ProChoix
N°8
Décembre
1998
Etre
femme à l'est: les effets de la transition en Bulgarie postcommuniste.
par Nadège Ragaru
"Les femmes, je crois, se sont mieux adaptées
aux changements que les hommes. Elles sont plus flexibles. Elles ont l'habitude
de devoir faire face. Mon mari, du jour au lendemain, a cessé de
sortir. Il était diplômé de l'une des écoles
de cinéma les plus réputées de Bulgarie. Il ne lui
restait plus qu'un film à faire en tant qu'assistant, avant de
pouvoir devenir réalisateur. Et puis, ils ont fermé l'institut
des arts cinématographiques et il s'est retrouvé sans emploi.
Quand les Américains sont venus faire le tour de la région
pour recruter des assistants, il n'a pas voulu. Pendant sept ans, il est
resté ainsi à la maison, à faire des traductions,
à lire. Je l'ai vu changer sous mes yeux, impuissante. Toutes mes
amies ont vécu des situations plus ou moins similaires. Parfois,
je me demande pourquoi je suis restée ici. J'ai trente-sept ans.
Celles de mes amies qui sont parties à l'ouest ont réussi
à y trouver un emploi et maintenant elles vivent bien. Et moi,
je cherche les raisons de mon choix. Ce n'est pas toujours facile".
Ce témoignage d'une jeune femme régisseuse de théâtre
devenue responsable des relations publiques d'une université bulgare,
est révélateur du désarroi vécu par de nombreuses
Bulgares depuis la chute du dictateur communiste, Todor Jivkov, le 10
novembre 1989, à la faveur des dislocations engendrées par
le passage à l'économie de marché.
Si nombre de travaux sociologiques et anthropologiques consacrés
à l'Europe de l'est se sont intéressés à la
question des rapports intergénérationnels (les enfants reprochant
à leurs parents d'avoir trop passivement accepté le confort
routinier des régimes du type soviétique), plus rares, en
revanche, sont les études consacrées aux effets des processus
de démocratisation sur les rapports hommes/femmes dans l'ancien
bloc communiste (en général) et sur le statut des femmes
(en particulier) dans des sociétés soumises pendant plusieurs
décennies de nivellement idéologiquement motivé.
La question est pourtant d'importance dans la mesure où elle permettrait
de jeter un regard neuf sur la façon dont sont vécus les
changements démocratiques à l'est, de même que sur
les mécanismes d'adaptation aux mutations des modes de vie. Après
un bref tour d'horizon des facteurs contribuant à la redéfinition
du positionnement personnel et professionnel des femmes de Bulgarie depuis
1989, nous nous concentrerons sur la question de l'avortement.
Une remarque avant de poursuivre. L'une des caractéristiques les
plus surprenantes, pour un observateur occidental, de la situation bulgare
réside dans le fait que la discrimination envers les femmes n'y
intervient pas sur les mêmes lieux ou modes qu'à l'ouest.
Au nom d'un certain égalitarisme, le régime communiste a
contribué à la généralisation du travail des
femmes, dont la réalisation professionnelle apparaît tout
à la fois comme naturelle et socialement désirable. Encore
maintenant, à tâches égales on chercherait en vain
des inégalités de salaire entre hommes et femmes. De la
même façon, il serait inutile d'escompter une quelconque
ingérence de l'Eglise orthodoxe dans la vie privée des fidèles.
Si le message religieux intègre des appels à la vertu, il
n'a nullement le caractère impératif et socialement pesant
qu'on lui a connu dans certains Etats catholiques d'Europe de l'est, la
Pologne en premier lieu. Non pas que les inégalités de genre
soient absentes. La société bulgare demeure très
largement patriarcale. Les violences conjugales, par exemple, y sont monnaie
courante, tandis que le viol ou l'inceste restent sujets tabous. Mais
l'inégalité des conditions se décline autrement.
Redéfinition des échelles
sociales et rapports hommes/femmes
L'un des paramètres essentiels conditionnant l'évolution
du statut des femmes en Bulgarie concerne la différentiation des
opportunités de carrière. Nombreux sont les cas d'épouses
dont les maris, reconvertis aux affaires, se sont retrouvés brutalement
enrichis et profondément destabilisés par la jouissance
d'une puissance économique inédite. Là où
l'incertitude des cadres législatifs autorisait activités
spéculatives et mafieuses, ce sont en premier lieu les hommes,
anciens lutteurs professionnels, agents de la sécurité d'Etat
ou membres de la nomenklatura qui ont su mettre à profit leur capital
social et physique (au sens littéral du terme) pour s'imposer dans
la jungle économique de la transition. En toute logique, cette
réalisation professionnelle nouvelle ne pouvait manquer d'entraîner
une redéfinition des rôles au sein de couples où la
femme, financièrement dépendante, s'est vue confrontée
à la réaffirmation d'un paternalisme que l'on croyait effacé
par le système communiste. "Quand mon mari a commencé
à faire de l'argent, raconte une femme professeur d'université,
il a adopté des manières autoritaires que je ne lui connaissais
pas. Il s'est acheté une BMW, un téléphone portable
et c'est comme s'il se sentait le besoin d'étaler. Et puis, il
y a eu les femmes. Moi, j'avais envie de me remettre aux études.
Lui était de plus en plus occupé. Un temps, j'ai pensé
à divorcer. Mais à l'université, je gagne trop peu
pour me permettre de vivre seule. Alors...". De façon assez
paradoxale, l'accession à un statut social supérieur constitue
un facteur puissant de retour des femmes au foyer: pour une frange de
"nouveaux riches", dispenser son épouse de travailler
vaut en effet comme signe de richesse, dans un pays où la pauvreté
dominante fait de l'oisiveté un luxe.
En province, la fermeture de grandes entreprises d'Etat est également
en train de remettre en question la place des femmes dans la société.
Pour celles qui résidaient dans un village, mais que leur emploi
conduisait chaque jour en ville, le chômage, conjugué à
la suppression des lignes de bus non rentables et à l'importance
accrue, pour la subsistance, des lopins de terre privés, signifie
un repli sur la sphère de la domesticité. Là où
ces allées et venues quotidiennes offraient une ouverture sur des
réseaux de sociabilité plus diversifiés et portaient
en germes les éléments d'une construction identitaire plus
autonome, le retour en milieu rural implique la réaffirmation des
règles de comportement communautaires et des hiérarchies
familiales traditionnelles. De ces quelques exemples, on ne saurait conclure
trop hâtivement à une détérioration systématique
de la condition de femmes de Bulgarie à la faveur du passage à
l'économie de marché. Pour étayer semblable jugement,
des études sociologiques sur grande échelle seraient nécessaires,
dont nous ne disposons pas à l'heure actuelle. Il semble néanmoins
important d'attirer l'attention sur la fracture que 1989 a représentée
du point de vue des rapports entre genres.
Se marier, faire des enfants: un luxe? Chute
de la natalité et renouvellement des générations
en Bulgarie
Dans un article passionnant, Giovanni Andrea Cornia et Renato Paniccia
ont démontré que les dislocations successives à la
réémergence d'intérêts sociaux diversifiés
ont eu des incidences, souvent sous-évaluées, sur les comportements
démographiques des populations est-européennes. Selon les
auteurs, les chutes brutales de production, l'appauvrissement de larges
secteurs de la société et l'incertitude grandissante auraient
provoqué une "crise de population", qui ne serait imputable
ni à des tendances endogènes lourdes (transition démographique,
...), ni à une seule diffusion des valeurs individualistes occidentales.
Entre 1989 et 1994, on observait ainsi une baisse de 25% du taux de mariage
moyen dans la région et de 40% du taux de natalité. Pendant
cette même période, les décès par maladies
cardio-vasculaires ou causes violentes étaient multipliés
par deux dans la population adulte mâle (1).
Le propos semble particulièrement pertinent dans le cas, à
bien des égards dramatique, de la Bulgarie. Dans ce pays de 8,3
millions d'habitants, la transition a eu un coût social très
élevé: au jour d'aujourd'hui, plus de 30% de la population
vit au-dessous du seuil de pauvreté et le taux de chômage,
officiellement estimé à 11%, avoisine les 50% à 60%
dans certaines zones défavorisées (notamment la région
montagneuse des Rhodopes) (2). Face à cet effondrement, depuis
1989 plus de 600.000 personnes ont choisi la voie de l'émigration.
Et la "fuite des cerveaux" continue, avec une moyenne 10.000
à 15.000 nouveaux départs chaque année. Cette "ponction",
qui touche prioritairement les tranches d'âge basses, a des conséquences
démographiques d'autant plus lourdes que la Bulgarie compte déjà
plus de 22% de retraités (2,375 millions en 1997 (3)) et que, depuis
plusieurs années, le renouvellement des générations
n'y est plus assuré. En 1997, le taux de natalité stagnait
à 7,7 pour mille contre 14,7 pour le taux de mortalité.
Facteur aggravant, la mortalité infantile demeure assez élevée
(17,5 enfants pour mille) (4).
De plus en plus nombreux sont les jeunes qui ne disposent pas des moyens
suffisants pour s'établir et se retrouvent contraints de vivre
chez les parents jusqu'à un âge avancé. Alors, on
se marie de plus en plus tard. On hésite à mettre au monde
des enfants que l'on n'est pas sûr de pouvoir élever dans
des conditions décentes. Même lorsque les jeunes époux
disposent d'un logement, les ressources manquent pour élargir le
noyau familial. A l'époque communiste, lorsque les deux parents
travaillaient (ce qui était la règle chez les 30-50 ans),
la prise en charge des nouveau-nés était généralement
assurée par les grands-parents. Touchés au premier plan
par la crise, les retraités ne sont plus à même de
jouer le rôle de parents de substitution. La question n'est plus
seulement: "Qui va s'occuper des enfants?", mais "Qui pourra
prendre soin de nos parents?" En vertu de la loi, à chaque
nouvelle naissance, les mères ont droit à un congé
maternité dont la durée varie en fonction du nombre d'enfants
qu'elles ont déjà. Pendant la maternité, une partie
des services médicaux relatifs continue à être gratuite.
Enfin, des allocations familiales sont versées pendant deux à
trois ans. Fixées aux alentours de 100.000 leva par mois (moins
que le revenu minimum), elles permettent à peine de couvrir les
frais relatifs à l'achat des couches ("Pampers" importées
au tarif rédhibitoire...). En Bulgarie post-communiste, faire des
enfants est devenu un luxe.
Notons au passage que la procréation suit une trajectoire très
spécifique. Elle oscille en effet entre deux pôles extrêmes:
un taux de fertilité extrêmement bas chez une majorité
des femmes et une fertilité très élevée et
difficilement contrôlable parmi les minorités ethno-culturelles
socialement défavorisées, en premier lieu les Tsiganes (5).
Mariées très tôt, les femmes tsiganes ont souvent
deux à trois enfants avant d'atteindre l'âge de 20 ans. Si
l'on observe également depuis 1989 une baisse de la natalité
au sein de cette population jeune (66% des Tsiganes ont moins de 29 ans
contre seulement 37,3% chez les Bulgares "ethniques"), les membres
les plus marginalisés de la communauté échappent
à cette tendance (6). La situation est d'autant plus alarmante
que, depuis les débuts des changements politiques, les gitans bulgares
connaissent un processus d'exclusion sociale accéléré.
Vivant dans un dénuement absolu, nombre de Tsiganes échappent
au champ d'action de l'Etat, ce qui n'est pas pour faciliter le déploiement
de campagnes d'information et de prévention. Enfin, il convient
de compter avec certaines résistances culturelles, dans la mesure
où appartenir à un lignage nombreux continue d'être
synonyme de prestige social.
L'avortement comme "technique contraceptive":
pratique culturelle ou problème social?
La situation de l'avortement doit être envisagée dans ce
contexte particulier. C'est peu dire que l'interruption volontaire de
grossesse est banalisée en Bulgarie. Pour s'en convaincre, il suffit
de considérer que l'on compte en moyenne 1,5 avortement pour une
naissance. En 1996, le nombre d'avortements atteignait ainsi 98 566 (un
nombre qui tend à se stabiliser sur moyen terme) (7). En dépit
de la mise à vente d'une large gamme de contraceptifs depuis les
changements de 1989, la Bulgarie reste l'un des pays d'Europe où
le taux d'I.V.G. est le plus élevé. Aussi étrange
que la situation puisse paraître vue de France, l'avortement y constitue
de fait l'une des premières "méthodes de contraception"
utilisées par les femmes.
Le cadre législatif avalise cet état de fait. Le décret
du 9 février 1990 sur "les conditions et l'ordre de l'interruption
artificielle de grossesse" distingue deux types d'avortement, volontaire
et "sur témoignage médical". Peut avorter "toute
femme enceinte" jusqu'à la douzième semaine de grossesse,
s'"il n'y a pas de maladie dans le cadre de laquelle l'interruption
de la grossesse puisse engendrer des conditions mettant en danger sa santé
et sa vie" (art. 7, al.1). Dans le cas où une femme désire
procéder à cette interruption, une "consultation féminine"
détermine le degré d'avancement de la grossesse et assure,
dans un délai de 10 jours, la réalisation des tests médicaux
nécessaires. Les IVG sont réalisés dans des cliniques
ou hôpitaux d'"accouchement-gynécologique" (art.10,
al.1) par des professionnels ("médecin accoucheur-gynécologue",
art. 11). Pour les avortements médicaux, le décret précise
que les délais d'intervention peuvent être étendus
en cas d'urgence "pour sauver la vie de la femme" ou de "changements
morphologiques grossiers ou de malformations génétiques
graves" de l'enfant. Aucune limite supérieure n'est inscrite
dans les textes.
Si le cadre législatif est donc assez ouvert, des contraintes financières
ont été récemment posées qui devraient avoir
des répercussions significatives sur le nombre d'interruptions
de grossesse enregistrées en hôpital. Les amendements à
la loi sur la "santé nationale" adoptés en février
1998 sont en effet venus confirmer l'introduction de prestations médicales
payantes, notamment en matière d'IVG. Saisie par le procureur général
de la constitutionnalité du nouveau texte, la Cour se devait de
déterminer si la tarification des services médicaux ne contrevenait
pas à l'article 52 alinéa 1 de la Constitution de 1991 établissant
l'existence d'un "droit à la santé". Dans sa décision
du 2 avril 1998, elle a définitivement tranché, entérinant
ce faisant un changement rendu inéluctable par les restrictions
budgétaires auxquelles l'Etat bulgare est confronté depuis
les débuts de la transition. Dorénavant, les interruptions
de grossesse ne seront gratuites que dans deux cas : avortements pour
raison médicale ou faisant suite à un viol (art.26, al.3,
loi sur la santé nationale entrée en application le 11 août
1998). A titre indicatif, le coût moyen d'un avortement en hôpital
public oscille entre 30.000 et 50.000 leva (environ 18-30$, un tiers du
salaire minimum).
Que sait-on des femmes qui ont recours à l'avortement?
Le premier phénomène à souligner est que l'IVG n'est
nullement réservé aux seules catégories sociales
inférieures (8). Jusque récemment, niveau d'éducation
et revenu ne constituaient pas des facteurs discriminants essentiels.
Deux variables interviennent de façon plus notables : le lieu de
résidence et la classe d'âge. Les différences de comportement
sont tout d'abord nettes entre les villes et les campagnes. Dans les communes
de taille modeste, la prégnance du modèle patriarcal rend
la fréquentation des gynécologues plus délicate,
de même que l'achat de préservatifs en pharmacie. Souvent,
les femmes préfèrent l'anonymat des grandes villes et font
le voyage jusqu'au centre urbain le plus proche lorsqu'elles désirent
bénéficier d'une consultation médicale. Il semblerait,
par ailleurs, que la nouvelle génération soit davantage
sensibilisée à la question de l'avortement que ses aînées
et tende à reconsidérer ces pratiques. Toutefois, si l'on
en croit les statistiques du Ministère de la santé, environ
74% des femmes ayant subi une IVG en 1996 étaient mariées
et avaient entre 20 et 34 ans. Par ailleurs, 37 avortements sur mille
seraient initiés par des jeunes filles âgées de 14
à 19 ans.
Les facteurs explicatifs de cette situation sont de plusieurs ordres.
Ils tiennent tout d'abord à l'héritage soviétique.
Pendant la période communiste - très libérale en
matière d'avortement -, les autres modes de contraception étaient
moins attrayants. Ainsi, les pilules, importées d'Allemagne de
l'est, étaient-elles de qualité déplorable. Faute
de dosages hormonaux adaptés, elles étaient réputées
pour leurs effets secondaires (hypertrophie du système pileux,
prise de poids, acné...). Encore aujourd'hui, la contraception
par voie orale jouit d'une image négative chez les femmes. La génération
des 50-55 ans garde un souvenir très vif des "moustaches"
provoquées par la pilule. Même chez les 30-35 ans, les réticences
sont grandes. Par ailleurs, dans la mesure où l'IVG était,
à l'image des autres services médicaux, gratuite sous Jivkov,
aucun système d'incitation financière ne pouvait être
utilisé pour décourager la pratique de l'avortement. Enfin,
on ne soulignera jamais assez le rôle joué par la religion
orthodoxe en la matière. L'absence d'une Eglise ayant prétention
à régir selon des codes moraux l'existence des croyants
a largement contribué à rendre l'IVG socialement acceptable.
En 1998, la prise de la pilule représente un coût mensuel
d'environ 5.000 à 10.000 leva, lequel peut se révéler
prohibitif pour des femmes de condition sociale inférieure. La
technique du stérilet, souvent pratiquée chez les 30-40
ans, coûte quant à elle environ 25.000 leva. Introduits sur
le marché bulgare au milieu des années 1980, les préservatifs
sont largement disponibles en pharmacie (y compris les marques occidentales),
mais là encore, le prix en limite l'usage chez les jeunes. Au résultat,
on ne peut qu'être alarmé par la situation prévalant
dans le pays en matière de contraception. Selon une enquête
réalisée par le Projet "Planning familial" en
1997, un tiers à peine des femmes utilisent des contraceptifs sur
une base régulière. Plus de la moitié d'entre elles
reconnaissent avoir des rapports sexuels non protégés. Enfin,
seul un dixième d'entre elles prennent la pilule et 14% utilisent
un stérilet (9).
Au lendemain de la chute du régime communiste, certaines organisations
non gouvernementales ont été établies avec pour finalité
de favoriser l'information et la prévention en matière de
sexualité. Tel est notamment le cas de la Bulgarian Family Planning
and Sexual Health Association fondée en décembre 1992. Dans
le cadre d'un projet sur deux ans intitulé "Améliorer
la santé reproductive en Bulgarie", elle a notamment organisé
des séminaires en direction des adolescentes et enseignants dans
les lycées, ainsi que des professionnels de la santé (accoucheuses,
infirmières, pharmaciens...). Les séances d'information
durent généralement une heure trente. Les formations s'échelonnent
sur plusieurs semaines. Entre autres activités, la BFPA procède
à la distribution de préservatifs dans les discothèques,
organise des affichages et propose des services de consulting aux femmes
qui en expriment le désir. En septembre dernier, la BFPA a lancé
en coopération avec la Fédération internationale
de planning familial un programme d'information spécialisé
qui vise les communautés tsiganes de Sofia, Plovdiv et Pleven.
En dépit de ces initiatives plus ou moins bien relayées
par le gouvernement bulgare, le travail à faire demeure immense
avant que les femmes de Bulgarie, notamment dans les campagnes, ne parviennent
à une connaissance satisfaisante de leur sexualité et des
modes de contraception hors avortement.
par
Nadège Ragaru
Source : ProChoix n°8, décembre 1998
NOTES
1 Voir Giovanni Andrea Cornia and Renato Paniccia,
"The Transition 's Population Crisis: An Econometric Investigation
of Nuptiality, Fertility and Mortality in Severely Distressed Economies",
MOCT-MOST, 6, 1996, p.95-129?
2 En règle générale, les
chiffres officiels sont très sous-estimés dans la mesure
où les gens qui n'ont pas droit aux allocations chômage ne
sont que faiblement incités à déclarer leur perte
d'emploi. En juin 1997, on comptait 542.000 millions de chômeurs
en Bulgarie, un chiffre qui a depuis lors sensiblement baissé.
Source: Rapport annuel de la Banque nationale bulgare, Sofia, janvier
1998.
3 Source: Rapport annuel de la Banque nationale bulgare, Sofia, janvier
1998.
4 Source: Statistical News, 2, 1998, National
Statistical Institute, Sofia, p.13.
5 Sur les Tsiganes de Bulgarie, on pourra notamment se reporter à
Ilona Tomova, The Gypsies in the Transition Period, Sofia, IMIR, 1995.
6 Voir Ilona Tomova, The Gypsies in the Transition
Period, op. cit., p.30-31.
7 Source: Ministère de la Santé,
cité par BTA, 03-12-1997.
8 Ces informations ont été fournies par le docteur Radosveta
Stamenkova, directeur exécutif de la Bulgarian Family Planning
and Sexual Health Association, une organisation non gouvernementale basée
à Sofia. Entretien le 2 novembre 1998, Sofia.
9 Cité par BTA, 03-12-1997.
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