Ayaan Hirsi Ali n'est plus là pour porter la voix des "apostats" de l'islam au sein du parlement hollandais mais un comité d'ex-musulmans, composé de "mécréants" de culture musulmane, refusent l'intimidation et continuent d'agacer les extrémistes. Leurs positions vont au delà de la simple critique de l'intégrisme, jusqu'à la critique radicale de la religion musulmane. Mais si cette radicalité ne pouvait plus exister sans risques dans un pays comme la Hollande, où pourrait-elle s'exprimer ?

C'est la question que pose les agressions à répétitions ayant lieu aux Pays-Bas ces dernières années. Samedi 4 aôut, c'était au tour du jeune conseiller municipal de Voorbur (banlieue de La Haye) d'origine iranienne, Ehsan Jami (22 ans). Arrivé aux Pays-Bas avec ses parents en 1995, il a fondé un comité pour ex-musulmans, qui ne mâche pas ses mots et donc fait débat.

Selon le journal Le Monde, Ehsan Jami a multiplié les déclarations sur "l'islam totalement arriéré" et le prophète Mahomet, "homme effrayant", "criminel", "exactement pareil à Ben Laden". Des propos qui lui ont valu diverses menaces verbales, dont celle d'être "pendu".

Samedi, trois hommes l'ont ghetté à proximité de son domicile pour le rouer de coups. Selon Jami, ils l'ont traité de "sale juif" et "sale homosexuel".

Le débat sur le droit au débat - y compris concernant l'Islam - n'est pas prêt de s'éteindre aux Pays-Bas. Espérons que les "mécréants" ne finissent pas tous sous protection ou par devoir s'exiler...

Caroline Fourest