C’était il y a une dizaine de jours en Arabie Saoudite. L’information est relayée par le site feminist.org. Trois séances de trente coups de fouet sont prévues pour punir un jeune homme surpris par la camera de surveillance d’un parking, alors qu’il embrassait une jeune femme hors liens du mariage. Gare aux amoureux qui se bécotent sur les bancs publique, la police religieuse d’Arabie Saoudite veille ! Elle est à l’affût du moindre regard, du moindre contact attentatoire aux bonnes meurs et au code religieux du pays. La femme embrassée, ainsi qu’une seconde femme qui accompagnait le couple, est arrêtée. Selon les lois saoudiennes qui se veulent inspirées de la charia, les femmes doivent demeurer sous la tutelle d’un homme de leur famille en attendant d’être sous la tutelle de leur mari. Elles ont l’obligation d’être accompagnées par un de ces tuteurs dans tous leurs déplacements. L’Arabie Saoudite avait pourtant montré des signes d’ouverture sur la question du droit des femmes.

En juin 2009, cet État pétrolifère de vingt-sept millions d’habitants s’était engagé auprès des Nations Unies à abolir cette obligation de tutorat. Depuis, Human Rights Watch a rapporté plusieurs autres cas de violations des droits humains concernant des femmes. Comme Sawsan Salim, qui a décidé en mars dernier, de déposer 118 plaintes contre des représentants des autorités du pays, y compris le juge qui a reçu la plainte et le roi Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud, pour « abus de justice Â». Cette démarche a abouti à la condamnation de la jeune femme à trois cents coups de fouet et dix-huit mois d’emprisonnement pour « plainte fallacieuse Â» et pour s’être présentée au tribunal sans tuteur. Khamisa Sawadi a elle aussi fait les frais du cynisme et de la barbarie des autorités saoudiennes : cette femme de 75 ans à été condamnée à quarante coups de fouet et quatre mois de prison pour avoir été en contact avec des hommes. En mai dernier une femme a été interpellée alors qu’elle marchait dans un parc d’attraction avec un homme qui n’était ni son mari, ni de sa famille. Elle risque également de subir le fouet et la prison.

Ahmed Meguini