Taslima Nasreen songe à quitter l'Inde
Exfiltrée de son domicile, elle vit depuis quatre mois dans une maison de sécurité à New-Delhi, où elle dispose d'un téléphone et d'un ordinateur mais ne peut recevoir aucune visite. Déprimée, isolée et malade, elle annonce qu'elle va quitter l'Inde pour tenter de ne pas finir par en crever. Les intégristes peuvent se réjouir. Eux qui ne lui ont laissé aucun répit depuis 1994. Elle a bien payé, bien souffert. Ce ne sont pas eux — les assassins, les fanatiques — qu'on a punis mais elle. Elle et tous les esprits libres qui n'oseront plus parler si les gouvernements ne réfléchissent pas à une autre façon de protéger leur liberté de parole et de mouvement.
Et pendant ce temps, Ayaan Hirsi Ali compte toujours le nombre d'heures où elle peut sortir en toute sécurité. Le groupe parlementaire européen de droite n'a toujours pas signé la question écrite demandant à l'Union européenne de financer sa protection. Le vice-président de l'Union cherche une solution "technique". Et Nicolas Sarkozy a assuré le premier ministre néerlandais de son soutien dans son combat contre... les "amalgames" envers l'Islam. On espère qu'il tiendra sa promesse lors de la présidence française de l'Union. Car la création d'un fonds communautaire pour financer la protection des personnes menacées en raison de leurs opinions n'a jamais été aussi urgente.
Caroline Fourest
Source : NEW DELHI (Reuters), Bappa Majumdar, version française Eric Faye
mardi 18 mars 2008
Ayaan H.Ali et Taslima Nasreen
Vidéo envoyée par prochoix
Ayaan Hirsi Ali et Taslima Nasreen sont toutes deux menacées par les intégristes pour avoir osé penser et écrire en toute liberté. Extrait du journal du TF1 du 11 février 2008 (notamment consacré au comité de soutien organisé à Paris pour demander le financement de la protection d'Ayaan).
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