Deux personnes tuées, quinze blessées, dont trois grièvement. C'est le terrible bilan de la fusillade qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche à l'intérieur d'un centre d'aide aux jeunes gays à Tel Aviv. Un inconnu au visage masqué et vêtu de noir a surgi dans les locaux du centre, situé à l'angle des rues Ahad Haam et Nachmani, en plein centre de la ville israélienne, alors que s'y tenait la réunion hebdomadaire de soutien à un groupe d'adolescents. Il a ouvert le feu à l'arme automatique, avant de s'enfuir.

«Attaque terroriste»

Toute la classe politique israélienne s'est très vite élevée contre cette violence. «Ce qui s'est passé ne peut être qualifié que d'attaque terroriste», a notamment affirmé le vice Premier ministre Sylvan Shalom. Le chef du gouvernement, Benjamin Netanyahu, a ordonné à la police, qui a imposé le black out total sur ce drame, de faire tout son possible «pour retrouver l'assassin et le traduire en justice». «Nous sommes un Etat de droit, démocratique, nous sommes un pays de tolérance» a-t-il déclaré.

Des milliers de personnes se sont ensuite rassemblées dans le centre de Tel Aviv pour dénoncer l'attaque. «Notre communauté ne se laissera pas effrayer, elle affrontera la tête haute et avec fierté tous ceux qui la menacent, à la guerre nous répliquerons par la guerre», a réagi Nitzan Horowitz, député du parti Meretz d'opposition de gauche.

Haine contre la communauté homosexuelle

Si les enquêteurs affirment pour l'instant ne pas pouvoir déterminer précisément les motifs de cette attaque, le ministre de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovitch, a estimé que l'attentat avait des motifs homophobes. Des représentants de la communauté homosexuelle ont affirmé partager ce point de vue, rappelant que dans le passé des croix gammées avaient été peintes à l'entrée du centre pour stigmatiser les habitués du local.

«Pas étonnant qu'un crime pareil puisse être commis, vu l'incitation à la haine contre la communauté homosexuelle», a déclaré aux journalistes le président de la communauté des gays et lesbiennes à Tel Aviv, Maï Pelem. Il a fait référence aux virulentes agressions verbales des milieux religieux contre l'homosexualité. «Dans nos pires cauchemars nous ne pouvions imaginer une telle haine contre notre communauté, qui ne fait de mal à personne», a renchéri le président de l'association nationale des gays et des lesbiennes en Israël, Mike Hamel.

Le chef de la police a ordonné la fermeture d'un des bars gay du voisinage et appelé tous ces établissements à être «particulièrement vigilants».

Tel Aviv la libérale

Si l'enquête confirme la motivation homophobe, il s'agirait de l'agression la plus grave jamais commise en Israël contre des gays et des lesbiennes. En 2005, un Juif orthodoxe avait poignardé trois participants de la Gay Pride à Jérusalem. Il avait ensuite été condamné à 12 ans de prison.

Contrairement à Jérusalem, Tel Aviv a la réputation d'être une cité très libérale du point de vue des moeurs. Malgré l'hostilité que l'homosexualité, surtout masculine, suscite dans les cercles religieux juifs en Israël, elle n'est plus passible de sanctions pénales depuis 1988 et certains droits des couples de gays ou de lesbiennes sont depuis lors reconnus par les tribunaux.

Source Têtu : http://www.tetu.com/actualites/international/fusillade-dans-un-centre-lgbt-a-tel-aviv-deux-morts-15201