Le 13 aout dernier, à Charleville un jeune couple, Younès, boulanger (de nationalité tunisienne) et Lamia sa compagne française reçoivent en mairie la publication des bans et l'enregistrement de leur mariage qui aura lieu le 1er septembre à 14H30. Ils sont heureux de cette validation administrative: c'est une reconnaissance publique de leur amour, une nouvelle étape de leur vie à deux.

Quand ils avaient déposé leur demande d'enregistrement en mairie le 2 août, ils n'étaient pas rassurés: l'expiration du visa de séjour du jeune homme risquait d'être un obstacle à leur union.

Pourtant, l'employé municipal qui les avait reçus pour la constitution de leur dossier de mariage, s'était montré rassurant. Il leur avait expliqué qu'il se devait juste d'informer le Procureur de la République de ce détail, et que compte tenu de leur dossier, il n'y avait pas lieu de s'inquiéter.

C'était sans compter la politique d'expulsions décrétée par Brice Hortefeux et la pression qu'il exerce sur les départements pour appliquer cette politique à la lettre. Une heure à peine après avoir reçu l'agrément de la mairie pour son mariage avec Lamia, Younès est arrêté à son domicile par la police aux frontières qui saisit son passeport et lui notifie son expulsion assortie d'une reconduite à la frontière. Il est placé en détention par le juge des libertés quelques heures après. Lamia est partie travailler. Elle ne prendra connaissance de l'arrestation de son compagnon que le soir. Elle se précipite pour voir son fiancé mais l'entretien qui lui sera accordé sera bref. Younes, désespéré de cette expulsion prochaine, entame une grève de la faim.

Prévenu, le Réseau d' Education Sans Frontière sollicite auprès du tribunal administratif de Chalons en Champagne une demande de libération immédiate de Younès, assortie d'un permis de séjour qui lui permettra de se marier et de pouvoir continuer de vivre en France. Mais cette demande ne suspend pas la mesure d'expulsion. Younès est transféré quelques jours plus tard en centre de rétention, procédure préalable à son expulsion.

L'injustice frappant Younès et Lamia ne constitue pas hélas, un cas particulier. Chaque jour, depuis quelques mois, RESF apprend que des dizaines de couples, de familles, sont arrêtés et séparés de leur conjoint, parent, enfant, au seul motif que ces derniers n'ont pas la nationalité française. Détenus en centres de rétention dans des conditions sanitaires plus que précaires, hommes, femmes, enfants sont ensuite expulsés manu militari vers un pays d'origine qu'ils ont souvent fui pour cause de persécutions et de dictature, ou qu'ils n'ont pas connu.

Contact presse: Arlette Sauvage 06 13 01 18 91

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