La République des lettres, un site ami des indigènes de la République, n'a pas résisté à sauter sur l'occasion (la démission de 28 comités de Ni putes ni soumises) pour donner raison aux attaques de collectif "féministes" pro-islamistes comme les Blédardes : "pour de nombreux observateurs, Ni Putes Ni Soumises se révèle plutôt comme une organisation en trompe-l'oeil dont la popularité a été créée artificiellement par les médias et l'establishement politique. Ses discours de défense du métissage social ainsi que sa promotion d'un nouveau féminisme "mixte" et "laïque" basé sur "l'égalité" et "le respect", sont en réalité un faux nez qui contribue au contraire à renforcer la discrimination dont sont victimes les jeunes des quartiers".

Ce type d'attaques a longtemps tenu unis les comités de NPNS, malgré les dysfonctionnements internes qui — jusqu'à l'entrée de Fadéla Amara au gouvernement — relevaient surtout de la forme et non du fond. Ceux qui s'opposent à une instrumentalisation politique de Ni putes ni soumises par l'approche Sarkozyste ne laisseront pas les mouvements victimaires pro-intégristes salir le combat de l'organisation jusqu'à cette date. Car jusqu'à cette date, il a été celui de femmes et d'hommes qui croient à la laïcité et à l'égalité pour tous (y compris dans les quartiers populaires). Contrairement à la propagande victimaire voulant que dénoncer le sexisme et la montée de l'intégrisme dans les quartiers populaires relève du racisme (même lorsque ces combats sont portés au nom de l'égalité par les féministes et les laïques de ces quartiers !).

En réalité, la fronde actuelle démontre au contraire que ces militants savent faire la différence entre une approche laïque et une approche sécuritaire. Ils l'ont prouvé en réagissant (avec un certain courage) dès que cette ligne jaune a été franchie. Le reste n'est que mauvaise foi.

Caroline Fourest