Communiqué de presse de Benoît Hamon, député européen

Bruxelles, le 29 Février 2008

Suite à la réunion des Ministres UE des Affaires Intérieures, le Vice-président de la Commission Frattini a déclaré aujourd'hui, lors d'une conférence de presse, avoir obtenu un soutien unanime sur le principe d'une sorte de reconnaissance mutuelle entre les Etats Membres et leurs autorités de police quant aux mesures de protection des personnes menacées. Ceci devrait permettre, selon Frattini, que ces personnes puissent librement circuler sur le territoire de l'Union, par exemple pour participer à des conférences dans un autre état membre, leur protection étant assurée et prise en charge par les autorités du pays d'accueil.

Le député européen Benoît Hamon (PSE, F), qui mène au Parlement Européen la campagne pour une prise en charge par l'UE de la protection d'Ayaan Hirsi Ali, ancienne députée néerlandaise menacée de mort pour avoir exercé sa liberté de pensée et d'expression, dont la protection n'est plus assurée par les Pays-Bas, estime que ces déclarations sont "bienvenues, mais encore beaucoup trop floues".

" C'est une bonne chose que la situation de Ayaan Hirsi Ali et de tous les citoyens européens, dont la vie est menacée pour avoir simplement exercé les libertés fondamentales garanties notamment par la Charte, soit enfin débattue au sein des plus hautes instances de l'Union Européenne. Frattini a raison d'affirmer que les citoyens européens particulièrement menacés, tels que Ayaan Hirsi Ali, doivent pouvoir se déplacer librement et en sécurité sur le territoire de l'Union.

Malheureusement, trop de questions restent sans réponse. Ce principe de "reconnaissance mutuelle" sera-t-il inscrit dans un texte légal contraignant ou dépendra-t-il du bon vouloir de chaque gouvernement ? Pourquoi ces personnes dont la vie est menacée devraient-elles désormais être empêchées de quitter le territoire de l'UE ? S'agit-il de garantir vraiment à la fois le droit à la vie, à la sûreté et la liberté d'aller et venir de ces citoyens, coupables d'avoir osé s'exprimer de façon dérangeante, ou seulement de leur concéder une sorte de privilège de sortie occasionnel, hors du bunker ou de la prison où ils seraient confinés pour réduire le coût de leur protection ?

Malgré ces déclarations, la protection de Ayaan Hirsi Ali aujourd'hui n'est plus financée. Je demande à la Commission, au Conseil et au Parlement de l'UE de passer de la parole aux actes, soit par une législation qui obligerait l'ensemble des Etats Membres à prendre leur responsabilité, soit en dégageant des fonds européens pour la défense des personnes en danger en raison de leurs opinions. "