Sous prétexte d'infraction au « code vestimentaire islamique », le régime des mollahs a mis depuis samedi 21 avril en marche une nouvelle campagne de répression contre les Iraniennes.

La police et en particulier les femmes policiers en tchador noir arrêtent les femmes et les jeunes filles vêtues d'habits aux couleurs vives, cintrés, courts ou moulants pour leur adresser dans un premier temps « un avertissement ». A la moindre protestation, ces femmes sont embarquées vers un centre correctionnel.

D'après le chef du service d'information de la police de Téhéran, entre le début de la campagne samedi à 10H00 et la mi-journée dimanche, 1347 femmes ont reçu un avertissement. Mais 170 ont été interpellées dont 58 ont été relâchées après avoir signé un engagement à modifier leur conduite et après avoir modifié leur tenue. Le cas des autres femmes interpellées "a été transmis aux autorités judiciaires", selon lui sans donner d'autres détails.

ASSOCIATION DES FEMMES IRANIENNES EN FRANCE 116 Rue de Charenton 75012 Paris France

Tél./Fax (331) 43 65 57 84 afifem2001@yahoo.fr



Veuillez trouver ci-joint l'appel à soutenir les féministes en Iran que nous avions lancé il y a quelques semaines, puis interrompu pour des raisons liées à la situation en Iran. Finalement, l'arrestation de dizaines de féministes actives dimanche 4 mars 2007, à la veille de la journée internationale pour les droits des femmes, nous pousse à relancer cet appel.

Chahla Chafiq

PS : Pour tout échange concernant le soutien à ce mouvement féministe en Iran, nous vous remercions de bien vouloir utiliser ce courriel : iran.feministe@gmail.com

Soutenons les féministes iraniennes dans leur combat pour la liberté

Des féministes iraniennes s'engagent dans une lutte sans cesse renouvelée par différentes campagnes dont celle pour changer les lois discriminatoires envers les femmes en se référant aux pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques et aux droits économiques, sociaux et culturels dont l'Iran est signataire . En effet, ces pactes soutiennent l'élimination des discriminations basées sur le sexe, alors que les lois iraniennes légalisent et légitiment le statut inférieur des femmes au nom de la religion de l'Etat. Sous prétexte du respect de valeurs culturelles et cultuelles, les femmes subissent diverses violences et discriminations dans tous les champs de leur vie, aussi bien au sein de la famille qu'à l'extérieur. Bien qu'elles soient présentes massivement dans les écoles et les universités, actives dans les lieux de création littéraire et artistique, visibles sur la scène sociale, elles sont considérées par les lois en vigueur comme des « demi-hommes » et sévèrement bridées dans leur être et leur devenir.

Les mouvements de femmes en Iran lancent, sur le plan national et international, un défi d'une importance majeure au regard des enjeux de la lutte pour la liberté et l'égalité entre les femmes et les hommes dans un monde menacé par l'avancée des mouvements extrémistes qui prônent l'exacerbation des identités nationales, ethniques et religieuses. Les femmes sont les premières victimes de cette vision figée du « culturel » et du « cultuel » qui conduit, comme le démontre l'expérience iranienne, à la sacralisation des discriminations au nom de Dieu. Inspirés du principe de l'universalité des valeurs démocratiques, ces mouvements échappent aux étiquetages stériles tels que « les droits de l'homme islamique » et « le féminisme islamique » pour insister sur le fait qu'être musulman(e) n'est pas en contradiction avec le fait d'être adepte des droits humains et de vouloir vivre dans la liberté et l'égalité. Ils prônent ainsi un universalisme pluriel et féministe.

A l'approche du 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes, ces mouvements connaissent une répression massive par le biais des arrestations de féministes actives. Sous prétexte de considérations liées à l'intérêt général, des dizaines d'entre elles sont interpellées et mises en détention. Dans un contexte de répression généralisée des médias, ces événements ne trouvent qu'un écho limité à l'intérieur du pays.

Nous appelons de vive voix les féministes, les défenseur(e)s des droits de l'Homme, les artistes, les écrivain(e)s, les intellectuel(le)s, les femmes et hommes politiques à soutenir les féministes iraniennes dont la lutte porte de réels espoirs pour des lendemains démocratiques.

Initiatrice et initiateurs de l'appel :

Chahla Chafiq, essayiste et nouvelliste d'origine iranienne, militante féministe et laïque ;

Karim Lahidji, président de la Ligue de défense des droits de l'Homme en Iran, vice-président de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme ;

Reza Moini, chercheur d'origine iranienne à Reporteurs sans frontières.

Premières signatures de soutien (par ordre alphabétique) :

Mohamed Abdi, secrétaire général de Ni putes ni soumises Brigitte Allal, fondatrice du Manifeste des libertés Tewfik Allal, fondateur du Manifeste des libertés Fadela Amara, présidente de Ni putes ni soumises Francine Bavay, vice-présidente du Conseil régional d'Ile-de-France Sophie Bessis, chercheuse, secrétaire générale adjointe de la Fédération internationale des droits de l'Homme Denise Brial, présidente d'Atalante vidéos féministes Nadia Châabane, vice-présidente de l'Association des Tunisiens en France Hélène Cixous, écrivaine Jocelyne Clarke, responsable du secteur féministe de l'Union des familles laïques Monique Dental, responsable du Réseau féministe Rupture Catherine Deudon, photographe Clara Domingues, présidente de la Maison des femmes de Paris Caroline Fourest, essayiste, journaliste Liliane Kandel, sociologue Catherine Kriegel, psychologue Sihem Habchi, vice-présidente de Ni putes ni soumises Fatima Lalem, sociologue, membre du Planning familial Claudie Lesselier, historienne, présidente du Réseau pour l'autonomie des femmes immigrées et réfugiées Juliette Minces, écrivaine, sociologue Ariane Mnouchkine, artiste, metteuse en scène, directrice du Théâtre du soleil Mariana Otero, cinéaste Nadja Ringart, sociologue Nicole Savey, membre de l'Association de solidarité avec les femmes algériennes démocrates Maya Surduts, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes et de la Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception Wassila Tamzali, avocate à Alger, ex-directrice du Droit des femmes à l'Unesco Fiametta Venner, essayiste, journaliste