Geert Wilders est libre de dire que le Coran est « un livre fasciste Â» et de traiter Mahomet de « barbare Â». C'est ce qu'a statué un juge de La Haye, aux Pays-Bas, lundi. Il a estimé que le député d'extrême droite n'avait pas enfreint la loi qui interdit d'encourager la haine ou la violence dans son film intitulé Fitna (La discorde, en langue arabe).

Dans son jugement, la cour a invoqué le principe fondamental de la liberté d'expression. Elle reconnaît que les formulations choisies par le député sont provocantes, mais refuse d'admettre qu'il a lancé un appel à la haine ou à la violence.

Fitna montre des images d'actes terroristes et d'exécutions dans des pays musulmans, et il fait entendre des propos d'intégristes, en les associant à des extraits du Coran, le livre saint de l'islam. Ce film de 17 minutes a provoqué de vives protestations au Pakistan, en Iran, en Indonésie et en Afghanistan.

La Fédération islamique des Pays-Bas avait porté plainte contre Geert Wilders et son film mis sur Internet le 28 mars. Elle voulait obliger le député à s'excuser pour ses déclarations, notamment pour avoir comparé le Coran à Mein Kampf d'Adolf Hitler.

Elle demandait en outre au tribunal de l'empêcher d'insulter les musulmans par écrit, dans un film ou de vive voix.

Mais le juge a refusé. Il a écrit, dans son jugement, qu'une interdiction générale de faire des déclarations dans le futur portait atteinte à la liberté d'expression du défendeur et se comparaît à une censure préventive. Selon le juge, un député comme Geert Wilders doit pouvoir exprimer ses opinions, parfois dans des termes crus.

Le député d'extrême droite s'est montré heureux que la décision du tribunal vienne confirmer son droit à la libre expression. Geert Wilders a fondé le Parti de la liberté, qui détient 9 des 150 sièges au Parlement néerlandais.

Source : Radio Canada - 7.4.08