Instrumentalisant une fois de plus la commémoration du massacre de Sétif du 8 mai 1945, les quelques troupes des "indigènes de la République" ont défilé en portant des pancartes célébrant Gandhi ou Aimé Césaire... Mais aussi le Sheikh Yassine (Hamas) et Hassan Nasrallah (Hezbollah) avant de faire applaudir « les martyrs palestiniens Â» : « Abou Jihad ; Abou Nidal ; sheikh Yassine et Abdelazziz al Rantissi Â».

Le massacre de Sétif n'occupait en fait qu'une bien maigre place dans leurs revendications, surtout tournées vers la célébration du recours à la violence et à la haine.

Une fois de plus, ce mouvement prouve son incapacité à faire la différence entre un combat légitime contre le racisme post-colonial et le soutien à des mouvements violents et extrémistes que Ghandi ou Martin Luther King désapprouveraient, comme ils désapprouvaient respectivement les extrémistes hindous et Nation of Islam du temps de leur lutte — autrement plus difficile — contre la colonisation et la ségrégation.

Les animateurs du mouvement des Indigènes sont loin de ces modèles. Racistes et ségrégationnistes dans l'âme, ils préfèrent appeler à la création d'un parti censé résister à la «suprématie blanche et chrétienne» plutôt que de militer efficacement contre le racisme sur une base universaliste et fédératrice. Ils préparent depuis longtemps Houria Bouteldja à tenir ce rôle lors d'une élection. Sur le plateau de Ce soir ou jamais, où elle est régulièrement invitée, elle n'a pas hésité à parler des blancs — assimilés des Français de souche parce que blancs — comme des "souchiens". Beau programme. A quand les alliances avec le Front national ?

Caroline Fourest