Femmes sous lois musulmanes et ses alliés demandent que l’Arabie Saoudite démontre son attachement aux droits humains et libère Khamisa Sawadi, Fahd Al-Anzi et Hadiyan Bin Zein et révoque l’ordre d’expulsion. Le 3 mars 2009, Madame Sawadi, une vieille dame de 75 ans vivant à Hail, dans le nord de l’Arabie Saoudite, et été accusée et déclarée coupable de mixité avec deux jeunes hommes avec lesquels elle n’a pas de lien de parenté directe. En avril 2008, Madame Sawadi rencontre les deux jeunes hommes âgés de 24 ans après leur avoir demandé de lui apporter cinq pains. Les deux hommes, Al-Anzi, neveu du défunt mari de Madame Sawadi, et Bin Zein, collaborateur d’Al-Anzi, ont aussi été arrêtés par la police religieuse, déclarés coupable et condamnés à la prison et aux coups de fouets. Le tribunal a basé sa décision sur « l’information citoyenne Â» et le témoignage du père d’Al-Anzi qui a accusé Madame Sawadi de corruption. De plus, le tribunal a cité le fait que Madame Sawadi ne soit pas saoudienne (même si elle était mariée avec un saoudien) et qu’elle soit sans mari comme des preuves de sa culpabilité. Suite au jugement, Madame Sawadi est menacée d’expulsion. 10/03/2009 : Khamisa Sawadi, qui est syrienne mais mariée à un saoudien, a été déclarée coupable et condamnée la semaine dernière pour un rendez-vous avec des hommes qui ne sont pas de sa famille proche. La condamnation de la veuve de 75 ans à quarante coups de fouet et à quatre ans de prison pour mixité avec deux jeunes hommes qui étaient venus lui apportée du pain a entraîné de nouvelles critiques vis-à-vis de la police et des tribunaux religieux ultra-conservateurs. Les deux hommes, dont un des neveux du défunt mari, ont aussi été déclarés coupables et condamnés à des peines de prison et de coups de fouet.

Abdel Rahman Al-Lahem, l’avocat de la femme, a déclaré à Associated Press qu’il ferait appel du verdict, qui ordonne aussi l’expulsion de Madame Sawadi après sa peine de prison. Il n’a pas voulu donner plus de détails et a affirmé que sa cliente, qui ne subit pas immédiatement la sentence, ne parlerait pas avec les médias.

La stricte interprétation saoudienne de l’Islam interdit la mixité entre hommes et femmes s’ils ne sont pas parents proches et interdit aux femmes de conduire. Les tenants de la ligne la plus dure considèrent que jouer de la musique, la danse et de nombreux films violent aussi les valeurs religieuses et morales.

Une police spéciale, la Commission pour la Promotion de la Vertu et de la Prévention du Vice, applique ces lois, et patrouille dans les lieux publics pour s’assurer que les femmes sont voilées et ne portent pas de maquillage, que les deux sexes ne se mélangent pas, que les magasins ferment cinq fois par jour pour les prières musulmanes et que les hommes vont à la mosquée.

Mais la critique de la police et des tribunaux religieux se développe en Arabie Saoudite, où beaucoup disent qu’ils ne font qu’utiliser leurs pouvoirs pour interférer dans la vie des gens. (…)

Dans l’affaire de Sawadi, la vieille dame a rencontré les deux hommes de 24 ans après qu’elle leur ait demandés de lui apporter cinq pains, selon le journal saoudien Al-Watan.

Les hommes, identifiés par Al-Watan comme Fahd Al-Anzi, le neuveu, et son ami et collaborateur Bin Zein, sont allés chez Madame Sawadi à Al-Chamil, au nord de Ryiad, la capitale. Après avoir livré le pain, les deux hommes ont été arrêtés par la police religieuse, selon Al-Watan.

La court dit qu’elle s’est basée pour son verdict du 3 mars sur une « information citoyenne Â» et sur le témoignage du père d’Al-Anzi qui accuse Madame Sawadi de corruption.

« Etant donné qu’elle dit ne pas avoir de mari et étant donné qu’elle n’est pas saoudienne, la culpabilité de mixité illégale est confirmé Â» peut-on lire dans le verdict du tribunal.

Madame Sawadi a dit au tribunal qu’elle considérait Al-Anzi comme son fils parce qu’elle l’avait nourri au sein quand il était bébé. Mais la cour a refusé de prendre cet élément en compte, considérant que Madame Sawadi n’apportait aucune preuve de cela. Selon la tradition islamique, nourrir un enfant au sein constitue un degré de relation maternelle, même si l’enfant n’est pas biologiquement celui de la femme.

Madame Sawadi demandait régulièrement de l’aide à ses voisins après la mort de son mari, dit le journaliste saoudien Bandar Al-Ammar qui a rapporté les faits pour Al-Watan. Dans un article récent, il écrivait qu’il considérait nécessaire de raconter ces faits « pour que tout le monde sache jusqu’à quel point nous sommes tombés Â».

D’autres ont aussi dénoncé le jugement contre Madame Sawadi, accusant la police religieuse d’aller trop loin.

« Comment un verdict peut-il se baser sur un simple soupçon ? Â» écrivait la docteur et éditorialiste saoudienne Laila Al-Ahdad lundi dans Al-Watan. « Un groupe de gens abusent de la religion au nom de leurs propres intérêts Â».

Dépêche d’Associated Press, 10 mars 2009

Action needed: Merci d’envoyer cette lettre aux autorités saoudiennes concernées. Date

Votre excellence / Monsieur / Votre honneur

Le réseau international de solidarité de Femmes sous lois musulmane (WLUML) est particulièrement concerné par la condamnation de Madame Khamisa Sawadi pour « mixité illégale Â» à quarante coups de fouet et à quatre mois de prison. Le verdict pose non seulement la question de la sécurité et de sûreté de Madame Sawadi, mais aussi celle de la situation générale des droits humains et des droits des femmes en Arabie Saoudite.

Le 3 mars 2009, Madame Sawadi, une femme âgée de 75 ans vivant à Hail, dans le nord de l’Arabie saoudite, a été accusée et déclarée coupable de mixité avec deux jeunes hommes avec qui elle n’avait pas de liens de parenté directs. En avril 2008, Madame Sawadi avait rencontré les deux hommes âgés de 24 ans après qu’elle leur ait demandé de lui apporter cinq pains. Depuis le décès de son mari et le mariage de ses deux filles qui ont ensuite déménagé pour Riyad, Madame Sawadi demandait régulièrement de l’aide à ses amis et voisins. Les deux hommes, Al-Anzi, neveu du défunt mari de Madame Sawadi, et Bin Zein, collaborateur d’Al-Anzi, ont également été arrêtés par la police religieuse, déclarés coupables et condamnés à des coups de fouets et à la prison.

Le tribunal a basé sa décision sur « l’information citoyenne Â» et le témoignage du père d’Al Anzi qui a accusé Madame Sawadi de corruption. De plus, le verdict a mis en avant le fait que Madame Sawadi ne soit pas de nationalité saoudienne (bien qu’elle était mariée avec un saoudien) et qu’elle soit sans mari comme des preuves de sa culpabilité. Selon l’acte de jugement, Madame Sawadi est menacée d’expulsion.

Etant donné que l’Arabie Saoudite s’est elle-même engagée à faire respecter les droits humains en posant sa candidature en 2006 pour le Conseil des Droits Humains, en ratifiant la Convention des Nations Unies pour l’Elimination de toutes les formes de discriminations envers les femmes (CEDAW) en 2000 et en affirmant se consacrer à la promotion et à la protection des droits humains, nous demandons aux autorités saoudiennes de remplir leurs obligations et de corriger cette violation de la loi internationale. Dans sa propre lettre au secrétariat général de l’ONU en 2006, l’Arabie saoudite a affirmé « confirmer son engagement pour la défense, la protection et la promotion des droits humains. Cet engagement s’est manifesté par sa participation en tant que membre de la Commission des Droits Humains. De plus, l’Arabie saoudite poursuit une politique de coopération active avec les organisations internationales sur le terrain des droits humains et des libertés fondamentales. Â» Même sous les strictes lois de la Charria en application en Arabie Saoudite, Khamisa n’a commis aucune infraction. Une femme qui a passé le stade de la ménopause est exemptée des restrictions sur le voile et la mixité selon les mots mêmes du Coran en tant que femme « qawa’id Â».

Nous demandons que l’Arabie saoudite démontre son engagement pour les droits humains et libéré Khalisa Sawadi, Fahd Al-Anzi et Hadiyan Bin Zein et révoque l’ordre d’expulsion.

Sincèrement, (Nom / organisation)

Addresses: ADRESSES : Sa Majesté, Roi Abdullah bin Abdul Aziz Al Saud Kingdom of Saudi Arabia Tel: +966 1 488 2222 Fax: +966 1 491 2726

Dr. Bandar bin Abdullah El Aiban President The Human Rights Commission P.O. Box 58889 Riyadh 11515 King Fahed Street Building 373, Riyadh Kingdom of Saudi Arabia Fax: +966 14 612 061 Email: shakwa@haq-ksa.org

Son Excellence, Dr. Muhammad bin Abdul Elkarim Abdul Azziz El Issa Ministre de la Justice University Street, Riyadh 11137 Kingdom of Saudi Arabia Fax: +966 1 401 1741

Prince Saud bin Abdelmuhsin Al Saud Gouverneur de la Région de Hail Fax: +966 6 5336668 Phone: +966 6 5331813 hail@hail.gov.sa

Ambassade d'Arabie Saoudite en France 5 av Hoche 75008 PARIS France Tel 01 56 79 40 00 Fax : 01 56 79 40 01

Ambassade d'Arabie Saoudite en Belgique 45 Ave. Franklin Roosevelt 1050 Bruxelles Tel: 6492044/6495725 Fax: 6472492

Ambassade d'Arabie Saoudite au Canada 99 Bank St., Ste. 901 Ottawa, Ont. K1P 6B9 Tel: (613)237-4100/4101/4102/4103 Fax: (613)237-0567

Ambassade d'Arabie Saoudite en Suisse 12 Kramburg Strasse Berne 3006 Tel: 441555/441556 Fax: 430634

Voir ici la liste des ambassades saoudiennes

Submitted on 04/16/2009 in Violence à l’encontre des femmes Crime d’honneur Moyen Orient Arabie Saoudite WLUML/allies