L'ancienne députée d'origine somalienne Ayaan Hirsi Ali, menacée de mort pour ses écrits contre l'intégrisme musulman, est rentrée aux Pays-Bas lundi. Selon le journal "NRC Handelsblad", le gouvernement refuse de continuer de payer pour sa protection aux Etats-Unis, estimant que le gouvernement américain devait prendre le relais. Ce qu'il n'a pas fait.

Ayaan Hirsi Ali est placée sous la protection de la police depuis l'assassinat en 2004 par un islamiste du réalisateur Theo van Gogh, pour lequel elle avait écrit le scénario du film "Soumission", un scénario dénonçant le sort réservé aux femmes par les intégristes musulmans. Le meurtrier, condamné à la prison à vie depuis, avait laissé sur le cadavre une lettre la menaçant de mort.

En 2006, Mme Hirsi Ali a été embauchée aux Etats-Unis par l'American Enterprise Institute, un institut de réflexion conservateur installé à Washington. Elle avait accepté cette offre avec soulagement étant donné le climat aux Pays-Bas où une certaine gauche l'a traité d"islamophobie" et une certaine droite menaçé de la déchoir de sa nationalité pour avoir menti afin d'obtenir sa naturalisation (elle fuyait alors un mariage forcé).

Selon le quotidien "NRC Handelsblad", elle est rentrée aux Pays-Bas lundi et a été emmenée dans un lieu sûr non précisé. La porte-parole de l'Institut Veronique Rodman a déclaré ne pas savoir et le ministère néerlandais renvoie sur le coordinateur de l'office de lutte contre le terrorisme dont le porte-parole Wim Kok s'est refusé à tout commentaire.