A part Max Gallo et André Glucksmann, on ne compte pas tant d’anciens intellectuels de gauche soutenant le candidat Sarkozy. Ses véritables inspirateurs majeurs restent bien situés à droite. Son « livre de chevet » n’est autre que le rapport de l’ancien patron du FMI, Michel Camdessus, un « document absolument remarquable » dit-il, qui nourrira sa réflexion jusqu'à l'élection présidentielle de 2007. Auquel il faut ajouter La France qui tombe du déclinologue Nicolas Baverez et les opus en faveur du dégraissage de la fonction publique de Jacques Marseille.

Nicolas Baverez
Les sarkozystes le considèrent comme leur « économiste », mais il est avocat, énarque, et agrégé de sciences sociales. Il écrit dans Le Point et Les échos, mais il est surtout l'essayiste phare du déclinisme avec son ouvrage "La France qui tombe". Une forme de dépression théorique qui, selon ses termes, "explore les origines et les conséquences du déclin de notre pays et avancent des solutions pour le réconcilier avec la liberté et la modernité du XXIe siècle." Bref, un libéral. En rupture avec Jacques Chirac qu'il accuse d'être : "debout devant Bush, couché devant Blondel". Les syndicalistes et les fonctionnaires sont les cibles favorites du disciple de Thatcher qui n’hésite pas employer des formules choc : « pratiques de terrorisme social », « euthanasie de la production et du travail ».
Opposant farouche des loisirs, il considère le « temps libre » comme « le versant de la catastrophe sociale ». Autant, il aime se délasser le Lubéron, autant il semble considérer que les loisirs des couches les plus modestes signifient forcément alcoolisme, développement de la violence, et délinquance : « Le temps libéré par les 35 heures, c’est de la violence conjugale et de l’alcoolisme en plus". Rien ne sert d'expliquer à Baverez que ce n'est pas "la France" qui tombe mais l’industrie… Ni que nous sommes le pays le plus productif (chiffre), malgré ou peut être grâce aux 35 h. Notre essayiste tient absolument à transformer les ouvriers Français en Chinois pour revivre le bon vieux temps de Germinal. Un hommage à Zola sans doute.

Jacques Marseille
Professeur à l'Université de Paris I, Jacques Marseille dirige la chaire d'histoire économique et sociale. Ancien communiste, c’est aujourd’hui un libéral proche du Medef. Essayiste, il participe au Point comme chroniqueur. En 2004, il publie La Guerre des deux France, celle qui avance et celle qui freine puis Le Mal français, où il explique la difficulté à mettre en pratique des réformes par le dialogue, et donc justifie la tentation de passer outre. Partisan de la rupture, Jacques Marseille considère qu’il existe un parallèle en 1788 et 2006. Que seule une « rupture » peut mettre fin au blocage des institutions et de la démocratie. Il aussi inspiré Nicolas Sarkozy à propos de la fonction publique.
Selon lui, il existe une France performante qui travaille. Mais elle n’est pas fonctionnaire… Invité au Medef Jacques Marseille préconisait de « profiter d’une chance historique » offerte par le départ massifs à la retraite de fonctionnaires dans les prochaines années pour « supprimer non pas 1 800 ou 3 000 emplois, mais au moins 500 000 ». Une idée reprise par Nicolas Sarkozy.