"Les temps sont mauvais. Je ne sais pas ce qui m'attend. Ou bien les extrémistes vont me tuer, ou bien le gouvernement indien va m'expulser", écrit Taslima Nasreen dans un message adressé début octobre à l'éditrice Antoinette Fouque, qui a aussitôt fait un communiqué.

Interdite dans son propre pays, le Bangladesh, réfugiée en Inde, l'écrivaine Taslima Nasreen a vu sa tête de nouveau mise à prix par des fondamentalistes musulmans d'une province indienne, où elle est poursuivie en prime pour "vues anti-islamiques". Obligée de renouveler tous les 6 mois son visa, inquiète de voir sa sécurité menacée, elle a demandé aux autorités compétentes de lui accorder la Citoyenneté Indienne. Sa demande vient d'être refusée le 9 octobre 2007 par le ministère de l'Intérieur.

Selon la Constitution, un ressortissant d'un pays étranger doit avoir vécu en Inde au moins 11 ans avant de pouvoir faire cette demande de citoyenneté. Mais ce refus trahit surtout la fébrilité du gouvernement indien, qui ne veut pas d'engager à faire de son pays un refuge sûr et durable pour Taslima Nasreen. Laquelle reste à la merci du chantage et de la pression islamiste.