En décembre 2001, "Lyon Mag" avait publié un portrait de Bernard Lugan, un professeur d'histoire africaine à Lyon 3 proche de l'extrême droite. Et on avait traité ce personnage assez loufoque "d'énergumène". Un terme repris un mois plus tard pour répondre à son droit de réponse. Et après 7 ans de procédure, la Cour européenne des droits de l'homme vient de donner raison à "Lyon Mag", défendu par Me Marie-Christine de Percin, pour atteinte au droit de la presse, en affirmant que le terme "énergumène" est ironique, et non injurieux.

Poursuivi pour injure publique envers un fonctionnaire, "Lyon Mag" avait été condamné à une amende et à la publication de l'arrêt car la cour d'appel de Lyon avait estimé que l'emploi du terme "énergumène" constituait une marque de mépris portant atteinte à la réputation.

Mais l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme relève que si ce terme "possède incontestablement un caractère ironique, son emploi, même répété, ne saurait à lui seul et dans les circonstances de l'espèce, être considéré comme injurieux". Quant à la nécessité de protéger la fonction d'universitaire, la Cour estime qu'elle ne saurait l'emporter sur l'intérêt à communiquer et celui du public lyonnais à recevoir des informations au sujet du professeur et de ses méthodes d'enseignement.

Du coup, "Lyon Mag" a obtenu au total 13 000 euros. Une décision qui devrait faire jurisprudence.