Selon le ministère suédois des Affaires étrangères, l'Iran vient de convoquer un diplomate suédois à Téhéran pour protester contre la publication d'une caricature du prophète Mahomet avec un corps de chien dans un journal suédois.

Cette caricature, signée par l'artiste suédois Lars Vilks, a été publiée le 18 août dernier par le journal suédois «Nerikes Allehanda» à Örebro pour illustrer un article sur l'autocensure et la religion. Plusieurs galeries ont en effet refusé de présenter cette série du prophète avec un corps de chien par peur des réactions de la communauté musulmane.

Moins pertinente que la publication des douze dessins sur Mahomet (dont l'association avec une bombe faisait véritablement écho à l'actualité), la publication de dessins montrant Mahomet sur un corps de chien n'a suscité qu'une mini manifestation d'environ 60 musulmans. Preuve que dans ce genre d'affaires, l'émotion est moins due à la nature de l'oeuvre qu'au contexte politique. Lors de l'affaire des caricatures, la Syrie et l'Iran avaient attisé les flammes dans l'espoir de faire oublier l'enquête sur la mort de Hariri et de négocier le bras de fer concernant le nucléaire. Cette fois, il ne s'agit que d'un peu de nucléaire (toujours en négociations) et d'esbrouffe destinée à faire oublier à son peuple qu'on est incapable de tenir ses promesses. Rien de très nouveau sous le ciel iranien. Mais les nuages débordent toujours un peu sur le ciel d'Europe.

Caroline Fourest