L'une des promesses du candidat Nicolas Sarkozy dans sa campagne électorale pourrait être tenue. Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux serait effectif dans le cadre de la préparation du budget 2008.

Selon Le Monde du 21 juin 2007*, le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique, Eric Woerth, avait annoncé qu'un fonctionnaire sur deux ne serait pas remplacé suite au départ de quelques 70 000 retraités. Ce qui réaliserait une économie de 30 000 à 40 000 salariés répartie dans chaque ministère. L'enjeu en serait, selon ce haut fonctionnaire, de "moderniser la fonction publique" qui recevrait la moitié des économies réalisées, et pourrait s'épanouir "plus dans son travail".

« La réussite de l'école va bien au-delà des questions de recrutement et de moyens » affirmait Sarkozy au début du moins de juin lors de ses entrevues avec les syndicats de l'enseignement. Après une estimation de 5000 emplois supprimés dans l'année 2007 par les départs en retraite non remplacés dans l'Education nationale, Xavier Darcos persisite et signe avec le projet de la disparition pure et simple de 10 000 postes pour l'année 2008.

Les restrictions comprendraient d'une part les personnels enseignants et d'autre part les emplois de vie scolaire (EVS) De telles économies ne seront possibles qu'en amputant fortement l'offre d'enseignement publique : options, diversité des voies d'orientation et de formation.

L'abrogation des décrets De Robien n'a pas restitué les 3000 emplois que les enseignants paliaient en effectuant d'autres missions que la leur (remplacement sur d'autres matières au pied levé...)

20 000 élèves supplémentaires sont annoncés pour la rentrée 2008, mais le ministère de l'Education estime visiblement qu'ils n'ont besoin ni de professeurs, ni de personnels d'encadrement supplémentaires... Ce projet témoigne de la volonté du gouvernement de N. Sarkozy pour appliquer dans l'Education nationale son programme anti social, faire « travailler plus pour gagner plus » en instaurant systématiquement des heures supplémentaires défiscalisées. Il confirme son choix d'une remise en cause du système éducatif français et d'une autre conception que l'école publique pour la réussite de tous : réduction de l'offre éducative, regroupement des options et réforme des programmes, réorganisation du métier enseignant et transfert des missions sur des personnels précaires- Titulaires sur Zones de Remplacements ou contractuels via l'ANPE, mise en concurrence des établissements notamment avec la suppression programmée de la carte scolaire. Et Xavier Darcos annonce d'ores et déjà les bricolages, avant les négotiations prévues : « Si nous obtenons que les professeurs (...) acceptent d'être moins nombreux, mais d'avoir un temps de travail différent, volontaire évidemment, grâce à des volants d'heures supplémentaires importants, nous pouvons trouver des ajustements. » Dans le gouvernement de N. Sarkozy, on compte miser sur l'éducation des futurs citoyennes et citoyens, sur l'esprit critique, sur l'intelligence, sur l'émancipation de chaque individu et sur l'autonomie... par ajustements !

On l'aura compris : par restrictions en moyens budgétaires et en personnels au profit d'une école privatisée... et privée.

Nathalie Szuchendler