deux intégrismes opposés, le gouvernement
n'arbitre pas, ne tranche pas et n'impose pas le respect de la loi".
Cette chronique révèle une méconnaissance réelle
du dossier (la France n'est pas le seul pays qui pratique des IMG tardive).
Elle s'inscrit surtout dans le cadre d'une dérive sémantique
inquiétante consistant à utiliser les mêmes mots
intégristes ou ayatollahs pour désigner tantôt
de véritables intégristes religieux, tantôt les partisans
d'une société du libre-choix et de la rationalité
dans l'intérêt de tous. Comme si la liberté était
un fléau. Comme si le fanatisme n'était qu'un excès.
Les coulisses de l'émission de
CAMPUS (FOUREST vs. RAMADAN)
Jeudi 4 décembre au soir, sur le
plateau de « Campus », l'émission de Guillaume
Durand diffusée sur France 2, Caroline Fourest, Claude Allègre,
Xavier Darcos, Dalil Boubaker, Jacques Alain-Léger, Pascal Bruckner
et Tariq Ramadan étaient invités à débattre
de la laïcité. Le professeur suisse, mais surtout ambassadeur
du réformisme néo-salafiste des Frères musulmans
est arrivé dans les coulisses de France 2 entouré d'une
cour : huit gardes du corps et deux filles voilées.
Les deux jeunes filles voilées, récemment
converties, ont réclamé à être sur le plateau :
"pour représenter l'immigration". Ce qui a quelque peu
perturbé les membres de l'équipe TV, dont certaines étaient
vraiment issues de l'immigration. On aurait aimé filmer l'échange
assez comique survenu entre Fiammetta Venner*, Dalil Boubaker et les deux
jeunes filles. Fiammetta Venner et le recteur de la Mosquée de
Paris s'adressant tous deux en arabe aux deux jeunes filles, perdues et
ne comprenant pas un mot, jusqu'à ce qu'elles avouent s'être
récemment converties et ne pas parler un mot d'arabe. Ce qui a
suscité ce conseil ironique de Fiammetta Venner : "Un
conseil, avant de vous voiler, apprenez au moins à lire le Coran
dans le texte !" Elles n'ont pas obtenu d'être sur le
plateau.
Pendant ce temps, les gardes du corps de
Ramadan se sont séparés en deux groupes pour prendre place
dans les loges dans deux endroits différents, tout en restant en
contact par tawlkie-walkie et non sans se priver de jeter des regards
menaçants aux autres invités. Au point qu'un responsable
de la sécurité de France 2 a tout de même fini par
s'inquiéter à haute voix devant les invités médusés :
"La production est vraiment inconsciente. Vous n'avez aucune idée
de qui est Ramadan. Vous auriez du être clairs. Il n'est pas question
que je laisse entrer des hommes en armes sur le plateau" !
Étaient-ils vraiment armés ?
Impossible de le vérifier. En tous cas, ce happening et la nervosité
des services de sécurité obligés de tenir à
distance les invités du clan Ramadan ont planté le décor.
Une mise sous terreur en bonne et due forme qui laisse imaginer le calme
et le cran qu'il a ensuite fallu àux contradicteurs de l'islamiste.
En particulier à Caroline Fourest qui a révélé
à ceux qui en doutaient le danger que représente Tariq Ramadan.
Le reste est de l'histoire télévisée
habituelle : un débat confus, qui aura une fois de plus donné
de la visibilisé à un démagogue. Il y a 20 ans, un
autre démagogue frappait à la fenêtre des médias
français. Et, au nom de la liberté d'expression, nous avons
laissé parler Jean-Marie Le Pen, et parler et parler. En 1995,
139 heures de télévision lui ont été consacrées
contre trois heures en 1985.
Après « Campus »,
Ramadan passera chez Franz Olivier Giesberg (« Cultures et
dépendances »). Décidément, l'histoire
ne sert à rien.
http://www.proche-orient.info/xjournal_pol_rep.php3?id_article=19110
>* Co-auteur avec Caroline Fourest de « Tirs Croisés
(la laïcité à l'épreuve des
intégrismes juif, chrétien et musulman », publié
chez Calmann-Lévy. http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2702133045/tirscroises-21
du 3/12/03
Caroline FOUREST, rédactrice en chef
de la revue ProChoix et co-auteure de TIRS CROISÉS*, sera l'invitée
de l'émission CAMPUS face à Tariq RAMADAN le jeudi 4 décembre
(France 2 à 23h05).*"Tirs croisés : La laicité
à l'épreuve des intégrismes juif, chrétien
et musulman", par Caroline Fourest et Fiammetta Venner, vient de
paraître aux éditions Calmann-Lévy. http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2702133045/tirscroises-21