Le Fonds mondial de la lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme réuni les 27 et 28 septembre à Berlin, a mobilisé 9,7 milliards de dollars pour la lutte contre les trois pandémies.
La mobilisation de 900 millions d’euros, soit 1,250 milliards de dollars, place la France en tête des pays donateurs, d’ailleurs sommés par l’Unicef de “tenir leurs promesses” à la veille de la conférence allemande.

L’implication française dans le Fonds mondial
Créé en 2001, le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme se veut un instrument multilatéral de lutte contre les trois grandes pandémies qui tuent chaque année 6 millions de personnes dans le monde. Le Fonds a programmé la mise sous traitement anti- rétrovirus de 1,1 millions de personnes atteintes du Sida, le traitement contre la tuberculose de 2 800 000 hommes et femmes et la distribution de 30 millions de moustiquaires imprégnées pour la prévention du paludisme. Les plans du Fonds Mondial ont déjà permis d’éviter 1 800 000 décès dans le monde, soit de préserver environ 3 000 vies par jour. Membre du Conseil d’administration et finançant aujourd’hui plus de 10% du budget, la France reste le premier contributeur européen du Fonds Mondial et le deuxième contributeur mondial, derrière les Etats-Unis.

L’alarme est déclenchée
L’Unicef - Allemagne a en effet tiré la sonnette d’alarme en matière de Sida. Sur 2,3 millions d’enfants porteurs de la maladie, 15% seulement sont traités sur l’ensemble de la planète. "Les enfants continuent d'être désavantagés dans le combat contre le sida. Des centaines de milliers de filles et de garçons meurent parce que les médicaments et le personnel de santé font défaut", a déploré Heide Simonis, présidente d'Unicef Allemagne. L’organisation réclame l’accès des plus jeunes aux médicaments les plus modernes, un meilleur accès au dépistage et un renforcement de la prévention pour les filles. Non seulement les inégalités face à la maladie creusent encore les disparités économiques et sociales entre hommes et femmes, mais cette situation est encore plus préoccupante dans les populations les plus jaunes. En effet “parmi les 15-24 ans, l’incidence de la contamination au VIH est quatre fois plus élevée chez les femmes (9%) que chez les garçons (2%)” en pays Malawi selon ONUSIDA. Pour une population globale inférieure à 13 millions d’habitants, le Malawi compte un million d’orphelins et autant de personnes infectées par le VIH. “ En Côte d’Ivoire et au Kenya, les filles sont cinq fois plus nombreuse à être infectées” précise l’Unicef.

Des soins modernes à dispenser rapidement
Les nouveaux traitements combinés associent trois anti- rétro viraux sous la forme d'un comprimé à avaler ou à dissoudre. Plus pratiques que les sirops qui doivent être conservés au froid, ils coûtent 46 euros par an et par enfant. Mais le sida tue quelque 330.000 enfants chaque année, un gamin est contaminé chaque minute. En 2006, 530.000 jeunes de moins de 15 ans sont décédés suite au virus. Même si "le traitement des enfants infectés par le sida est aujourd'hui plus simple et moins onéreux qu'auparavant" précise l’Unicef.
Comment peut-on parler encore de “pays en voie de développement” lorsque l’avenir en est sapé ?

Nathalie Szuchendler