La 7ème édition de la Gay Pride à Jérusalem s’est déroulée le jeudi 26 juin sous un arsenal sécuritaire plutôt imposant. Deux mille hommes répartis sur les toits, les balcons, dans des hélicoptères ou des dirigeables étaient en charge de surveiller les quelque 2000 participants venus défiler pacifiquement dans les rues de la ville.

L’association Open House en médiatrice
L’atmosphère était beaucoup plus calme que les années précédentes, parfois ponctuées d’événements dramatiques. Lors du quatrième défilé gay à Jérusalem en 2005, un ultra-orthodoxe avait poignardé deux participants. La cinquième Gay Pride s'était, elle, transformée en un rassemblement le 10 novembre 2006 dans un stade de la ville sous haute surveillance policière. La Gay Pride 2007, prévue dans les rues de Jérusalem, avait été annulée en raison de violentes manifestations générées par les milieux ultra-orthodoxes. Ils s'insurgeaient contre la profanation du "caractère sacré" de la ville par une manifestation "sodomite". Cette année, la vieille-ville de Jérusalem n’était pas non plus accessible au défilé parce qu’y résident les lieux saints de plusieurs grandes religions monothéistes. L’association de défense des homosexuels Open House, qui avait demandé une autorisation à la mairie de Jérusalem en bonne et due forme pour organiser la parade annuelle, entendait se donner les moyens de mettre en place une marche dans de meilleures conditions. La communauté gay souhaitant être totalement intégrée à la ville sainte, "cette année, nous avons voulu que le défilé se déroule sans violence", explique son directeur Yonathan Leibowicz, "l'Etat d'Israël est juif et démocratique, et nous voulons que ces deux termes ne soient pas contradictoires". Hormis quelques homophobes du quartier ultra -orthodoxe Mea Shearim, qui ont tenté de contre-manifester avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "don’t sodomize Jérusalem", la Gay Pride a pu, cette année enfin, se dérouler sans violence.

Quand les ultras-religieux et l’extrême-droite israélienne s’en mêlent

Mais l’opposition de certains religieux ultra-orthodoxes et de l'extrême droite ne s’était pas fait attendre. Au début du mois de juin, un conseiller municipal du parti Shaas s’est opposé à l’autorisation municipale de la marche. "Une tentative pathétique d'empêcher le défilé" a expliqué le conseiller municipal et leader de la communauté gay Itai Pinkas. L’extrême–droite s’est activée à faire légiférer selon les principes attribués au judaïsme. En effet, à la Knesset, des députés de droite et de partis religieux ont décidé de promouvoir un amendement à la Loi fondamentale de Jérusalem (adoptée en 1980 par la Cour suprême) pour interdire une Gay Pride dans la ville, cet ajout étant déjà passé en lecture préliminaire en 2007. La semaine dernière, c’est le National Jewish Front qui a demandé l'interdiction de la manifestation LGBT. Cette organisation d'extrême droite, qui considère la marche des fiertés comme "une provocation", a été fondée en janvier 2004. Son leader Itamar Ben-Gvir est un ancien membre du parti Kach banni de la Knesset en 1986 et dissous en 1994.
Mais d’autres organisations ont fait entendre leur voix. Au milieu des flags, des ballons, des casquettes, des keffiehs à damiers rouge et blanc et des kippas aux couleurs arc-en-ciel, des membres du Meretz étaient présents à ce rassemblement. "Je suis venu soutenir les manifestants et m'identifier à leurs objectifs : leur lutte ne concerne pas seulement la communauté gay, mais l'ensemble de la société pluraliste d'Israël" précise Haïm Oron, le président de ce grand parti de gauche.

Nathalie Szuchendler

Voir aussi :
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/02/17/1184-mariage-homosexuel-les-propos-du-rabbin-wertenschlag
http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2006/07/07/573-le-grand-rabbin-disrael-demande-au-pape-de-se-prononcer-contre-la-gay-pride http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2006/07/13/580-israel-appel-au-meurtre-des-hommes-de-sodome-et-gomorrhe-4000-euros-de-recompense