Cheveux gominés et look Borsalino, portable vissé à l’oreille, Frédéric Lefebvre est l’homme chargé des relations avec les parlementaires. Autrement dit, son porte-flingue attitré au sein du Parlement, celui qui les siffle, négocie leurs ralliements et aussi leurs investitures, ou non. Beaucoup de pouvoir et une petite tendance au mélange des genres.

Ainsi, l’Express du 28/09/2006 a révélé que Lefebvre détenait 51 % de parts d’un cabinet de lobbying, Pic Conseil. En 2004, ce cabinet s'est rapproché d'une autre société de relations institutionnelles, Causalis (1 million d'euros de chiffre d'affaires en 2004) pour prendre le nom de Domaines publics. Elle fait du lobbying à la demande de syndicats professionnels (industrie alimentaire, masseurs-kinésithérapeutes, répartiteurs en pharmacie, producteurs audiovisuels, agents immobiliers, pompes funèbres) et d’industriels (Suez, Bouygues, Alcatel, Sodexho, les casinos Lucien Barrière, le fabricant de rhum Bacardi, le cigarettier Altadis).

Elle s’est notamment activée en coulisses des débats parlementaires sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics, la publicité pour le vin, ou les droits d'auteur sur Internet. Un domaine dans lequel Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, est sorti de son domaine pour prendre les intérêts des maisons de disques… Mais cela n’a sans doute rien à voir. Lefebvre dit ne plus s’occuper de Pic Conseil depuis 2000 : « Je n'y exerce aucune responsabilité et ne touche aucun dividende ». Mais comme le fait remarquer très justement notre confrère de l’Express, Hélène Constanty, il reste détenteur de 51 % du capital de Pic Conseil, en « nue-propriété ». Autrement dit, il n’a fait que confier l'usufruit temporaire de ses titres à son associé jusqu'au 30 juin 2007. Après quoi, la France aura un nouveau président et Frédéric Lefebvre la possibilité de revendre les titres de son entreprise prospère ou d’en reprendre les manettes comme lobbyiste en chef.