Edito du Christian Terras du 14 juin

Mgr Tony Anatrella, psychanalyste social et théologien moraliste, vient de se voir renouveler son mandat de consulteur (1) par le Vatican. Cette confiance réitérée suscite largement le scandale en raison des accusations très sérieuses portées contre ce thérapeute contesté déjà pour ses qualifications en la matière (voir à ce sujet le numéro 110 de Golias de septembre-octobre 2006 téléchargeable en ligne). Tony Anatrella a cultivé une pratique bien étrange de la cure analytique : à savoir, des touchers et des masturbations justifiées de façon très sophistiquée comme se déroulant dans le cadre analytique et ne devant surtout pas être vécu avec quelqu'un d'autre, dans la vie « réelle ». Actuellement, cet ecclésiastique peu reluisant fait l'objet d'ailleurs de plaintes devant la justice civile et prochainement devant la justice de l'Eglise par le biais du droit Canon et des officialités (les tribunaux de l'Eglise). Il serait souhaitable et opportun que la justice ecclésiastique soit également saisie de ces situations.

Après les révélations faites par Golias, l'épiscopat français avait fini par lâcher discrètement Tony Anatrella, son spécialiste en « psychiatrie sociale » auquel il confiait jusqu'alors tous ses dossiers délicats. « Expert » en titre, ce dernier a notamment tenu des propos intransigeants, injurieux, agressifs et homophobes qui lui ont d'ailleurs acquis une triste réputation dans le cadre hexagonal, mais également bien au-delà. Le sieur Anatrella, en effet, fustigeait avec une virulence incroyable les homosexuels qu'il présentait comme des malades dangereux pour la société.

Rome, contre toute règle de prudence, reconfirme donc dans sa mission cet ecclésiastique bien sulfureux alors qu'elle vient de condamner le théologien de la Libération Jon Sobrino et qu'elle s'apprête à faire de même avec le théologien dominicain Claude Geffré.

Golias exprime ici son indignation. Il semblerait qu'un sommet d'hypocrisie et de mauvaise foi cléricale ait été désormais atteint. Et qu'une fois de plus, les évêques français qui, au passage ne se sont pas illustrés par leur courage dans cette triste affaire, ne comptent pour plus rien actuellement dans la gouvernance de l'Eglise universelle. Triste époque !

Christian Terras