En plus d'avoir été agressée cet été par des islamistes du parti musulman Majlis-e-Ittehadul, alors qu'elle donnait une conférence de presse pour inaugurer la traduction de l'un de ses ouvrages au salon du livre de Hyderabad (une ville indienne où 38 % des 6.5 millions d'habitants sont musulmans), Taslima Nasreen se voit maintenant poursuivie en justice pour "vues anti-islamiques".

Selon un officier de police de Hyderabad : "une instruction a été ouverte contre Taslima Nasreen dont les les vues anti-islamiques et les écrits heurtent les sentiments musulmans". En Inde, il existe une disposition du code pénal prévoyant que l'incitation à la haine en raison sur des bases religieuses soit punie de 3 ans d'emprisonement.

La plainte a été déposée par le leader d'un parti musulman régional à l'encontre de l'une de ses dernières nouvelles (Getting Even). Quelques heures seulement après son agression. Une agression où elle avait du être évacuée par la police pour se protéger des jets de chaises et autre objets à son encontre. Trois islamistes participant à cette agression sont poursuivis.

Akbaruddin Owaisi, l'un des islamistes, les plus virulents à son égard est poursuivi pour tentative d'"intimidation". Il a en effet déclaré à l'AFP : "une fatwa existe à l'encontre de Taslima Nasreen. C'est un devoir religieux pour les musulmans religieux de l'exécuter".

La fatwa lancée à son encontre en 1994 par des islamistes du Bengladesh - qui lui repprochaient un livre racontant l'histoire d'une famille indoue persécutée par des islamistes - l'a poussé à s'exiler en Inde. Elle continue de la persécuter jusque dans cet exil. En mars, un groupe islamiste indien de la province de l'Uttar Pradesh a offert 500,000 roupies (l'équivalent de 11 000 dollars) à celui qui se chargerait de l'exécuter.

Caroline Fourest