Dans le monde, 100 à 140 millions de femmes ont subi une mutilation sexuelle. Ces mutilations, classées par l’OMS en 4 types, vont de l’excision partielle du clitoris à l’ablation totale des organes génitaux externes et à la suture de l’orifice vaginal.
A partir des données connues sur l’excision dans les différents pays de l’Afrique sub-saharienne, Armelle Andro et Marie Lesclingand, chercheuses à l’Institut national d’études démographiques, ont émis l’hypothèse de 50 000 femmes adultes excisées vivant en France. Si les campagnes de prévention et l’arsenal législatif, condamnant les parents et les personnes pratiquant les mutilations jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle, ont permis de faire reculer la pratique d’excisions sur le territoire français, il se pourrait que les mutilations soient toujours effectuées lors de séjours dans le pays d’origine de la famille ou de reconduites à la frontière. Si les mutilations sexuelles sont souvent présentées comme résultant de commandements religieux, les auteurs du n° 438 de Population et Société remarquent qu’ « En Ethiopie, par exemple, les ¾ des femmes sont excisées alors qu’un tiers seulement de la population est musulmane ». Le numéro de Population et Société consacré aux mutilations sexuelles est disponible en intégralité sur le site de l’INED.

http://www.ined.fr/fr/ressources_documentation/publications/pop_soc/

Signalons aussi la parution d’Exciseuse aux editions City dans lequel Hawa Gréou, première et seule exciseuse condamnée en France, dialogue avec Linda Weil-Curiel, l’avocate l’ayant faite condamner.

Alexandre Lassalle