Le 10 octobre a été consacrée "journée mondiale contre la peine de mort" depuis 2003. Selon l'AFP, la Pologne s'est opposée à la création d'une journée européenne contre la peine de mort. Proposée à Bruxelles par le Parlement européen le jeudi 30 août, cette journée n'a pas fait l'unanimité au sein de la Commission européenne grâce au refus polonais. Ce qui a permis aux frères Kaczynski de proposer une commémoration plus pertinente à leurs yeux, puisque la peine de mort n'existe plus dans quasiment tous les pays européens. Les très conservateurs et catholiques dirigeants polonais souhaitent en effet la création d'une "journée de défense de la vie", pour condamner à la fois la peine de mort, l'avortement et l'euthanasie... On rappellera que les Kaczynski et le parti PIS auquel ils appartiennent sont ouvertement favorables à la peine capitale, d'ailleurs interdite par la Convention européenne des droits de l'homme. Il existe une politique européenne pour l'abolition de la peine de mort, alors qu'aucune disposition n'a été mise en place au sujet de l'euthanasie et de l'avortement au niveau européen. La faille étant ouverte, l'un des pays les plus rétrogrades de l'Union tente d'infléchir l'Europe dans le sens d'une politique alignée sur les préceptes intégristes du Vatican en matière de droits reproductifs. Et dans la logique du concordat signé entre le Saint-Siège et l'Etat polonais depuis 1995.

Le 09 octobre à Lisbonne, une déclaration commune de l'Union européenne et du Conseil de l'Europe peut instaurer cette Journée européenne avec la signature de tous les membres européens, et réclamer l'abolition universelle de la peine de mort. Encore faut-il convaincre la Pologne jusqu'à cette date-butoir...

Selon Amnesty International, 1.591 personnes ont été exécutées dans le monde en 2006. La Chine, le Pakistan, l'Iran, l'Irak, le Soudan et les États-Unis sont les principaux pays qui appliquent encore la peine de mort.

Nathalie Szuchendler