Bien que favorable à une loi contre tous les signes religieux, ProChoix espérait que le débat public autour de cette loi servirait à mettre fin à toutes les atteintes au principe de laïcité en France. Mais il faut croire que le gouvernement Raffarin n'est pas capable de se résoudre à tout ce que signifie l'adhésion à une valeur aussi fort.

Ne défend pas la laïcité qui veut. Pour être crédible, ce combat demande que l'on soit exigent envers tous les cultes, musulman, juif ou chrétien. Or, c'est désormais sûr, malgré les multiples mises en garde des mouvements laïques, la loi contre les signes religieux concernera bien le statut exceptionnel de Mayotte (où les filles mettent pour le coup un voile traditionnel et non intégriste) mais elle ne concernera pas l'Asace-Moselle, où l'État financera donc toujours des cours de religion catholique et protestant pendant les heures de cours, sous le regard de crucifix.

Ce deux poids/deux mesures est inexcusable. Autant le voile est un signe religieux plus choquant que la croix ou la kippa parce qu'il renvoie l'image d'une lecture intégriste et sexiste de la religion, autant le non respect de la laïcité en Alsace-Moselle de la part du corps enseignant est injustifiable à un moment où la France doit plus que jamais montrer l'exemple en matière de laïcité.

ProChoix-Paris