A partir de janvier 2007, la pilule abortive (RU 486) pourra être délivrée par les médecins des centres du planning familial. Cette nouvelle disposition proposée par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, s'inscrit en effet dans dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. L'utilisation de l'avortement médicamenteux comptabilise 42 % des IVG en France, bien qu'il fallut une attente de trois ans pour l'instauration des décrets d’application de la loi de 2001 ! Cette alternative à un intervention chirurgicale ne pouvait être prescrite que par les gynécologues, les généralistes, les personnels médicaux scolaires et dans les médecins hospitaliers, depuis 2004. Elargi à un public plus fragile et plus précaire, l'IVG sera donc plus accessible à l'ensemble de la population féminine, notamment dans les quartiers où les offices du planning familial sont très implantées. Il existe près de 800 centres en France. Sollicités par les femmes les plus vulnérables et par des filles très jeunes, le Planning familial leur permet de bénéficier d'un meilleur accueil et de l'accompagnement nécessaire à la prise en charge des problèmes qu'elles peuvent rencontrer: médecin, psychologue, assistante sociale, conseillère conjugale.
En 2006, 16,5 % seulement des IVG médicamenteux étaient réalisées par des médecins libéraux. Parmi les 731 médecins actuels conventionnés pour prescrire une IVG «à la maison», seuls 34 % sont généralistes et la majeure partie est constituée de gynécologues. Selon le texte en question, "la mesure permettra de multiplier le nombre des acteurs qui peuvent pratiquer". En matière de coût, la RU 486 totalise près de 200 euros qui impliquent médicaments et visites. Le planning familial souhaite donc qu'elle soit rapidement soumise au ticket modérateur, la dépense en serait alors réduit de 80% pour chaque patiente.
Quatre députés de droite ont déposé un amendement contre cet article, dont Jean-Frédéric Poisson – suppléant de Christine Boutin –, Etienne Pinte ou Jean-Marc Nesme, initiateur du Manifeste parlementaire contre l’homoparentalité. Cet amendement a été rejeté, mais il faut rester vigilants.

Nathalie Szuchendler