13 homosexuels présumés sont actuellement en détention provisoire au Cameroun. Alternatives-Cameroun (association de défense des droits humains) et l’antenne africaine de l’IGLHRC (International Gay and Lesbian Human Rights Commission) coordonnent une mobilisation internationale autour du 10 décembre, à Pretoria (Afrique du Sud), Washington (USA) et Paris.

A Paris, Les Panthères roses appellent à un rassemblement pour dénoncer le mépris des droits humains fondamentaux dont sont victimes ces 13 hommes et exprimer notre solidarité avec eux et Alternative-Cameroun, ce dimanche 9 décembre sur le Parvis des Droits de l'Homme, M° Trocadéro. L’article 347 bis du code pénal camerounais stipule en effet qu’ « est punie d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans et d’une amende de 20 000 à 200 000 francs CFA toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe ». Ces dernières années, de nombreuses condamnations ont été prononcées. La répression envers les présuméEs homosexuels et lesbiennes a été alimentée par une vaste campagne homophobe en 2006. Des jeunes supposées lesbiennes ont notamment été exclues de leurs collèges en raison de leur orientation sexuelle présumée.

Des détentions contraires aux traités sur les droits humains
Les cas de torture dans les prisons sont courants, plusieurs détenuEs ou ancienNEs détenuEs présuméEs homosexuelLEs ont fait part de maltraitances, de non accès aux soins, d’humiliation de la part des équipes pénitentiaires comme des autres détenuEs. Alim Mongoche, 30 ans, condamné pour son orientation sexuelle présumée, est décédé en juin 2006, une semaine après sa sortie de prison. Sa mort est directement imputable à une absence de soins qu’exigeait son état de santé. Le groupe de travail de l’ONU sur les détentions arbitraires a communiqué un avis en octobre 2006 dans lequel il stipulait que ces arrestations et détentions sont contraires aux traités sur les droits humains que le gouvernement camerounais a ratifiés. Ce groupe de travail de l’ONU demande aux autorités de réviser les lois anti-homosexuelLEs. Alternatives-Cameroun vient en aide aux victimes, souvent rejetées par leur entourage. L’antenne africaine de l’IGLHRC collabore avec les différentes associations africaines de soutien aux homosexuelLEs et se mobilise sur la situation camerounaise.

Colonialisme, homophobie : les dominations se renforcent
Dans les pays africains, l’homophobie est parfois alléguée par une posture soi-disant anti-coloniale qui voudrait faire croire que l’homosexualité est une invention du colon blanc. Comme les immigréEs en Europe, les homosexuelLEs en Afrique sont des boucs émissaires. Contrairement aux propos de Sarkozy, les hommes africains ont une histoire, les femmes africaines aussi. Contrairement aux propos de certains homophobes, les homosexualités africaines ont également leur histoire. L’homophobie actuelle s’appuie notamment sur l'héritage de la morale chrétienne des missionnaires européens qui ont stigmatisé des pratiques dites homosexuelles.

Les africainEs ont une histoire, les homosexualités aussi
Les identités lgbt en Afrique comme ailleurs sont en construction. C’est aux africainEs de décider ce qu’ilLEs veulent faire de leur histoire passée, présente et à venir. Il n’y a pas un seul modèle « homosexuel », chaque groupe doit pouvoir développer ses luttes et ses identités selon ses propres réalités.

Nos désirs n'ont pas de frontières
A Yaoundé, Cracovie, Istanbul, Rome, Téhéran, Paris, Washington, Pretoria… partout dans le monde, respect de nos orientations sexuelles et identités diverses !

Libération des 13 emprisonnés au Cameroun !

Manifestation pour la libération de 13 présumés homosexuels camerounais Dimanche 9 décembre - 16h - Parvis des Droits de l'Homme, M° Trocadéro ATTENTION : nous attendons encore confirmation pour l'heure et le lieu. Merci de nous contacter pour confirmation du rendez-vous. pr@pantheresroses.org