M. Sutanto, général de la police nationale indonésienne, a donné l'ordre il y a quelques jours de procéder à l'arrestation des membres d'une secte musulmane (Al-Qiyadah al Islamiyyah).

Créée il y a sept ans dans la région de Bogor par Haji Salam, aussi connu sous le nom de Ahmad Moshaddeq, la secte a convaincu près de 42 000 membres. En juillet dernier, après une méditation de 40 jours, son gourou a déclaré qu'il était un prophète de l'islam et qu'il remplaçait désormais le Prophète Mahomet. Il expliquait qu'Allah lui parlait en rêve et lui demandait de purifier les preceptes de Mahomet. Parmi ses enseignements, le nouveau prophète récusait l'obligation de la prière 5 fois par jour et le fait de se tourner vers la Mecque pour prier.

Suite à cette déclaration, les organisations musulmanes indonésiennes ont émis des protestations. Habib Abdurahman Assegaf, porte parole de l'Indonesian Islamic Movement, a demandé officielement au gouvernement de mettre fin aux agissements de la secte, "sans quoi" a-t-il déclaré, "nous nous en occuperons nous même". Le mouvement a même donné jusqu'a jeudi 1er novembre au gouvernement pour régler le problème. Au delà de cette date, le mouvement "déploiera ses membres et détruira tous ses biens".

Le chef de la police s'est donc exécuté. Deux raisons ont été données pour justifier l'interpellation. Empêcher la secte de diffuser de "faux enseignements" et la "protéger" contre les éventuelles attaques de groupes musulmans. Lors d'une conférence de presse, le général Sutanto a déclaré "nous avons demandé (aux autorités locales) de trouver tous les dirigeants de la secte, car elle a déclenché une grande anxiété auprès du public" (1) Et de poursuivre, "nous demanderons aux dirigeants de nous avouer leurs vraies motivations et aux simples membres d'abandonner leur idéologie et de retourner à leur foi précédente".

Fiammetta Venner

(1) Jakarta Post, 30 octobre 2007