«Nous exhortons à la liquidation de l'auteur de la caricature, Lars (Vilks), pour avoir offensé notre prophète» et «nous annonçons une récompense de 100.000 dollars pour celui qui tue ce criminel infidèle». Voilà pour le communiqué d'un groupe qui se revendique de «l'Etat islamique d'Irak» pour s'autoriser à lancer une fatwa.

En effet, en principe, une fatwa ne peut avoir valeur de "loi" si elle n'est pas émise depuis un Etat islamique, en l'occurence totalement virtuel.

Le groupe se présente comme une branche irakienne d'Al-Quaïda et vise un dessinateur suédois ayant publié un dessin montrant Mahomet avec un corps de chien dans un journal danois local d'Örebro Nerikes Allehanda, le 18 août dernier. Un dessin publié suite au refus de plusieurs galéries d'art suédoise de l'exposer. Autant dire que personne n'aurait vu ce dessin sans l'hystérie habituelle des islamistes. En l'occurence d'un groupe irakien exigeant des excuses des «croisés» sous peine de s'en prendre à leurs grandes entreprises du pays. «Nous nous réservons le droit de punir l'auteur de ce crime. Nous savons comment vous amener à faire des excuses, sinon attendez-vous à ce que soit frappée l'économie de vos firmes géantes telles que Ericsson, Scania, Volvo, IKEA et Electrolux», menace le dirigeant de la guérilla irakienne.

Il y a huit jours, le Premier ministre suédois Frederik Reinfeldt a tenté de désamorcer la crise en recevant à Stockholm les ambassadeurs d'une vingtaine de pays musulmans. Ce que le gouvernement danois avait refusé de faire au moment de la crise des caricatures de Mahomet. Un geste qui n'a rien changé. Le chargé d'affaires suédois a été convoqué à Téhéran. Et l'ambassadeur de Suède en Arabie saoudite a dû présenter les excuses de son pays à l'Organisation de la conférence islamique (OCI). Mais les menaces continuent.

Le dessinateur est en sécurité à l'étranger et le directeur du journal, également menacé de mort, a été placé sous protection.