Depuis le 1er juillet Clotilde REISS est détenue à Téhéran, dans la prison d’Evin, et subit des interrogatoires sur ses activités. Elle a été arrêtée à l’aéroport de Téhéran alors qu’elle s’apprêtait à regagner la France.

Âgée de 23 ans, Clotilde REISS a suivi des études d’histoire à la Sorbonne, étudié le farsi à l’Inalco (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) à Paris et est enfin diplômée de l’Institut d’études politiques (IEP) de Lille. Si sa première rencontre avec la culture persane remonte à son enfance car sa nourrice était d’origine iranienne, c’est après avoir rejoint Sciences Po qu’elle se consacre plus particulièrement à l’étude de ce pays. Passionnée par la civilisation et la culture persanes, encadrée lors d’un de ses séjours par l’Institut français de recherche en Iran (IFRI), elle se rend à plusieurs reprises à Téhéran. Ainsi son mémoire de fin d’études porte sur l’enseignement de l’histoire-géographie à l’école primaire en Iran. L’IFRI est le dernier centre de recherche étranger présent en Iran. Il est devenu le point de ralliement des étudiants et chercheurs du monde entier. Plusieurs chercheurs ayant des liens avec l’IFRI et qui sont passés récemment par Téhéran racontent la même histoire : celle de menus empêchements, de gardes à vue, de difficultés à obtenir un visa, de passeports confisqués, d’expulsions…

Début 2009 Clotilde, poursuivant ses recherches, obtient un poste de lectrice en français à l’université d’Ispahan.

Clotilde Reiss réside donc en Iran au moment du scrutin présidentiel du 12 juin et est spectatrice des manifestations contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Le gouvernement iranien reproche à la jeune femme d’avoir pris des photos avec son téléphone portable lors des protestations et d’avoir envoyé un mail.

Les photos incriminées n’ont à ce jour été vues par personne.

Clotilde REISS est donc emprisonnée en Iran sans aucun motif réel et recevable. Sa formation en sciences politiques et en histoire ainsi que sa passion pour le peuple et la culture iraniens ne pouvaient que l’amener à séjourner en Iran et à s’intéresser aux événements qui se déroulaient sous ses yeux. À aucun moment sa position n’a été partisane. L’accusation d’espionnage, dont elle est l’objet, est grotesque.

Emprisonner une étudiante parce qu’elle cherche à comprendre l’Iran et la culture iranienne est absurde et va à l’encontre de l’entente mutuelle, du respect des peuples et de la paix.

Pour toutes ces raisons, nous exigeons la libération immédiate de Clotilde Reiss.

(Ce texte a été rédigé en accord avec les proches de Clotilde Reiss)

Source : http://clotildereiss.org/