Au moment où des dizaines de jeunes tunisiens sont tués par la police, et des centaines gravement blessés, à la suite de plusieurs semaines de protestation pacifique, le gouvernement français – tout en poursuivant son soutien au régime dictatorial de Ben Ali et au pillage systématique du pays par sa famille – n'hésite pas, par la voix du ministre des affaires étrangère, à proposer le “savoir-faire” de la police française pour coopérer à la répression. C'est le déshonneur du gouvernement français. Nous demandons aux consciences en France et en Europe de sortir de leur silence pour refuser la complicité de leurs représentants avec des gouvernements qui font tirer sur des manifestants désarmés, et pour exprimer leur solidarité avec le peuple tunisien qui se soulève pour la liberté et pour la dignité.

Nous appelons les acteurs de la société civile tunisienne, qui disposent des intelligences et des forces politiques nécessaires – contrairement à ce que prétendent les ennemis de l'émancipation démocratique des peuples du Sud –, à s'unir pour offrir, très vite, la possibilité d'une transition démocratique, afin de ne pas donner prise au discours sur l'alternative entre “la répression ou le chaos”. C'est le moment de la responsabilité pour chacun et pour tous.

Paris, le 13 janvier 2011, le Manifeste des libertés. manifeste@manifeste.org