Il y a 90 ans, influencé par sa mère, Harry Burn, 24 ans, jeune député de l’État du Tennessee, faisait basculer le 36ème état des États-Unis d’Amérique en faveur du droit de vote des femmes, ratifiant ainsi la modification de la constitution américaine.

Cette lutte avait commencé 70 ans plus tôt, aux États-Unis en juillet 1848, au Seneca Falls Woman's Convention Rights organisée par Elizabeth Cady Stanton et Lucretia Mott, pionnière de la lutte pour le droit des femmes. Charlotte Woodward avait assisté à cette convention ; elle avait 19 ans. Elle était la seule survivante en 1920 lorsque les femmes ont obtenu le droit de vote. Affaiblie par la maladie, Charlotte Woodward n’a jamais pu se rendre dans un bureau de vote.

D’abord état par état, les militantes américaines manifestent : si elles obtiennent quelques victoires, elles subissent aussi les foudres de la répression, les violences policières et la prison pour des centaines d’anonymes, jusqu’au jour de l’entrée des États-Unis d’Amérique dans la Première Guerre mondiale. Elles participent à l’effort de guerre, en travaillant à produire des armes, elles travaillent également à construire ce qui deviendra le principale argument en faveur de l’égalité des droits. Dès lors, plus personne ne peut ignorer ce que l’Amérique doit aux femmes.

Dès la sortie de la guerre, Carrie Chapman Catt présidente de la « National American Woman Suffrage Association » interpelle sans relâche le président du Congrès pour que l’action des femmes durant cette guerre soit récompensée par l’égalité des droits. Ses efforts seront payants.

Le 18 septembre 1918, le docteur en histoire et en science politique, vingt-huitième président des États-Unis, Thomas Woodrow Wilson (démocrate), futur prix Nobel de la paix, prononce un discours en faveur du droit de vote des femmes : « Nous avons fait des femmes nos partenaires dans cette guerre. Pouvons-nous accepter que seule une société de souffrances, de sacrifices et de labeurs soit réservée aux femmes ? »

Moins d’un an plus tard la Chambre des Représentants adopte une modification de la constitution : « Le droit de vote des citoyens des États-Unis d’Amérique ne doit pas être refusé ou limité sur des critères de genre par les États-Unis d’Amérique ».

Le 4 juin 1919, c’est au tour du Sénat américain d’adopter la modification de la constitution, mais le combat est loin d’être terminé. Trente-six états doivent voter en faveur de la modification pour qu’elle soit définitivement entérinée.

Le 18 août 1920, trente-cinq états ont ratifié la modification constitutionnelle. La bataille finale aura lieu à Nashville dans le Tennessee. Des pour et des contres venant des quatre coins des États-Unis vont se livrer à un combat sans merci, quarante-huit députés pour et quarante-huit députés contre vont faire sortir de l’ombre un jeune homme 24 ans dépassé par l’enjeu. Le député Harry Burn qui s’est toujours déclaré hostile au droit de vote des femmes et élu dans une circonscription très conservatrice va, contre toute attente, voter oui. Interrogé par des journalistes sur son revirement, il expliquera avoir reçu une lettre de sa mère lui demandant de voter « oui, », ce qui lui vaudra, de la part de ses détracteurs, le surnom de « mama’s boy ». Le 26 août 1920, le 19ème amendement de la constitution des États-Unis est définitivement adopté.

source : womenshistory.about.com

Ahmed Meguini