Le 29 juillet 2010, Michèle Causse a choisi de dé/naître dans une clinique Suisse, où ce droit est accordé.

Grande figure littéraire du lesbianisme politique, elle a passé une partie de sa vie à réinventer une langue non sexiste. En 1996, nous avons créer une petite maison d’édition, Cyprine, pour éditer son petit livre rouge, Quelle lesbienne êtes-vous ? (dont le titre initial était "Taximonie portative"). Comme souvent chez Michèle, il maniait l'humour dé/constructeur, de façon radicalement politique. Elle a fait partie des premières marraines de la revue ProChoix et tenait beaucoup à ce que nous défendions le droit de mourir dans la dignité comme un choix. Elle nous a aidé à participer à la conférence de Durban I lorsque les finances de la revue ne le permettaient pas. Un tournant décisif pour nos travaux. Ces dernières années, nos échanges étaient plus électroniques. Michèle se demandait parfois si nous avions trahi la radicalité qui nous liait et guidait sa vie, puis se ravisait, et nous parlait de son envie de réussir sa mort. Elle l'a réussie, jusque dans l'invention du terme dé/naître que le "Carnet" du Monde hésite à publier... Car il n'est pas le dictionnaire. Pas encore. Il le sera un jour, comme le dernier leg inventif d'une femme qui n'a jamais plié devant aucune norme, surtout pas langagière.

A toi, Caroline Fourest & Fiammetta Venner