Le Conseil National de l’UMP qui a eu lieu samedi dernier en présence du Président de la République et du Premier ministre, a non seulement lancé la campagne pour les municipales, mais a été aussi l'occasion pour Sarkozy de railler les revendications LGBT. En réaction à la candidature du député homophobe Christian Vanneste à la municipalité de Tourcoing, trois militants d'Act-Up ont manifesté leur désapprobation pendant le discours présidentiel au meeting de clôture de ce congrès. D'après http://www.latelelibre.fr, ils ont été vigoureusement évacués des tribunes réservées à la presse par le service d'ordre, arrêtés ensuite par la police et mis en garde-à-vue.

“ La commission a investi M. Vanneste parce qu’il avait un très beau projet pour Tourcoing. Il a le soutien de l’ensemble des partis locaux de la majorité, une liste très ouverte à l’ensemble des sensibilités” a expliqué le secrétaire général adjoint de l’UMP Dominique Paillé, expliquant que ce sont ses “qualités d’homme”, “de convictions personnelles” qui ont mené l’UMP à ce choix.

On rappellera à quel point l'ouverture d'esprit reste une option chez Christian Vanneste. Il avait déclaré en janvier 2005, dans La Voix du Nord : “l'homosexualité est inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité (...) S'ils étaient représentants d'un syndicat, je les recevrais volontiers. Mais là ils ne représentent rien”. SOS homophobie, ACT-UP Paris et le SNEG, constitués en partie civile, avaient fait citer Vanneste en avril 2005 devant le Tribunal correctionnel de Lille pour injures homophobes. Ce qui lui valut une condamnation de 3000 euros en janvier 2006 malgré son pourvoi en cassation, mais pas d'exclusion de l'UMP alors que Sarkozy s'était engagé à bannir le député en cas de récidive. Selon SOS-Homophobie, “Christian Vanneste a maintenu et réitéré ses propos, sur son blog et dans les médias”. Au côté de Christine Boutin, il fait parti des 280 parlementaires opposés à l'homoparentalité dans un manifeste d'avril 2006, et comme elle, il s'est prononcé contre la loi sur les signes religieux à l'école en février 2004. Membre du Centre national des indépendants et paysans (CNI), parti associé à l'UMP, Vanneste est aussi résolument partisan de la peine de mort pour les terroristes, et reste l’initiateur d'un sous-amendement à la loi de février 2005 proclamant le rôle positif de la colonisation française ...

L'investiture du député intégriste s'est traduite par un tôlé d'indignations du côté des associations LGBT, y compris le mouvement associé à l’UMP, GayLib. Tandis que les Verts réclament la "désinvestiture" du candidat, la porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale qualifie ce choix homophobe en tête de liste UMP de "honte de la République". Aurélie Filippetti constate qu'il "est inadmissible que des responsables politiques condamnés pour des propos homophobes, puissent encore prétendre, dans notre pays, à un mandat politique”. Ce n’est pas l’avis de l’UMP qui y verrait plutôt une affaire de divergence d’opinions et finalement de liberté d’expression. Au mépris de l'égalité prônée par la République française, et de la légalité.

Nathalie Szuchendler