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En
route vers le droit de choisir
Fiammetta
VENNER et Caroline FOUREST
Pour
le premier numéro, vous avez été nombreux à
réagir... viscéralement ! Sur la mise en page, vous nous
avez doctement fait remarquer quelle était trop espacée
- trop serrée, trop sérieuse - pas assez, les caractères
trop petits - trop grands... Aussi, en bons prochoix que nous sommes,
nous avons choisi de nen faire quà notre tête
en nous rassurant dun « le journal interpelle, cest
lessentiel ! »
Et puis sur le fond, les réactions furent globalement agréables.
Vous avez été beaucoup à comprendre quêtre
prochoix était loccasion dun élargissement
du combat féministe antifasciste, le moyen de faire progresser
lidée dune gauche ambitieuse tout en contrant les
provie sur tous les terrains. Pas seulement sur lavortement et
la contraception, mais aussi sur les PMA, le droit de choisir sa sexualité,
son pays, son mode de procréation, son environnement, sa mort,
ses conditions de travail.
Moins agréables ont été les réactions frileuses
de personnes pourtant socialement désignées comme
intéressées aux réalités sociales
et qui nous ont rabâché des arguments pour tout dire assez
décevants.
Mais avant toute chose, nous profitons de ce moment pour rappeler que
ce journal sappelle Prochoix et non pas Provie comme laffirment
nos critiques les plus zélés. Ceci mis au point, la première
remontrance fut de nous reprocher de nous construire en réaction
aux provie. Plutôt amusant quand lun des objectifs principaux
du journal est dencourager la redéfinition de la Gauche
vers une adhésion indéfectible et intransigeante au plus
ambitieux des droits : celui de choisir sa vie Mais peut-être
ne faut-il pas chercher à être meilleurs sous prétexte
que nos adversaires sont des salauds ? Et peut-être aussi ne faut-il
pas les combattre ? Signalons au passage que depuis Don Quichotte et
ses moulins à vent, il est dusage, lors dune confrontation,
de livrer bataille sur le même terrain que ses adversaires...
La seconde critique consiste à nous soupçonner davoir
inventé le terme prochoix pour se calquer sur les Américains.
Une brillante analyse qui fera sans soute sourire de nombreuses associations
de Clermont-Ferrand, de Lyon et dailleurs... constituées
en collectif pour le droit de choisir depuis le début des années
90 ! Sans parler de Choisir de Gisèle Halimi qui date tout de
même des années 70... Nen déplaise à
certain(e)s, des comités et militants prochoix existent bel et
bien en France. Dailleurs les contraindre à changer de
nom (et une insistante pression cherche à les y encourager),
ny changera rien. Léventail de leurs luttes montre
bien que leur militantisme ne concerne pas seulement les femmes ou lavortement,
mais la société toute entière. Quant à la
hantise de faire comme ces « sales ricains », faisons juste
remarquer que nous avons effectivement deux ou trois choses à
leur envier. Non pas leur libéralisme sauvage mais sûrement
leurs études féministes et la force de leur mouvement
prochoix : une quarantaine dassociations nationales qui ont su
placer les préoccupations tant féministes quhomosexuelles
et anti-ordre naturel au centre des préoccupations politiques.
Enfin, et pour éviter tout malentendu, nous tenons à préciser
que Prochoix ne se sent en aucun cas dépositaire du mouvement
pour le droit de choisir en France. Dailleurs nous ne sommes ni
un groupe ni même un collectif mais le simple lieu dexpression
dune réalité sociale à la disposition de
tout militant, citoyen, élu ou journaliste désireux de
se renseigner sur lobscurité des provie et la lumière
des prochoix.
Caroline
Fourest & Fiammetta Venner
Paru dans ProChoix n°2 (janvier 1998)
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N°2
(janvier 1998) 12 p. (20F)
A
commander à ProChoix
(chèque de 20 F + 8 F de port à l'ordre de ProChoix, 177 av Ledru-Rollin 75011 Paris)
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