L'organisation non gouvernementale U.N. Watch a rendu public un rapport cet après-midi aux Nations Unies dans lequel elle estime que, 60 ans après la promulgation de la Déclaration universelle des droits de l'homme, inspirée par Eleanor Roosevelt et René Cassin, le système des droits de l'homme de l'O.N.U. est en crise. L'Assemblée générale de l'O.N.U. célèbrera demain la Déclaration universelle proclamée en 1948, a rappelé U.N. Watch.

Le document intitulé « Eleanor's Dream » (le rêve d'Eleanor), qui a été présenté par le Directeur exécutif de U.N. Watch, M. Hillel Neuer, dresse un bilan statistique des travaux du Conseil des droits de l'homme (C.D.H.). Il en ressort que 13 membres seulement sur les 47 que compte cette institution ont voté positivement en faveur du renforcement des droits de l'homme sur 32 résolutions clefs adoptées par le Conseil. En revanche, 34 pays ont voté dans le sens d'un affaiblissement des droits de l'homme. U.N. Watch (www.unwatch.org) a même dressé un palmarès en classant les 47 États Membres qui font partie du Conseil des droits de l'homme en fonction de leur vote (positif, négatif ou neutre). Il en ressort que le champion en matière de droits de l'homme est le Canada. Il est suivi de sept pays classés ex-aequo: l'Allemagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Roumanie, le Royaume-Uni et la Slovénie. Près de la moitié des membres du Conseil (23) sont des démocraties, selon les critères retenus par U.N. Watch.

Le Directeur exécutif de U.N. Watch a rappelé au cours de la conférence de presse tenue au Siège, que le Conseil des droits de l'homme, créé en 2006 pour remplacer une Commission des droits de l'homme par trop discréditée, était censé marquer un nouveau départ: « Malheureusement, à de rares exceptions, c'est le contraire qui s'est produit », a estimé M. Neuer. « Le Conseil est dominé aujourd'hui par une alliance de régimes répressifs parmi lesquels la Chine, Cuba et l'Arabie saoudite, alliance qui agit systématiquement de manière à miner et à affaiblir les principes fondamentaux et les mécanismes créés par la génération des Eleanor Roosevelt, René Cassin et de leurs successeurs », a accusé Hillel Neuer.

Le Directeur exécutif de U.N. Watch a donné comme exemple le fait que des États musulmans soutenus par Cuba aient réussi à amender le mandat concernant la liberté d'expression en introduisant à l'inverse une provision sur l'abus qui pourrait être fait de cette liberté. Concernant l'examen périodique universel (E.P.U.) qui permet de faire le bilan d'un pays en matière de respect et de promotion de droits de l'homme, il a estimé que l'exercice est généralement vain. Alors que cet instrument a « un potentiel », de nombreux pays « utilisent leur temps de parole pour louer leurs alliés » et s'abstiennent de la moindre critique, a accusé M. Neuer. Citant le cas du Soudan, il s'est étonné que le C.D.H. ait pu se féliciter de la « collaboration » de ce pays dans certaines de ses résolutions. En 2007-2008, le Conseil des droits de l'homme n'a pas mis en cause les pires cas de violations des droits de l'homme commis au Soudan, affirme encore U.N. Watch dans son rapport. Les auteurs du document constatent que depuis sa création, le C.D.H. a condamné la République populaire démocratique de Corée à une reprise, le Soudan dans quatre résolutions et Israël dans une vingtaine.

Interrogé sur la possibilité d'amender la Déclaration universelle des droits de l'homme dans le sens d'une meilleure protection des minorités ethniques ou religieuses, M. Neuer a répondu que cela lui paraissait d'autant moins envisageable qu'il ne « serait pas certain que la Déclaration serait adoptée aujourd'hui » si elle était à nouveau soumise au vote des États Membres.

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