Reporters sans frontières est soulagée par la remise en liberté conditionnelle d’Alexandre Kharlamov. Le journaliste et blogueur athée est sorti de prison dans la soirée du 4 septembre 2013. Il demeure néanmoins assigné à résidence. L’organisation demande une nouvelle fois que toutes les poursuites dont il fait l’objet soient abandonnées et qu’il retrouve toute sa liberté de mouvement.

« Le calvaire d’Alexandre Kharlamov n’a que trop duré. Après six mois de détention provisoire, dont quelques semaines passées contre son gré en asile psychiatrique, aucune preuve tangible n’a toujours été produite à l’appui des graves accusations portées contre lui. Nous espérons vivement que le complément d’enquête requis par le parquet finira par reconnaître que ce dossier était monté de toutes pièces, et que la justice lui accordera réparation Â», a déclaré Reporters sans frontières.

« Le recours croissant à l’internement forcé des dissidents en asile psychiatrique souligne de façon inquiétante la résurgence au Kazakhstan des pires pratiques soviétiques, à la faveur du tour de vis répressif que subit actuellement le pays Â», a précisé l’organisation.

Tard dans la soirée du 3 septembre, à la demande du parquet, le tribunal municipal de Ridder (Est) a ordonné la sortie de prison d’Alexandre Kharlamov et son assignation à résidence. Le journaliste a effectivement été libéré le lendemain du centre de détention voisin d’Öskemen. Il reste l’objet d’une enquête pour « incitation à la haine religieuse Â», sur la base d’articles publiés sur son blog. Son procès avait débuté le 19 juillet, mais le dossier avait été renvoyé pour complément d’enquête moins d’un mois plus tard. Le procureur avait toutefois réclamé une peine de quatre ans d’emprisonnement.

Alexandre Kharlamov était détenu depuis le 14 mars 2013. Outre ses vues critiques à l’égard de la religion, qu’il expose sur son blog et dans divers ouvrages, il est connu localement pour son combat contre la corruption et ses nombreuses investigations à ce sujet. D’après l’agence d’information Ferghana, le journaliste sexagénaire a perdu près de 20 kilos durant sa détention.