En adoptant la loi relative à l’immigration, l’intégration, l’asile, le parlement a modifié la loi Informatique et Liberté en autorisant la collecte de «statistiques ethniques » dans le cadre d’« études sur la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l’intégration ». Dès 2008, une grande enquête publique prévoit de demander à 24 000 personnes de répondre à des questions comme « De quelle couleur de peau vous diriez-vous ? » ou « Avez-vous une religion ? Si oui, laquelle ? » etc..

Il est urgent de se mobiliser devant ce renoncement aux principes fondateurs de notre République. Aujourd’hui, un appel est lancé :

Je refuse les « statistiques ethniques »…

Je refuse que quiconque me réclame ma couleur de peau, mon origine ou ma religion… Ni l’Etat, ni mon chef d’entreprise, ni un institut de sondage. Je refuse que l’on puisse faire de même avec mon conjoint, mes enfants ou mes parents… Mon identité ne se réduit pas à des critères d’un autre temps… Celui de la France coloniale ou d’avant août 44.

Je m’oppose à un Etat qui réhabilite une nomenclature raciale en se fondant sur la couleur de peau ou établisse un référentiel ethnico-religieux sur la base d'origines ou d'appartenances confessionnelles réelles ou supposées en totale contradiction avec les libertés et droits fondamentaux de la personne.

Prétendre que l’action en faveur de l’intégration et l’égalité de traitement reposent sur l’établissement de « statistiques ethniques » est une manipulation intellectuelle et politique. On ne combat pas les phénomènes discriminatoires à l’aide de marqueurs identitaires. Les organisations qui se donnent pour objet de lutter contre les discriminations sont d’ailleurs massivement hostiles aux « statistiques ethniques » ! Ne faudrait-il pas commencer par publier les décrets d’application du CV anonyme et ouvrir les 5,2 millions d’emplois non régaliens actuellement fermés aux étrangers non européens ?

La nécessaire connaissance de la réalité des discriminations doit passer par d’autres moyens comme, par exemple, les « testings » qui doivent se pratiquer à grande échelle comme le fait le BIT… Le regard doit d’abord se poser sur les auteurs de discrimination. S’opposer à un délit a toujours nécessité d’étudier l’attitude du délinquant, pas celle des victimes potentielles.

Autoriser de telles les « statistiques ethniques » conduit à renforcer une vision ethnicisante du monde et offre une prétendue caution scientifique aux stéréotypes racistes qui continuent malheureusement de travailler de l’intérieur la société française. Après les tests ADN qui organisent un « tri » parmi les immigrés, la dimension raciale et/ou ethnique ne doit pas servir à diagnostiquer les Français.

Je refuse que l’on m’enferme dans une catégorie ethno-raciale pour finalement, à l’aide de cette dangereuse grille d’interprétation, définir mes droits et juger mes comportements …

Je souhaite que l’on cherche à diagnostiquer réellement les pratiques discriminantes afin de contraindre les auteurs à y mettre un terme sans délai et obtenir des condamnations dissuasives par la voie civile ou pénale.

Au fond, je refuse de renier les principes fondateurs de notre République !

Pour signer la pétition : http://www.fichepasmonpote.com/

Premières signatures



- Mouloud AOUNIT (Président du MRAP) - Jean François AMADIEU (Sociologue) - Sarah BENICHOU (Juriste Universitaire) - Pierre BERGE (Fondation Pierre BERGE-YSL) - Martine BILLARD (Député Les VERTS de Paris) - Alain BLUM (Démographe, INED) - Malek BOUTIH (Secrétaire National du PS aux questions de Société) - Jean Yves CAMUS (Politologue) - Roland CASTRO (Urbaniste) - Abdou CHAOUI (Président des Maisons des Potes) - Didier DAENINCKX (Ecrivain) - Harlem DESIR (Député Européen PS) - Jean Philippe DUHAMEL (Avocat à la Cour de Cassation) - Caroline FOUREST (Essayiste) - Patrick GONTHIER (Secrétaire Général UNSA Education) - France GUERIN-PACE (Statisticienne, INED) - Tiennot GRUMBACH (Avocat honoraire) - Raphael HADDAD (Président de l’UEJF) - Adil JAZOULI (Sociologue) - Bruno JULLIARD (Président de l’UNEF) - Kamel KATEB (Démographe, INED) - Eric KESLASSY (Sociologue) - Bariza KHIARI (Sénatrice PS de Paris) - Marie Thérèse LANQUETIN (Juriste, Universitaire) - Didier LAPEYRONNIE (Sociologue) - Frederic LEOHNARDT (Urbaniste) - Daniel LINDENBERG (Universitaire) - Hervé LE BRAS (Démographe, INED) - Victorin LUREL (Député PS de la Guadeloupe) - Tristan MENDES France (Ecrivain) - Georges PAU LANGEVIN (Député PS de Paris), - Tristan ROUQUIER (Président de la FIDL) - Serge SLAMA (Juriste, Universitaire) - Dominique SOPO (Président de SOS Racisme) - Ibrahim K SOREL (Président de Banlieue du Monde) - Samuel THOMAS (Vice-président de SOS Racisme) - Dominique TRICAUD (Avocat membre du conseil de l’Ordre) - Fiammetta VENNER (Politologue)