Sarkozy s'en défend. « Je ne suis pas un partisan du communautarisme et des quotas ethniques » (26 octobre 2005). A en croire son discours d'investiture, il se pose même en rempart républicain contre le communautarisme : « Je refuse le communautarisme qui réduit l'homme à sa seule identité visible. Je combats la loi des tribus parce que c'est la loi de la force brutale et systématique. »

Pourtant, il n'a pas changé d'avis ni sur les vertus des sondages ethniques, ni sur la discrimination positive comme moyen de rétablir l'égalité des chances : « Le fait qu'on ne puisse pas, en France, connaître la diversité de la population parce que l'origine ethnique est interdite, participe à la panne de notre système d'intégration » (Le Progrès, 23 février 2006). Un modèle qu'il juge en panne et dépassé. En soi, le fait de vouloir connaître l'état des discriminations sur une base ethnique n'est pas forcément un problème. Sauf s'il s'agit de nommer ensuite les gens en fonction de leur apparence visible pour faire monter les pourcentages au lieu de combattre le principe de la discrimination à la racine. Or Nicolas Sarkozy ne sait pas résonner autrement qu'en termes de quotas ou de primes individuelles, pour l'économie comme pour la police, comme pour les discriminations. Après avoir nommé un « préfet musulman » qui ne se considérait pas comme tel au risque de confondre son identité culturelle et confessionnelle (Nicolas Sarkozy a prouvé à plusieurs reprises qu'il ne sait pas faire la différence), il s'est vanté d'avoir fait nommer un préfet noir.

Après le préfet musulman, le préfet noir

A sa demande, le Conseil des ministres du mercredi 31 janvier 2007 a procédé à la nomination de Pierre N'Gahane comme préfet délégué pour l'égalité des chances auprès du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'UMP s'est félicité de cette nomination, en rappelant ses diplômes et son parcours brillant, mais en ajoutant : « Cette nomination du premier préfet à l'égalité des chances d'origine africaine est un signal fort adressé à nos compatriotes issus de l'immigration africaine et une excellente nouvelle pour notre pays. » Rien à dire, sauf un détail. Le communiqué n'est signé ni de sa déléguée générale à la « diversité » ni de son secrétaire national aux « relations avec les associations des Français issus de l'immigration », mais de la secrétaire nationale à la francophonie : Rama Yade.

La nomination d'un préfet noir serait-elle en prime la preuve que des noirs savent très bien parler le français ? C'est une bonne nouvelle, ils vont pouvoir lire le dernier livre de Pascal Sevran, qui rend finement la « bite des noirs » responsable de la famine en Afrique, et qui soutient Nicolas Sarkozy.