Le laboratoire pharmaceutique vient en effet d'attaquer en justice Act Up-Paris suite à l'action menée contre lui le 26 avril 2007. A l'appel d'Act Up-Paris, plusieurs centaines de personnes dans le monde s'étaient connectées à répétition sur le site d'Abbott afin de le saturer.

Cette action avait pour objectif de protester contre la décision du laboratoire de ne plus commercialiser ses nouveaux médicaments en Thaïlande dont le Kaletra en comprimé, médicament anti-rétroviral de deuxième ligne. Cette décision d'Abbott faisait suite à l'annonce du gouvernement thaïlandais d'émettre des licences obligatoires, notamment sur un médicament sous le monopole d'Abbott. Les licences obligatoires permettent aux gouvernements de fabriquer ou d'importer des génériques des médicaments, copies de même qualité, mais moins chères, cette procédure étant autorisée par l'Organisation Mondiale du Commerce.

L'octroi de licence obligatoire notamment sur le Kaletra est nécessaire pour que la Thaïlande puisse fournir ce médicament vital pour les personnes séropositives devant modifier leur régime thérapeutique après que leur virus est devenu résistant. La licence obligatoire permettrait ainsi à la Thaïlande d'importer des versions génériques de ce médicament pour un coût inférieur aux tarifs pratiqués par le laboratoire Abbott.

La décision d'Abbott revient donc à priver, en toute connaissance de cause, les malades thaïlandais d'un médicament indispensable. Au-delà de la Thaïlande, ce sont tous les pays en développement qui se sentent menacés par cette odieuse mesure de rétorsion.

Appelant à nouveau le laboratoire Abbott à cesser ses représailles envers les pays usant de la licence obligatoire, AIDES lui demande également de mettre fin à ses poursuites et exprime sa solidarité avec Act Up-Paris qu'elle soutiendra jusqu'au bout.

Contact presse : Marjolaine Bénard 01 41 83 46 53

Lire notre communiqué du 30/03/07 sur le chantage du laboratoire Abbott en Thaïlande

English version

Press release Press contact Marjolaine Bénard - mbenard@aides.org +33 (0)1 41 83 46 53

Paris, 14 June 2007

Abbott versus Act Up Paris: AIDES ready for a boycott

In support of Act Up Paris, AIDES has announced that if Abbott does not withdraw its complaint against the former it will break off any contact with the pharmaceutical company. The latter has just launched a judicial attack against Act Up Paris following the organization's actions on 26 April 2007, when it spurred several hundred people around the world to repeatedly access the Abbott website in an attempt to overload it.

The aim of this action was to protest against the company's decision to cease marketing new medications in Thailand, among them Kaletra, a second-line antiretroviral therapy in pill form. Abbott's decision followed an announcement by the Thai government that it was to issue compulsory licences, in particular for a drug over which Abbott has monopoly control. Compulsory licences allow governments to manufacture or import generic versions of drugs - a practice authorized by the World Trade Organization - that are of the same quality but less expensive.

The awarding of a compulsory licence to Kaletra in particular is necessary to enable Thailand to supply this drug, which is vital for those who are seropositive and need to change their therapeutic regimen when their virus becomes resistant. A compulsory licence would allow Thailand to import generic versions of the drug at lower prices than those charged by Abbott.

Abbott's decision therefore means denying Thai AIDS sufferers an indispensable medication, with full awareness of the consequences. Beyond Thailand, this odious act of retaliation threatens all developing countries.

While again calling on Abbott to cease its reprisals against countries employing compulsory licences, AIDES also demands that it terminate legal proceedings against Act Up Paris, which AIDES expresses solidarity with and will continue to back to the hilt.