Le piège est bien ficelé, la torpille parfaitement calibrée. En qualifiant d’« occupation » des rues annexées par des prières, Marine Le Pen a obtenu tout ce qu’elle cherchait. D’abord et avant tout, l’indignation outrée, qui lui permet de jouer les candides. Quoi ? Le mot « occupation » est-il si grave quand des rues sont bel et bien bloquées par des séances de prière ?

Exactement comme son père, Marine Le Pen maîtrise l’art de la double sonorité. Les antiracistes, qui ont l’ouïe fine, entendent « islam = immigration = occupation ». Ils montent au créneau et s’indignent. D’autres, surtout choqués par cette entorse visible à la loi de 1905, se demandent s’ils n’en font pas trop… A force de traiter d’ « islamophobe » toute personne simplement hostile à l’intégrisme, l’accusation n’a plus qu’un effet : faire passer pour un agneau laïque le loup – bien réel – du racisme antimusulman. Bilan : la cote de popularité de Marine Le Pen monte en flèche, y compris chez les sympathisants de gauche. Quatre Français sur dix approuvent ses propos. Idéal pour lancer l’OPA sur la laïcité.

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