A quoi ressemblera-t-elle cette "France d’après" que Nicolas Sarkozy promet ? A un pays en rupture avec la culture de l’échec, le chômage, le terrorisme, l’antisémitisme et l’anti-américanisme ? Ou à un bulldozer en fusion ayant rompu avec les freins (les contre-pouvoirs), conduit d’une main de fer en direction du modèle anglo-saxon ?

En termes d’intégration, de lutte contre les discriminations, de laïcité, de fonctionnement de la justice… mais sans la même liberté de la presse. Avec des quartiers populaires qui ressemblent au Bronx, des commerces remplacés par des églises évangéliques ou des mosquées de l’UOIF. Des tribunaux qui envoient les mineurs en prison comme à l’abattage. Une presse à genoux qui crie au miracle de la baisse de la délinquance et du chômage alors que les quartiers populaires pourrissent, que l’intégrisme recrute à tout va, et qu’il n’y a plus un contrat à durée indéterminée à signer dans tout l’hexagone ?

S’il est élu, Sarko poursuivra-t-il sa « mue » vers la maturité républicaine ? Ou retrouvera-t-il au contraire ses réflexes instinctifs ? Autrement dit, après avoir enfin atteint son but ultime, va-t-il se découvrir un petit côté serviteur de l’Etat, vouloir laisser sa trace dans l’histoire ou se conduire en président comme il l’a fait en tant que ministre de l’intérieur ? Comment le savoir : en se fiant à son programme ou à son bilan ?

Ces questions sont si importantes que la campagne s'intensifie. Pour preuve, voici les deux spots de propagande — pro et anti-Sarko — qui circulent. Nous avons choisi de les mettre tous les deux en lignes pour montrer la différence de perception aïgue à la veille de ce second tour. Le premier est réalisé sur le mode du documentaire-fiction et de la crainte. Le second sur le mode de la rétrospective et du culte de la personnalité.